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De la démocratie dans les partis politiques…

Mili Spahic - DR

Quelle ironie de voir Jean-François Copé et la droite française plébisciter des primaires ouvertes, alors qu’à l’automne 2011, ils en disaient le plus grand mal, et voyaient même en elles un risque pour la démocratie.

Quelle ironie aussi de voir le parti aujourd’hui majoritaire, celui-là même qui avait si bien réussi son Congrès de Reims (un modèle de démocratie interne), désigner, autoproclamer ses candidats aux municipales, à Paris et à Lyon, sans débats et sans aucune contestation.

Des primaires, il en a été question à Paris et à Lyon le weekend dernier : là où la droite, à l’image du national, n’a pas ou plus de leader naturel, se déchire entre clans et nouveaux courants, et perd toutes les élections depuis près de dix ans.
Il s’agissait aussi d’une nouvelle répétition générale pour le parti, qui veut en faire son mode de désignation pour l’élection en 2017, sur le modèle du PS et oublier un peu les déboires internes de l’automne 2012.
Et il faudra aussi en tirer les conséquences : une très faible mobilisation, trop peu d’enjeux, des irrégularités possibles à Paris, voire des contestations et au final, un élan assez modeste pour le lancement des campagnes.

Ces primaires cachent aussi difficilement les difficultés internes du premier parti d’opposition. Sans jamais avoir réalisé un inventaire des années sarkozystes, l’UMP est perdue, sans tête, sans programme, sans direction. Elle tente de faire bonne figure en proposant un nouveau mode de désignation de ses candidats, mais la question de la ligne politique reste entière. C’est bien cela qui s’est joué ou se joue encore dans les deux capitales. La bataille interne entre copéistes et fillonistes perdure et irrigue ces élections internes.
Il n’y a qu’à voir les derniers ralliements à Georges Fenech à Lyon, où les attaques contre NKM à Paris, pour comprendre que les divisions sont grandes et renvoient à des clivages idéologiques structurants. Quels rôle et place, pour les UDF d’hier, notamment si George Fenech l’emporte ?  Pour la droite forte ou populaire ? Ou encore pour les sarkozystes qui se disent ses amis mais espèrent tous qu’il ne reviendra jamais ?

Les partis politiques sont mal à l’aise avec la démocratie interne et la transparence, car les hommes et femmes politiques qui s’y investissent, continuent de les voir comme de simples machines à conquérir le pouvoir.
A l’UMP, un an après l’élection présidentielle, la bataille interne continue.

Mili Spahic

Mili Spahic est politiste, enseignant à Sciences-Po Lyon et membre du laboratoire de recherches TRIANGLE.



Tags : spahic |

Commentaires 12

Déposé le 01/07/2013 à 17h42  
Par Adep Citer

Après l'ombre de Copé sur Lyon, on la retrouve désormais sur Rillieux. Pauvre fédé !

Déposé le 07/06/2013 à 12h38  
Par Iodem Citer

Triste droite a écrit le 06/06/2013 à 16h23

Ce que je ne comprends pas, c'est que l'avis de cet enseignant est excellent, qu'il l'inculque forcément à ses élèves. Mais ces derniers, qui composent les rangs des jeunes militants UMP, ne semblent rien avoir compris au film...

Pour avoir eu M. Spahic en professeur à l'IEP (et parce que ça fait toujours un peu mal de se voir traiter de jeune militant UMP) je peux vous assurer que les bancs de l'IEP, le corps professoral (cf.Philippe Corcuff) comme les élèves, ne sont pas -me semble-t-il- majoritairement partisans de la droite.
D'ailleurs, petite illustration, deux journaux sont quotidiennement et gratuitement distribués à l'IEP, Libération et le Figaro. Obtenir un exemplaire du premier s'avère bien plus difficile tant le stock disponible s'épuise beaucoup plus rapidement.

Après, pour une grande partie des étudiants, appelez cette gauche comme vous voulez, bobo, caviar... Je suis pas sûr d'ailleurs que le terme gauche soit encore adapté. Mais dire que l'IEP (de Lyon) garnie les rangs des militants UMP, je pense pas que ce soit parfaitement vrai. Faut plus aller voir du côté d'HEC, médecine ou Lyon 3 je pense (sans oublier que l'IEP est lui-même rattaché à Lyon 2).

Déposé le 07/06/2013 à 10h42  
Par maryse Citer

Renardeau a écrit le 06/06/2013 à 14h59

Le principe de la primaire est louable mais alors pourquoi Paris a finalement changé d'avis en mettant Fenech sur un piédestal aussi grossièrement ?

parce que, dans l'intérêt général des lyonnais, personne d'autres que FENECH ne pouvait prétendre déboulonner le prince en place calé au fond de son fauteuil depuis des lustres

Déposé le 07/06/2013 à 10h31  
Par vraie. Citer

Une analyse vraie, juste et réaliste, d'un parti qui s'effrite et se morfond sur tous les terrains, en tirant dans tous les coins, et qui ferait mieux de balayer devant sa propre porte avant de s'occuper de la poussière des autres.
à bon entendeurs.

Déposé le 06/06/2013 à 16h23  
Par Triste droite Citer

Ce que je ne comprends pas, c'est que l'avis de cet enseignant est excellent, qu'il l'inculque forcément à ses élèves. Mais ces derniers, qui composent les rangs des jeunes militants UMP, ne semblent rien avoir compris au film...

Déposé le 06/06/2013 à 16h10  
Par Pleynard for the win Citer

Georges Fenech ne reconnaîtra jamais que c'est Paris qui lui donnera sa victoire dimanche prochain.

Déposé le 06/06/2013 à 16h07  
Par Le mou Citer

Une seule solution, votez UDI !

Déposé le 06/06/2013 à 14h59  
Par Renardeau Citer

Le principe de la primaire est louable mais alors pourquoi Paris a finalement changé d'avis en mettant Fenech sur un piédestal aussi grossièrement ?

Déposé le 06/06/2013 à 14h55  
Par Polident Citer

M. Spahic,
Là n'est pas la question mais que pensez vous de l'absence de primaires au PS à Lyon ? Gérard Collomb n'aurait rien à perdre à en organiser, personne sauf NPG n'oserait se présenter face à lui. Et ca lui permettrait de faire taire les critiques sur sa position de baron

Déposé le 06/06/2013 à 12h49  
Par fefzf Citer

Quand je vois que Michel Noir se lance dans la bataille sans plus de convictions, je prends peur. Je vote UMP aux présidentielles et blanc au local !

Déposé le 06/06/2013 à 12h11  
Par Kads Citer

Analyse intéressante. On se rend compte que les vieux politicards cornaquent une nouvelle génération déjà gangrénée. On parle à tout va de renouvellement de la vie politique mais l'illusion du pouvoir rend fou !

Déposé le 06/06/2013 à 11h08  
Par Primaires : piège à cons! Citer

Les Primaires sont des attrapes nigauds!
Une machine à perdre!
Hollande a gagner mais même un âne avec une étiquette PS aurait gagné contre Sarkozy,d'aileurs...

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