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Consultation terminée chez France Telecom

Les employés de l'opérateur téléphonique avaient jusqu’à hier soir pour renvoyer le questionnaire sur leur conditions de travail. Un premier rapport sera présenté début décembre par un cabinet indépendant aux partenaires sociaux. C’est l’entreprise de télécommunications qui a mis en place cette enquête après la vague de suicides qui a touché l’entreprise. Et le malaise est profond cas près de 75% des 102 000 salariés de France Télécom ont répondu à l’enquête. Les langues se délient selon Christophe Laronze, syndicaliste CGT au sein de l’entreprise à Lyon.

Lyon Mag : La consultation engagée va servir à quoi ?
Christophe Laronze : A priori à l’entreprise pour avoir une vision de l’impact de sa gestion sur les salariés. Voir là ou il y a de la souffrance, dans quelles conditions. Il y aura certainement un rapport du cabinet Technologia qui est l’expert qui a mis en place ce questionnaire. Et une version peut être plus complète et plus fournie en début d’année prochaine.

Etait-il nécessaire d’avoir le sentiment des salariés ?
Ce questionnaire est un outil de la direction. Côté CGT, on pense qu’il y aura une tentative de reprise en main ferme de la direction en début d’année. Le questionnaire est juste là pour faire penser aux salariés qu’on s’occupe d’eux. Il y a eu ce que l’on appelle  chez nous les «Assises de la Refondation», un grand terme... On ne voit pas ce que cela va vraiment changer dans le fond. Par contre, la mobilisation forte des salariés va obliger la direction à entrer sur des chantiers de négociations. Il y a jeudi une mobilisation des salariés sur le Rhône, pour que la direction pèse bien  que les salariés sont toujours décidés à s’occuper de leurs conditions de travail. c’est cela qui fera la différence. On est pas dupe, on sait qu’il y a une grosse part de communication, de double discours. On annonce un questionnaire, des «Assises de la Refondation»... Et de l’autre côté, en sous-marin, on va attendre que ça se passe... Même dans les négociations qui ont eu lieu, certains points actés écrits par la direction n’arrivent pas à être obtenu concrètement par les salariés des services visés, alors qu’il y a une communication officielle de la direction.

Pour vous ce questionnaire, cette consultation, c’est finalement de la poudre aux yeux ?
Je ne sais pas, j’attends de voir contenu. En tout cas, ce n’est pas un outil syndical, et ce n’est pas un outil des salariés. L’analyse qui va en être faite pas un cabinet indépendant, je ne sais pas ce que ça va donner. Par contre, les salariés sont en possession de leur avenir. s’ils décident de rester mobilisés, comme on le propose, ça sera d’autant plus difficile pour la direction de revenir à son ancien mode de gestion.

Que reprochez-vous à l’entreprise aujourd’hui, à travers cette reprise en main, cette communication ?
Il y a plus de dix ans, on a fait remplir des fiches aux salariés en leur demandant : «Qu’est ce que vous faîtes dans votre travail ?» Cela voulait déjà dire que, dans son ensemble, l’entreprise ne savait pas ce que faisait ses salariés. C’était à l’issue de la privatisation qu’il y a eu cela. Par contre, à cette époque, en même temps que la privatisation, l’entreprise a utilisé cela pour isoler, individualiser les gens. Maintenant, on leur faire un questionnaire pour leur demander pourquoi ils souffrent. C’est assez fantastique de voir cela. C’est grave que l’entreprise connaisse aussi peu ses salariés. Et puis, il n’y pas besoin de faire tout ça. Les salariés ont des revendications, des organisations syndicales. Une façon de répondre à leurs attentes, c’est de répondre aux revendications des salariés. Elles sont traduites au quotidien par les délégués du personnel, les membres du CE. Tout cela, ce sont des centaines de pages écrites dans ses instances que France Télécom n’a jamais voulu regarder.

Vous connaissez bien les salariés. vous pensez vraiment qu’à Lyon il se sont livré dans ce questionnaire ?
Il y a quelques questionnements légitimes sur cet outil qui est un outil d’entreprise. On dit que beaucoup de gens ont répondu. Ça veut dire que les gens ont besoin de parler. Et ça, à France Télécom, c’est quelque chose d’assez nouveau que les gens décident de parler, de sortir de leur bulle. Ils commencent à exprimer, sans honte particulière, que parfois ils s’en prennent plein la figure. Ça fait parti des éléments qui laissent à penser qu’il y a une réaction des salariés. maintenant, sur le contenu, je ne sais pas quelle en sera l’analyse et quelle en sera l’utilisation faite par l’entreprise. C’est un peu prématuré de répondre à cette question pour l’instant.

Vous ne pensez qu’en ayant l’avis direct des salariés l’entreprise réagisse favorablement à certaines de vos demandes ?
Si oui, tant mieux, on ne peut que s’en féliciter. Mais je suis très pragmatique. Face à plusieurs années de privatisation, et d’individualisation, une chose est certaine, c’est que l’entreprise n’est pas en capacité aujourd’hui d’inverser en quelques jours, quelques semaines tout ce qu’elle a cassé pendant des années. Si France Télécom y arrive tant mieux, mais cela demande de prendre du recul, car il y a quand même aujourd’hui énormément d’éléments qui font que la souffrance est présente depuis plusieurs années.



Tags : suicide | france telecom | questionnaire |

Commentaires 1

Déposé le 18/11/2009 à 13h13  
Par Dégouté... Citer

C'est sur qu'un va aller loin avec des questionnaires... Et les syndicats, ils servent à quoi? Pendant ce temps, on fait bosser à grand frais des cabinets d'audit privés... triste monde du travail...

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