Jardins de rue, plantations : Lyon mise sur ses habitants

Jardins de rue, plantations : Lyon mise sur ses habitants
DR Ville de Lyon Muriel Chaulet

Face à la hausse des températures et à la multiplication des îlots de chaleur, la Ville de Lyon veut remettre la nature au cœur de l’espace urbain.

Mais ici, la renaturation ne se pense pas seulement depuis les bureaux de la municipalité, elle se construit aussi à l’échelle des rues, des trottoirs et des quartiers, avec les habitants eux-mêmes. C’est tout l’enjeu de Renaturons Lyon, l’appel à projets porté par la Direction Biodiversité et Nature en Ville (DBNV).

À travers ce dispositif, la Ville entend soutenir des actions concrètes de végétalisation et d’entretien d’espaces publics, tout en renforçant le lien social. "Renaturons Lyon, c’est l’appel à projets qui est lancé par notre pôle, un petit service qui s’occupe de tout ce qui est gestion citoyenne à la Direction Biodiversité et Nature en Ville. C’est par cet appel à projets qu’on collecte les projets des collectifs d’habitants, résidents, commerçants lyonnais qui souhaiteraient répondre aux dispositifs qu’on peut proposer", explique Cloé Laurent, cheffe de projet.

Trois formats sont proposés avec les chantiers participatifs, la cogestion d’espaces végétalisés et les jardins de rue.

L’objectif est d’abord environnemental. "Il y a des objectifs globaux qui sont de la végétalisation, du rafraîchissement des rues à travers la végétalisation de la ville, mais aussi de l’embellissement", résume Cloé Laurent. Dans une ville dense comme Lyon, chaque espace végétalisé compte. Les jardins de rue, par exemple, permettent d’introduire des poches de fraîcheur à petite échelle, au pied des immeubles ou autour des arbres. Les chantiers participatifs, eux, peuvent prendre des formes variées comme plantations, nettoyage, création de haies sèches ou lutte contre les espèces invasives. Quant à la cogestion, elle repose sur une logique de collaboration durable entre les habitants et les jardiniers municipaux pour entretenir un verger, une mare ou un massif.
 
Répondre à des envies locales


Mais au-delà de la seule végétalisation, la Ville défend aussi une démarche pédagogique et collective. "C’est aussi de la sensibilisation à l’environnement qui est faite à travers ce dispositif, parce qu’il n’y a pas mieux que de faire avec pour pouvoir expliquer les enjeux climatiques, le rôle de la nature dans la ville, pour répondre aux changements actuels", souligne la cheffe de projet.

Cette implication citoyenne n’est pas nouvelle à Lyon.

Les jardins de rue existent depuis 2005 et plus de 4 000 dispositifs ont déjà été créés. "Ça fait plus de 20 ans maintenant qu’à la Ville de Lyon, on travaille avec les citoyens à travers des jardins collectifs, soit des jardins partagés, soit des jardins familiaux, mais aussi à travers des projets de ce qu’on appelle aujourd’hui des jardins de rue", rappelle Cloé Laurent. Pour la municipalité, l’appel à projets vient donc formaliser et élargir une dynamique déjà bien ancrée.

Sur le terrain, la logique est claire. La Ville ne veut pas imposer des projets venus d’en haut, mais répondre à des envies locales. "Nous, on ne va pas imposer des projets dans les rues, on répond à la demande des Lyonnais". Un collectif de copropriétaires peut, par exemple, demander à végétaliser le pied de son immeuble. La Ville étudie alors la faisabilité technique, fait réaliser les percées de trottoir si les réseaux souterrains le permettent, apporte la terre et les végétaux. Ensuite, ce sont les habitants qui plantent, arrosent et entretiennent.

Cette organisation explique aussi les délais parfois longs entre le dépôt d’un dossier et sa concrétisation. Car derrière une simple bande fleurie sur un trottoir se cache un important travail administratif et technique. "Comme on est sur de la voie publique, c’est souvent de la domanialité de la Métropole. Donc on travaille avec nos collègues de la voirie, du nettoiement ou de la gestion des arbres. Tout ça, c’est un long process", détaille Cloé Laurent.



"Une manière de faire du civisme"

Les dossiers déposés au printemps doivent ainsi être étudiés pendant plusieurs mois, avant d’éventuels travaux à l’automne et des plantations en hiver, période la plus favorable pour les végétaux vivaces. La participation citoyenne a aussi ses exigences. Pour qu’un projet soit viable, la Ville demande un collectif solide, avec au moins cinq personnes de foyers différents. Une manière d’éviter les initiatives trop isolées, mais aussi de garantir un entretien dans la durée.

À quoi pourrait alors ressembler Lyon dans dix ans si ces initiatives se multiplient ? Cloé Laurent imagine une ville davantage maillée par la végétation, même si les contraintes du sous-sol limitent les possibilités. "On ne peut pas imaginer des rues qui soient végétalisées de part en part uniquement par des jardins. Par contre, on peut imaginer renforcer des lignes aériennes de végétalisation pour permettre aussi une climatisation de la ville qui soit renforcée par la végétation présente dans la ville", avance-t-elle.

Mais l’ambition va plus loin que le simple verdissement. À travers les chantiers participatifs et la cogestion, la Ville cherche aussi à développer une autre forme de rapport à l’espace public. "Il y a plein de choses à inventer, parce que c’est une manière de faire du civisme ou d’appréhender le civisme autrement en ville", estime la cheffe de projet.

Dans une métropole confrontée à l’urgence climatique, la renaturation participative apparaît ainsi comme un levier à la fois écologique, social et civique. Lyon ne se contente plus de planter pour embellir, elle plante aussi pour rafraîchir, sensibiliser et rassembler.

5 commentaires
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B. Goode le 08/05/2026 à 16:46
johnny a écrit le 08/05/2026 à 16h07

Les plantes dans les trous comme en photo sa fait des années c'est déjà fait c'est horrible sa sert de pisseur a chien

La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

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GLOUGLOU 1er le 08/05/2026 à 16:40

Commencez par faire une méga prairie place Bellecour !

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lyon avec Zemmour sarcely et attalle le 08/05/2026 à 16:30

Bonjour, a lyon il faut juste faire les choses simplement, détourner l A6 A7 loin de lyon

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bien d'accord le 08/05/2026 à 16:23
johnny a écrit le 08/05/2026 à 16h07

Les plantes dans les trous comme en photo sa fait des années c'est déjà fait c'est horrible sa sert de pisseur a chien

Je suis bien d'accord, les chiens sont une calamité !

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johnny le 08/05/2026 à 16:07

Les plantes dans les trous comme en photo sa fait des années c'est déjà fait c'est horrible sa sert de pisseur a chien

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