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Fight : le témoignage d’un hooligan lyonnais

Les supporters de foot organisent de plus en plus de fights : des batailles contre les fans adverses. Lyon Mag a rencontré un des leaders des fighters lyonnais. Un témoignage exclusif.

“Je suis né à Lyon et j’ai grandi dans une famille modeste. Mon père était artisan et ma mère, fonctionnaire. On habitait alors juste à côté du stade de Gerland. Et le foot a très vite pris une place essentielle dans ma vie. Dès l’âge de 6 ans, j’ai commencé à jouer au FC Gerland puis au FC Lyon. Mes parents aussi adorent le football, surtout ma mère d’ailleurs, qui est une fan de l’OL. Je me souviens parfaitement de mon premier match à Gerland. J’avais 7 ans. C’est mon père qui m’avait emmené. On jouait contre Gueugnon. Et l’OL avait gagné 7-1 ! Un grand souvenir. Mon père m’a ensuite emmené régulièrement voir des matchs. Chaque fois à Jean Bouin. A l’époque, c’était vraiment pas cher. Pour les enfants, c’était même souvent gratuit.

A 10 ans, je suis allé pour la première fois voir un match sans mon père. Avec des copains. Et j’ai commencé à m’intéresser aux supporters. Cette ambiance, ces cris, tous ces drapeaux, ces odeurs de merguez grillée... Tout ce folklore autour du match me fascinait. Je me souviens qu’un jour j’ai assisté à une bagarre entre des supporters et des CRS. En rentrant chez moi, j’étais surexcité. Mes parents avaient eu du mal à me calmer. J’ai alors décidé de me rapprocher des supporters les plus acharnés de l’OL. Leur réputation violente ne me faisait pas du tout peur. Au contraire. Et à 18 ans, j’ai intégré les Bad Gones, le plus fameux groupe de supporters de l’OL et j’ai commencé à faire mes premiers déplacements chauds et notamment le derby à Saint-Etienne. Le déplacement à l’extérieur, c’est ce qui fait les vrais supporters.

J’ai alors découvert des supporters ultras et tout de suite je me suis senti en phase avec eux. Pour nous, l’Olympique lyonnais c’est notre histoire, notre culture... Et quand on défend l’OL, on défend notre ville, notre identité. C’est aussi une forme de rébellion dans une société normalisée où les gens ont une petite vie bien rangée : se marient à 25 ans, achètent leur Laguna, habitent leur petit pavillon de banlieue... Nous, on s’en branle de ce modèle. Nous les ultras, on est les derniers porte-parole d’une société libre, qui se bat contre le politiquement correct. Contrairement à ce qu’affirment les pubs Benetton, on n’est pas tous pareils. Chaque ville est différente et on revendique cette différence. Et on est prêts à se battre pour défendre nos couleurs.

Cette violence fait partie du foot. Et on aime la violence. Pour nous un match se gagne sur trois territoires : sur le terrain dans les tribunes et dans la rue. Dès qu’on a passé le péage de Villefranche au nord ou celui de Vienne au sud, c’est comme si on passait en terre ennemie. Et on veut que les gars en face se disent : “Les Lyonnais arrivent.” Et qu’ils aient peur.

En 2001, j’ai quitté les Bad Gones
et le virage nord de Gerland car ils voulaient éradiquer la violence. Bref, il n’avaient plus la contre-culture des ultras. C’était devenu un groupe bien gentil. Je suis alors parti au virage sud et on s’est regroupés à une cinquantaine de supporters indépendants. Ne pas faire partie d’un groupe, c’est la liberté, on n’a pas de comptes à rendre au club. Et on peut organiser nos bagarres tranquillement en marge des matchs. Mais à cause des flics et de la surveillance, c’est devenu plus difficile de se battre près du stade. C’est pour ça que les fights sont nées. C’étaient il y a environ 2 ans. On a alors décidé d’organiser nos bagarres dans des endroits plus éloignés et plus discrets. La fight c’est en fait une réaction contre la répression.

