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Le MBA propose une exposition sur Joseph Cornell et les surréalistes

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En France presque personne ne connait  Joseph Cornell.

"Mais j’espère que ça va commencer à changer avec cette exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon", croise les doigts Matthew Affron, co-commissaire de "Joseph Cornell et les surréaliste" qui se tient jusqu’au 10 février 2014 au Musée des Beaux-Arts, place des Terreaux.

Un compagnon de route de l’art du XXe siècle

Joseph Cornell n’a jamais quitté sa maison du Queen aux Etats Unis où il vivait avec sa mère et son frère, mais ses voyages imaginaires l’ont emmené partout et surtout en France. L’exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon retrace en 10 étapes l’œuvre incroyablement originale de cet artiste, peintre, créateur de boites, de mobiles, tout autant que cinéaste.

Compagnon de route des surréalistes Français et des artistes européens qui fuient l’Europe nazie, Joseph Cornell aide Marcel Duchamp à mettre au point son musée miniaturisé qui tient dans une boite et dont une au moins est visible dans l’expo. Joseph Cornell reproduira l’idée sous mille formes : des boites récupérées à droite à gauche de minuscules lieux d’exposition pour des assemblages de mots, d’objets, de peinture.  La profusion des boites de l’exposition, conservées dans une demi-obscurité, fait voyager dans un monde où le sentiment de l’enfance n’a jamais été abandonné par un artiste qui voulait s’imaginer plusieurs vies.

On trouve des poèmes de Raymond Radiguet, reproduit dans des boites illuminées, des minuscules commodes avec des tiroirs en papier, des triangles de plomb dans  des boites rondes.

On dit qu’en cherchant des clients pour les frigidaires qu’il vendait après avoir perdu son emploi Joseph Cornell soit tombé sur la galerie d’art de Julien Levy qui exposait Max Ernst et qu’ainsi ait commencé sa carrière d’artiste. Sylvie Ramond, directrice du Musée des Beaux-Arts de Lyon qui  s’émerveille avec vous des œuvres qu’elle expose, assure que c’est une légende. Mais d’autres histoires accompagnent le visiteur et sont aussi belles et ne peuvent que toucher les lyonnais amis des Frères Lumière.

Cornell cinéaste

Totalement obsédé par une actrice américaine, Joseph Cornell récupère une copie d’un film des studio Universal dans lequel elle joue, coupe tous les passages dans lesquels elle n’apparait pas, change la bande son, colorise en bleu l’ensemble, et redonne au film de 19 minutes, le titre de son obsession : "Rose Hobart". Le film, dont on peut voir des extraits au 1er étage de l’exposition, a été projeté en 1936 dans la galerie de son ami Julien Levy. Celui-ci raconte qu’en  assistant au spectacle Salvador Dali explosa de rage et accusa Cornell d’être allé "piller son inconscient" pour réaliser le film que le peintre espagnol aurait voulu faire.

Gageons que cette histoire plairait au Quentin Tarantino du Festival Lumière. Peut-être aimerait il aussi cette réalisation, plus modeste mais touchante, de cet historien des technologies de l’image qu’était Joseph Cornell, détourneur du "Thaumatrope". Petit appareil qu’on peut voir fonctionner dans une vidéo réalisée pour l’exposition et par lequel il s’agit de faire tourner sur lui-même un disque où d’un côté est représentée une cage, de l’autre un oiseau, ce qui fait croire à celui qui regarde que l’oiseau est dans la cage. Cornell en a fait bien autre chose.

C’est donc des centaines d’illusion d’optique qui attendent au Musée des Beaux-Arts ceux qui sont d’accord pour laisser à l’entrer leur âme sceptique.

Romain Meltz
@lemediapol



Tags : musee art contemporain |

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