D’après le classement Argos/France Assureurs, 64 088 vols de véhicules ont été enregistrés en 2025 en France, contre 70 459 en 2024, soit une diminution de 9 %.
Une tendance encourageante qui mérite toutefois d’être nuancée. Les statistiques du ministère de l’Intérieur font état, de leur côté, de 126 200 vols sur l’année 2025. L’écart s’explique par des méthodes de calcul différentes : seuls les véhicules assurés contre le vol sont intégrés au baromètre Argos, tandis que les données policières incluent notamment les faux signalements ou les véhicules rapidement retrouvés.
Dans le Rhône, 2 534 vols ont été recensés par les assureurs en 2025, ce qui représente 4,5 % du total national. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 5 533 faits ont été enregistrés dans le département.
Avec ces chiffres, le Rhône monte sur la troisième marche du podium national, derrière les Bouches-du-Rhône et le Nord. Les voitures concentrent l’essentiel des faits : 2 066 vols, soit plus de 80 % du total départemental. Les deux-roues suivent avec 309 vols, devant les utilitaires (126 cas). Les engins agricoles et de chantier restent marginaux (23 faits), mais leur progression est surveillée.
À l’échelle régionale, le Rhône devance largement ses voisins avec 1 607 pour vols en Isère, 885 dans la Loire et 684 dans l'Ain.
Le département enregistre ainsi près de trois fois plus de vols que la Loire et quatre fois plus que l’Ain.
Les modèles les plus visés en 2025
Le classement repose non pas sur le nombre brut de vols, mais sur la fréquence, c’est-à-dire le risque de vol rapporté au nombre de véhicules en circulation.
Les modèles les plus exposés sont :
- Toyota Rav4 V
- Hyundai Tucson
- Toyota C-HR
- Renault Mégane IV
- Renault Talisman
- Peugeot 508 II
- Peugeot 5008 II
- Citroën DS7 Crossback
- Peugeot 3008 II
- Renault Clio IV
Deux critères pèsent particulièrement : la demande à l’international (notamment vers l’Afrique ou l’Europe de l’Est selon les tendances observées) et le niveau de protection électronique du véhicule.
Fait notable : les véhicules haut de gamme ne sont pas proportionnellement les plus touchés, car mieux sécurisés. Les modèles électriques restent également peu ciblés.
Des méthodes de plus en plus sophistiquées
Le vol "à l’ancienne" appartient presque au passé. Désormais, 70 % des vols sont commis sans effraction visible. Les techniques dominantes sont le piratage électronique via la prise OBD et la capture du signal des clés « mains libres » laissées à proximité du domicile.
Ces équipements représentent un investissement pouvant atteindre 4 000 à 5 000 euros, signe d’une professionnalisation des réseaux.
Par ailleurs, une fraude distincte du vol classique progresse : le détournement de véhicules en leasing.
Les chances de retrouver son véhicule volé sont d'environ 40 %. Parmi eux, un tiers est localisé en moins de sept jours. Passé un mois, les chances de récupération diminuent fortement.
La coopération entre assureurs, constructeurs et forces de l’ordre s’est renforcée. Le groupement Argos, qui regroupe 98 % des assureurs dommages, mobilise 15 techniciens en France pour aider à l’identification et au traçage des véhicules afin que les constructeurs puissent au mieux d'adapter et créer des véhicules plus sûr.
On peut vraiment incriminer l’incapacité complice des constructeurs pour mieux prévenir le vol de leurs véhicules et assurer leur traçage ! Un biais pour augmenter les ventes au dépend des propriétaires et des assurances ?
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