Une fight, c’est super bien organisé.
On contacte par téléphone ou par internet le responsable d’un groupe adverse et on lui propose un rendez-vous. S’il est OK, on dit combien on va être, en général une cinquantaine, on lui demande combien ils seront, on précise les règles : sans armes, on ne s’acharne pas sur un mec à terre... Et dès qu’on sait que la fight va avoir lieu, on ne pense plus qu’à ça toute la semaine. Car la violence du week-end est une vraie libération. Puis arrive le jour du match. Si on est nombreux, on se pointe par petits groupes dans le quartier pour ne pas se faire repérer par les flics. On est tous habillés sobrement, sans aucun signe distinctif style maillots ou écharpes de l’OL. Mais on envoie des éclaireurs : des gars à pied, en vélo ou en scooter chargés de repérer les lieux et nos adversaires.
On s’organise alors pour la bagarre : on met les plus costauds en première ligne, ceux qui feront la première charge, la plus violente. Devant on met aussi ceux qui ne se sont jamais fait coincer par les flics, qui n’ont pas de casier judiciaire. Si on est nombreux, on se regroupe par bandes de potes pour qu’au moment de la baston, on reconnaisse ceux de notre bande. Sinon dans l’hystérie générale, on risque de se taper dessus entre nous. Ce qui arrive parfois !
Quand on repère la bande adverse, l’adrénaline commence à monter très, très fort. Le meilleur moment c’est quand on finit enfin par les voir et les entendre. Ils sont là, ils avancent en criant... Le contact va bientôt avoir lieu. Et soudain, c’est le choc, très violent : coups de poing, coups de pied... T’as pas le temps d’avoir mal, tellement t’es excité. Et ce n’est pas une question de force physique. Je n’ai pas un gabarit très imposant, je mesure seulement 1,72 m pour 73 kilos. En fait, c’est dans la tête que ça se passe.
En général, une fight ça ne dure pas très longtemps, moins d’une minute. Un des deux groupes prend rapidement l’ascendant sur l’autre. Et ceux qui ont le dessous prennent la fuite. On relève les blessés et on se tire. Mais le lendemain, tu as mal partout et tu mets souvent plusieurs jours à t’en remettre. Et parfois, tu es bien abîmé. En août 2006 à Nice, on s’est retrouvés dans une ruelle de la ville, coincés par une bande de Niçois, armés de tessons de bouteille. Résultat, j’ai eu le crâne ouvert, une triple fracture du nez... J’ai eu deux mois et demi d’arrêt de travail. Dans ces cas-là, tu dis au médecin que tu es tombé dans l’escalier !

Quand on fait 4 ou 5 fights dans la saison, on est content ! Car les clubs contre qui on peut organiser des fights ne sont pas nombreux : Paris, Lille, Nancy, Metz... Des clubs qui ont des groupes d’ind&eacut

Sa plus belle fight
“Le dimanche 16 avril 2006, on jouait à Paris contre le PSG. A mon avis c’est la première fight en France. Ce jour-là, on est allés défier les hooligans parisiens chez eux. Personne n’avait jamais osé faire ça, car, niveau baston, les Parisiens sont clairement les meilleurs. On est partis tôt le matin de Lyon à 50 dans un bus. Une fois arrivé sur Paris, j’appelle un indépendant parisien et je lui propose une fight. Le Parisien, tout excité qu’un groupe vienne enfin les défier, me répond : “OK, on arrive !” On les a attendus dans un parc à environ un kilomètre du Parc des Princes. La nuit commençait à tomber. Tout à coup, on a commencé à les entendre mais sans les voir. Ils criaient “PSG Hooligans” en tapant dans leurs mains... C’était vraiment impressionnant. On s’est alors regardés en se disant qu’ils devaient vraiment être nombreux. Et franchement on avait la trouille. Et puis on les a vus, ils étaient au moins une centaine ! Deux fois plus que nous. Un grand moment ! Mais la trouille s’est vite transformée en adrénaline. Et puis, on est allés au contact. Et ça a été très violent. Et rapide. 15 secondes à peine. Car on a vraiment dérouillé ! On a alors pris la fuite et ils nous ont poursuivis jusqu’au stade. Ce jour-là, on a montré à toute la France que les supporters lyonnais avaient des couilles.”



