Meurtre d’une fillette dans une crèche à Lyon : des précédents de maltraitance chez People & Baby ? (enquête)

Meurtre d’une fillette dans une crèche à Lyon : des précédents de maltraitance chez People & Baby ? (enquête)
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Le mercredi 22 juin dernier, une petite fille âgée de 11 mois a été retrouvée inconsciente au sein d’une crèche privée dans le 3e arrondissement de Lyon.

Aux alentours de 8h du matin, l’enfant a été transporté par les pompiers de l’établissement People & Baby de la rue Danton jusqu’à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron où il s’est éteint. L’enquête, toujours en cours, de la police lyonnaise a mené à une terrible conclusion : il s’agit d’un meurtre.

Une employée âgée de 27 ans, seule dans la crèche au moment des faits, a aspergé la jeune victime avec un produit caustique de type Destop avant de lui en faire avaler. La raison : le bébé pleurait trop. La suspecte a reconnu les faits avant d’être mise en examen pour homicide volontaire sur mineur de 15 ans et écrouée à la prison de Corbas.

A première vue, il s’agirait d’un acte isolé et la justice devra se prononcer sur la personnalité de la mise en cause lors de son procès.

Une autre plainte pour coups et blessures au mois de décembre

Cependant, la rédaction de LyonMag a pris connaissance de l’existence d’une autre plainte pour coups et blessures sur mineur à l’encontre d’une autre crèche lyonnaise, le Nido de Sévigné, appartenant à la même enseigne People & Baby, toujours dans le 3e arrondissement de Lyon.

La maman d’une petite fille, alors âgée de 4 mois au moment des faits qui ont eu lieu en novembre 2021, s’est rendue au commissariat du 3e arrondissement pour signaler la maltraitance de son enfant. Les policiers ont ensuite orienté les parents vers la brigade de protection de la famille qui a recueilli la plainte le 9 décembre.

Sur le procès-verbal, on peut lire que la maman a récupéré sa fille en pleurs le 22 novembre à midi. On lui a alors expliqué qu’un garçon s’était assis sur sa tête. Le même jour, c’était au tour du papa d’aller chercher l’enfant le soir. Il l’a récupérée en constatant des traces rouges sur son visage, près de l’oeil gauche. L’auxiliaire puéricultrice a expliqué au père qu’un petit garçon âgé de deux ans avait mordu la fillette au niveau de la tempe droite.

Le lendemain, la maman de la victime présumée a fait ausculter sa fille par un médecin généraliste et une neuropédiatre de l’hôpital Femme-Mère-Enfant. Les deux docteurs ont délivré des certificats médicaux et n’ont pas exclu le fait que la petite fille ait été giflée étant donnée la forme des traces sur le visage.

A cette date du 25 juin 2022, la plaignante n’a reçu aucune réponse à son dépôt de plainte. La direction nationale de People & Baby n’a quant à elle donné aucune explication à la famille de la victime présumée. Elle est restée muette face aux relances des deux parents qui ont pourtant usé d’une mise en demeure pour obtenir une réponse.

"On se sent complices de maltraitance", dénonçait une assistante maternelle de Dijon

Parmi les centaines de crèches People & Baby, certaines sont gérées sous délégation de service public. A Dijon en Bourgogne, les employés d’un établissement qui accueille 80 enfants s’étaient mis en grève au mois de février en pointant du doigt les mauvaises conditions d’accueil des petits.

Une salariée anonyme avait affirmé à France 3 Bourgogne qu’il arrivait que la température des locaux atteigne les 11°C à cause d’une panne de chauffage non-réparée. "On se sent complices de cette maltraitance", avait déploré cette même personne en dénonçant également la présence de blattes dans les cuisines.

Cette affaire s’était conclue par la mise en demeure de People & Baby par la Ville de Dijon et le changement de prestataire en mai dernier.

Au cours de l’enquête pour homicide volontaire, les policiers et la justice lyonnaise devront très certainement prendre en compte les différentes remontées internes que l’on sait plurielles au sein de l’entreprise. Cela n’exclura en rien la responsabilité de la meurtrière présumée de la crèche Danton, mais il se pourrait que certains éléments obligent les forces de l’ordre à enquêter plus largement.

Léo Mourgeon

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veronique courjault le 25/06/2022 à 16:34

Aucun rapport avec le Destop en fait? DONC PAS DE PRECEDENT

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