Le 8 mars de Nathalie Grynbaum (MiHotel)

Le 8 mars de Nathalie Grynbaum (MiHotel)
Stéphanie Marquez et Nathalie Grynbaum - LyonMag

Ce lundi, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, LyonMag met à l'honneur des Lyonnaises influentes, de l'ombre ou régulièrement mises en lumière, à travers leurs portraits.

Fin janvier 2020, la Tour Rose renaissait de ses cendres dans le Vieux Lyon. Sous l'impulsion de deux quatuors, Food Traboule et Mihôtel investissaient les lieux en grande pompe. Mais un mois et demi plus tard, le confinement mettait un violent coup d'arrêt à leur lancement.
"On n'a pas voulu y croire, se remémore Nathalie Grynbaum, co-fondatrice de Mihôtel avec Stéphanie Marquez. Ca a été très difficile et il a fallu chercher le soutien des investisseurs. La chance que l'on a eu, c'est que nos prêts n'avaient pas encore débuté".

Les hôtels ont tous souffert, et souffrent encore de la crise sanitaire. Mais Mihôtel a le malheur de miser principalement sur la clientèle internationale. "Et il n'y en a plus eu", indique Nathalie Grynbaum.

Pas question pour autant de se laisser abattre. Les deux associées avaient un avantage par rapport à leurs concurrents : le modèle à la Airbnb. "Ca nous sauve par rapport à la standardisation des hôtels", précise l'entrepreneure qui propose des chambres domotisées aux concepts différents, sans réception mais avec une conciergerie. Une autonomie et une distanciation qui permettent d'éviter les contacts humains, et donc les risques de propagation du virus.
Ce côté "Covid resilient" a attiré l'attention de certains. Ce qui a permis à Nathalie Grynbaum et Stéphanie Marquez de remporter le trophée des femmes cheffes d'entreprises 2020 lors de la Fête de l'entreprise. Un prix qui les a "touchées". "Le jury a voté à l'unanimité, ils ont trouvé remarquable notre gestion de la crise", poursuit Nathalie Grynbaum, qui a également été approchée par une banque privée avec laquelle elle vient de lancer une levée de fonds d'envergure pour Mihôtel.

Le 8 mars et la place de la femme dans l'entreprise sont des thèmes qui résonnent fort pour Nathalie Grynbaum. Elle a donné une interview poignante aux Echos dans laquelle elle revient sur son parcours face au sexisme ambiant. "Au début, on trouvait ça rigolo. Avant, j'étais dans le plastique puis dans la sécurité, et j'étais la seule femme. J'avais 30 ans, il y a eu des moments cocasses. Mais les hommes vont avoir des questions qu'ils n'auront pas avec d'autres hommes, notamment sur la gestion de la carrière et de la famille. Puis on nous a dit que lors des demandes de levées de fonds faites par les femmes, c'était toujours en dessous de 1 million d'euros. On a été éveillées à tout ça, il faut que l'on prenne conscience que les hommes et les femmes ne réagissent pas pareil. Une femme aura plus de mal à mettre en avant ses capacités, il faut avoir confiance. Si tu as besoin de 500 000 euros, tu dois demander 1 million !", nous conte Nathalie Grynbaum.

Elle estime qu'une femme se lançant dans l'entreprenariat ne devra pas "s'auto-limiter" et devra absolument se préparer "à se retrouver seule devant 20 hommes plus âgés".

A.A.

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