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Journée de la femme : «L’égalité doit se décliner tous les jours»

Instaurée en France par le gouvernement Mauroy en 1982, la journée de la femme se voulait, à son origine, protestataire et militante. Que reste-t-il aujourd’hui de ces valeurs de combat, entre parité et les violences parfois abominables faites aux femmes ? Pour Faïza Alami, présidente lyonnaise du mouvement «Ni Putes, ni soumises», ce paradoxe révèle un vrai malaise. Le combat pour les femmes doit continuer au delà de ces 24h, plus reconnues pour leur symbolisme que pour leur efficacité. Interview

Lyon Mag : Pourriez-vous nous expliquer ce que vous faites au quotidien pour les femmes ?
Faïza Alami :
Quand une jeune femme est dans la détresse, elle vient nous voir ou nous appelle. Nous prodiguons souvent une aide urgente. Cela peut émaner par exemple d’une fille battue par sa famille parce qu’elle veut s’habiller de telle façon. Cela peut d’ailleurs paraître bizarre à notre époque, où les jeunes files sont libres de sortir, de se maquiller ou de fréquenter qui elles veulent. D’une manière générale, en France, il y a certaines filles qui ne sont pas du tout libres de leurs gestes et de leur corps. Nous luttons contre cet emprisonnement. 

Pour vous, en 2010, ce genre de pratiques existe toujours ?

Évidemment. Nous sommes même parfois confrontées à des régressions obscurantistes. La violence envers les femmes et les jeunes filles vient aussi d’une sorte de décomposition du lien social, de la précarité, de la crise. Les femmes maintenant, doivent revenir à la maison car il n’y a plus de travail. Les femmes sont les premières victimes de la précarité, du temps partiel, des métiers que personne ne veut faire. Il y a beaucoup de choses que parfois les femmes acceptent pour simplement avoir un espace de liberté. Nous avons de plus en plus de femmes qui quittent le domicile conjugal et qui ne supportent plus cette domination masculine.

Pensez-vous que cette journée de la femme est vraiment utile ?

Elle n’est pas utile une fois par an. Il ne suffit pas de le dire une fois par an. La journée de la femme, c’est tous les jours. L’égalité doit se décliner tous les jours. Il faut que chaque jour nous entreprenions des actions qui puissent permettre l’égalité des droits entre les garçons et les filles. L’égalité, elle est fondamentale. Je ne crois pas que le dire une fois l’an soit efficace. Il faut apprendre aux hommes à respecter les femmes. La femme n’est pas un objet, son corps lui appartient, on lui doit le respect comme elle doit se respecter aussi. Mais nous sommes parfois toujours sous cette forme de violence entre les hommes et les femmes.



Tags : ni putes ni soumises | journée femme | alami |

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