Les difficultés continuent de s’accumuler pour les entreprises d’Auvergne-Rhône-Alpes.
D’après une étude publiée par Allianz Trade, 2 418 défaillances ont été enregistrées dans la région au deuxième trimestre 2026. Cela représente une progression de 24 % par rapport à la même période de 2025, très supérieure à la hausse nationale de 5 %.
Sur l’ensemble du premier semestre, l’augmentation atteint 17 % en Auvergne-Rhône-Alpes, contre une progression trois fois moins importante à l’échelle française.
Le Rhône apparaît particulièrement touché. Le département concentre à lui seul 29 % des défaillances recensées dans la région et enregistre une hausse de 29 % au deuxième trimestre.
D’autres territoires connaissent des évolutions encore plus marquées, notamment le Puy-de-Dôme avec une progression de 50 %, la Haute-Loire avec 138 % sur des volumes plus faibles, ainsi que la Savoie, où l’augmentation atteint 41 % sur le semestre.
Seuls l’Ain (-4 %) et le Cantal (-14 %) échappent à la hausse au deuxième trimestre.
La construction à contre-courant de la tendance nationale
Tous les grands secteurs d’activité sont concernés en Auvergne-Rhône-Alpes.
La construction constitue le principal point d’alerte : les défaillances y augmentent de 8 % dans la région, alors qu’elles reculent de 2 % au niveau national. Ce secteur représente désormais 22 % des faillites régionales, contre 20 % à l’échelle française.
Les défaillances progressent également de 13 % dans le tertiaire, de 12 % dans l’hébergement-restauration et de 10 % dans le commerce.
En France, 18 004 défaillances d’entreprises ont été comptabilisées entre avril et juin, soit 5 % de plus qu’un an auparavant. Selon Allianz Trade, il s’agit du niveau le plus élevé jamais observé pour un deuxième trimestre.
Sur les six premiers mois de l’année, 37 298 procédures ont été recensées. L’assureur-crédit estime que la France pourrait franchir le seuil des 70 000 défaillances en 2026, dans un contexte marqué par une croissance faible, des taux d’intérêt élevés et des incertitudes géopolitiques persistantes.
"La perspective reste celle d’un chiffre durablement élevé au regard de la faiblesse conjoncturelle", analyse Maxime Lemerle, responsable de la recherche sur les défaillances chez Allianz Trade.
Les sociétés défaillantes pour lesquelles des données financières sont disponibles représentaient, à la fin juin, 38,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé, en hausse de 17 % sur un an.
Leur passif fournisseurs atteignait 8,6 milliards d’euros, soit une progression de 28 %. Selon Allianz Trade, ces montants montrent que la hausse des défaillances ne concerne plus seulement les petites structures, mais touche également des entreprises de taille importante.