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Ken Loach - DR

Ken Loach, la Lumière de l’engagement récompensée à Lyon

Ken Loach - DR

Le cinéaste britannique s’est vu remettre le prix du Festival Lumière 2012 samedi soir, des mains d’Eric Cantona, son acteur dans le film Looking for Eric.

Canto ne fait pas seulement chanter et applaudir les supporters britanniques, il fait aussi se lever les spectateurs de l’amphithéâtre du centre de congrès. Il est 19h15 lorsque la musique de piano-bar qui nous accompagnait s’estompe et laisse place à la première standing ovation de la soirée – le "King" Ken Loach et son joueur entrent dans la salle. Le réalisateur anglais, auteur entre autres de Kes, Land of Freedom, Le Vent se lève (Palme d’or à Cannes) et plus récemment de La Part des anges, a dédié sa vie au cinéma, comme l’évoque le directeur du festival, Thierry Frémaux, qui parle de "l’incroyable homogénéité entre le contenu de ses films et son comportement personnel". Eric Cantona, lui, décrit un homme "humain, humble, à la hauteur des convictions qu’il défend", se permettant même un premier parallèle avec… le football, grande passion de Ken Loach : "comme Alex Ferguson (l’entraîneur de Manchester United, NDLR), Ken Loach a fait ce qu’il y avait de plus beau. Pourtant, il approche son prochain film comme si c’était un enfant, et il parvient à transmettre cette passion, cette énergie. C’est un vrai génie, un grand exemple".
Après la projection de Looking for Eric, œuvre, certes, un peu plus mineure dans la filmographie loachienne, salué pourtant par une nouvelle standing ovation, place est faite à Bertrand Tavernier – ou plutôt à ses mots, le cinéaste étant retenu pour raisons de santé à Paris. Lus par Thierry Frémaux, ils saluent "un artiste qui aura toujours été du côté de la décence ordinaire".

Tant d’éloges et d’applaudissements, c’en est presque trop pour ce bon vieux Ken, qui pourrait facilement passer pour un petit retraité tranquille au milieu des paillettes, tant sa bonhomie, sa modestie et même sa timidité transpirent lorsqu’il rejoint la scène. Visiblement ému par cet hommage, il a de nouveau recours à la métaphore footballistique pour saluer ses proches et ses acteurs : "Un match, ça ne se gagne pas avec des individualités, mais en équipe". Le naturel revient vite au galop quand, remerciant le cinéma français qui l’a toujours soutenu, il exprime ses craintes de voir cette exception culturelle menacée par la crise économique – l’occasion pour lui de pourfendre une Union européenne "soumise à la culture du marché". Ken Loach a aussi une pensée pour les cinéastes chinois et iraniens, soumis à la censure dans leur pays, et plus globalement, pour tous les peuples écrasés dans le monde – il citera notamment la Palestine.
"Se voir remettre un prix par Eric The King, il n’y a rien de mieux" : le fan de foot reprend le dessus et savoure, la soirée n’aurait pas pu mieux se dérouler. La preuve : son équipe de foot, dont il suit tous les matches, même à plusieurs milliers de kilomètres de distance, le Bath FC, quelques heures plus tôt, a gagné.



Tags : ken loach | festival lumiere |

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