L'otage lyonnais du Ponant raconte

Pendant sept jours, le Lyonnais Bertrand Viallet, 32 ans, a été retenu en otage sur le Ponant, ce voilier de luxe attaqué par des pirates au large de la Somalie le 4 avril. Témoignage.

“Le 4 avril, à 13h, on s’apprêtait à manger avec le reste de l’équipage quand les pirates nous ont attaqué. Ils ont tiré plus d’une dizaine de coups de feu en direction du bateau. C’est un miracle que personne n’ait été touché. Dans un premier temps, on a essayé de résister avec des lances incendie pendant que le commandant prévenait l’armée. Mais le combat était trop inégal. Du coup, on a rapidement dû se soumettre.
Une trentaine de pirates sont alors montés à bord à l’aide d’échelles. Puis ils nous ont fait monter sur le pont supérieur. En nous braquant avec des Kalashnikov et des bazookas. C’était vraiment flippant.
La communication avec les ravisseurs était difficile, puisqu’ils ne parlaient ni anglais ni français. On communiquait donc avec des gestes. Il fallait négocier quand on voulait boire ou aller aux toilettes mais de manière générale les ravisseurs nous ont plutôt bien traités. D’ailleurs aucun des trente otages n’a été frappé.
Mais ce qui m’a le plus inquiété, c’était que les pirates étaient sous l’emprise de l’alcool et du khat, une sorte d’excitant. En une seconde ça pouvait tourner au drame. Dans ce genre de situation, tu vois ta vie défiler des dizaines de fois. Tu imagines forcément le pire. Je n’ai cessé de penser à ma famille, ma petite amie... Et à ce que j’aimerais bien faire si je m’en sortais. Comme donner le coup d’envoi d’un match de l’OL car je suis un grand supporter du club. Bref, pendant une semaine, j’ai vécu dans un état de stress permanent.
Heureusement que l’équipage est resté très soudé pendant cette prise d’otage. Un véritable esprit de solidarité s’est développé entre nous. C’est ce qui m’a donné de la force et de l’espoir. Mais j’ai également toujours eu confiance en mon pays. Je savais que l’opération militaire pour nous sauver allait bien se terminer. D’ailleurs au moment de la libération, je me suis dis que j’avais vraiment de la chance d’être français.
Aujourd’hui, je ne réalise pas encore tout à fait ce que je viens de vivre. D’ailleurs, ça ne me dérangerait pas de remonter à bord du Ponant. Reste à convaincre mon entourage !”

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