Tags : fight |

Commentaires 15

Déposé le 01/10/2013 à 11h16  
Par beurk Citer

Une forme comme une autre d’évacuer une certaine frustration de la vie, de prendre des coups sans trop de risques si ce n'est de perdre des dents.
Il y a aussi le vrai combats, ceux des militaires qui luttent chaque jour sur le terrain pour défendre nos libertés, ceux qui tous les jours œuvrent pour sauver des vies ou améliorer notre société etc...... pense que eux on vraiment des "couilles".

Déposé le 01/10/2013 à 10h09  
Par Ah bah bien Citer

Bourrins

Déposé le 01/10/2013 à 01h07  
Par franek62 Citer

Très intéressant, pour une fois que la parole est donnée a un hool.. En france les lyonnais sont connus pour etre coriaces... Un supporter de Lens

Déposé le 27/04/2012 à 03h38  
Par ultraa69 Citer

anderlecht a la poubelle d vrai fillett qui pue la frite
d'ailleur sorti d frite on c pas se que vous faites dautre vu que le foot c pas pour vous et encor moin les bagarr mdrr

Déposé le 15/12/2010 à 20h15  
Par Bridgfast1892 Citer

Le BCS est la reference en belgique et en europe.Alors lyon fait moi rire.

Déposé le 18/09/2010 à 20h59  
Par Zago Citer

Nous sommes l'OL, l'OL nous appartient. le foot non, les... oui Respect to Gones and specially to Jada

Déposé le 30/07/2010 à 00h46  
Par HOOLIGAN2OM Citer

ET LE BELGE VA TACHTER D CHOCOLAT ET PARL P AVC LS VRAI HOOLIGANS LYON C D BON KME BOCOU DE CLUB EN FRANCE VS EN BELGIQUE VS ETE D GROSS MERD VIVE L OM ET LES ULTRAS

Déposé le 26/07/2010 à 18h14  
Par lyon.fans Citer

Pour répondre à stadiste. Au lieu de penser par les médias, penses par toi même, et le jour ou tu verras un stade de rugby enflammé comme un stade de foot c'est que le rugby sera devenu populaire et tu y verras les mêmes problèmes(qui je pense est un faux probleme) . Comme dis Djé les fights ont lieu entre personnes consententes, le foot est le reflet de la societé...

Déposé le 14/06/2010 à 19h49  
Par 69 la trick et tg si tu critique Citer

moi je suis au virage sud et il y a des baston souvent et meme en dehor du strade mais anderlech c'est quoi cette ville de 1000 habitants . lyonnais a coeur lyonnais a jamais 69 tkt rpesente teste meme pas

Déposé le 03/06/2010 à 11h50  
Par Djé Citer

une interview qui donne la parole à un ultra...pour une fois!!!!! au moins, on voit bien que les "fighters", souvent catalogués par les médias de "hooligans" ultraviolents et dangereux pour la societé, sont en réalité des personnes qui ne dérangent personne puisque les combats ont lieu entre personnes consententes!!

Déposé le 12/03/2010 à 22h46  
Par stadiste Citer

Le jour ou un mec adulte va tuer un mineur on vera..Ils ont de la merde dans la tete dans ce sport!J'aime le rugby et bien que c'est plus bourrin c'est bien plus intelligeants en tribunes!!!Venez vous battre face a des bons gars du rugby ça va vite vous calmer bande de blaireaux

Déposé le 09/03/2010 à 12h39  
Par dingacab Citer

rsca4ever....on en a accepté contre bale ,paris,etc,et c'est surement pas anderlecht qui nous fait peur....peut etre juste un probleme different.quite a perdre,autant etre contre des bons en face.

Déposé le 13/12/2009 à 15h04  
Par RSCAforEVER Citer

Un grand mytho l'auteur de cet article! Le BCS, le noyau (très) dur des supporters d'Anderlecht, a donné rdv aux sois disant hooligans de Lyon à Lyon!! Ceux-ci ont refusé le rdv. Et après ça vient parler de fight et tout le baratin. Faut arrêter de s'écouter parler les gars...

Déposé le 22/11/2009 à 12h09  
Par anisniper Citer

vrémen impréssionant, je fait parti d'un groupe en tunisie sans doute le meilleur et le plus puissant et j'éspére un jour voir cette mentalité de fight organisé en tunisie.

Déposé le 20/11/2009 à 13h52  
Par Hools Citer

Très bonne interview où il n'y a que des vérités.

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