L'abandon du projet Rive Droite continue de provoquer de vives réactions dans le paysage politique lyonnais. Après avoir suspendu le chantier dès son arrivée à la tête de la Métropole de Lyon, la nouvelle majorité a finalement confirmé l'arrêt définitif de ce vaste réaménagement des quais du Rhône imaginé sous le précédent exécutif écologiste.
Un projet qui prévoyait notamment une importante végétalisation entre les ponts de Lattre-de-Tassigny et Gallieni, mais aussi une profonde réorganisation des circulations.
Les écologistes dénoncent une décision prise sans concertation
Déjà critique dès l'annonce ce jeudi, Grégory Doucet est revenu à la charge sur ses réseaux sociaux ce vendredi. Le maire de Lyon affirme avoir découvert cette décision "dans la presse" et déplore "un profond manque de dialogue."
Selon lui, "cette décision va surtout à l'encontre de tout ce que nous savons aujourd'hui sur l'adaptation des villes au changement climatique. Partout en France, des collectivités de toutes sensibilités politiques investissent dans la végétalisation pour lutter contre les fortes chaleurs c’est une nécessité vitale. Ce projet était une solution concrète pour mieux supporter les étés à Lyon... et créer un nouveau lieu de rencontre, de jeux, de sport et de détente avec des promenades, des terrasses et un accès direct au Rhône. Pour une ville attractive et vivante."
L'édile écologiste estime également que "cette décision entre en totale rupture avec 30 années de transformation des quais... De Raymond Barre à Gérard Collomb ou David Kimelfeld, tous ont œuvré à rendre l'accès aux fleuves aux Lyonnaises et aux Lyonnais."
Avant d'interpeller directement la présidente de la Métropole : "La semaine prochaine on annonce de nouveau 38°C à Lyon, Mme Sarselli, que faites-vous ?"
"Quel gâchis"
Même tonalité chez Valentin Lungenstrass, adjoint écologiste à la Ville de Lyon, qui regrette l'abandon d'un projet déjà largement préparé.
"On aurait pu avoir un parc linéaire de 2,5 km en bord du Rhône. Un projet étudié et entièrement conçu (merci à BASELAND et à ses partenaires), déjà préparé pour certaines canalisations, prêt à démarrer pour la phase 1, et que décident les LR ? 'Poubelle'. Quel gâchis."
De son côté, la députée écologiste du Rhône Marie-Charlotte Garin déplore "30 ans pour transformer Lyon, quelques mois pour tout arrêter."
Elle ajoute : "Avec l'abandon de Rive Droite, Véronique Sarselli tourne le dos à une ville plus apaisée, plus respirable et mieux adaptée aux canicules. Tout cela sans aucune alternative, à rebours du sens de l'Histoire de nos villes."
Véronique Sarselli répond et défend sa décision
Face à cette succession de critiques, la présidente de la Métropole de Lyon a choisi de répondre ce 25 juillet sur les réseaux sociaux. "Depuis hier, je lis beaucoup d'articles qui parlent du projet rive droite proposé par l'ancienne majorité écologiste et que nous avons suspendu dès notre élection."
Elle conteste la présentation faite du projet par ses opposants : "Sous couvert de végétalisation, il s'agissait en réalité de reconfigurer en profondeur un axe accueillant chaque jour entre 50 000 et 80 000 véhicules, en supprimant 5 des 8 voies de circulation, avec des reports de circulation peu fiables et mal maîtrisés. Il s'agissait aussi de supprimer 700 places de stationnement, sans alternative de transport public adaptée à ce jour."
Pour Véronique Sarselli, "nous ne pouvions entériner un projet de cette ampleur décidé en toute fin de mandat pour nous empêcher d'agir. Désormais, nous devons élaborer collectivement des projets qui n'opposent pas végétalisation et mobilités, lyonnais et grands lyonnais."
La présidente de la Métropole conclut en assurant que ce travail se fera "dans l'intérêt général et sans dogmatisme. Nous saurons le mettre en œuvre, bien loin des caricatures systématiques."
Depuis l'annonce de l'abandon du projet, les échanges entre les deux exécutifs se sont nettement tendus. Un retournement de situation qui ne manque pas de faire réagir dans le débat politique local, alors que les écologistes, régulièrement accusés ces dernières années par leurs oppositions de gouverner sans suffisamment de concertation sur les grands projets, reprochent désormais à leur tour à la nouvelle majorité un manque de dialogue dans ce dossier.
On engloutit beaucoup d’argent …. mais c’est pas grave…. car c’est pas le leur, c’est le nôtre !!! Après on supprime les bagnoles … mais c’est pas grave… Puis on rafraîchit la ville , vous devriez tester les ombrieres à 2 millions!
Signaler RépondreMoi aussi, dans ma ville, le maire a détourné la route qui passait devant sa maison pour sa propre tranquillité. Bravo à Véronique qui a mis fin à un projet dogmatique visant à punir une nouvelle fois les grands lyonnais au profit des bobos locaux. Madame Sarselli va reprendre ce projet à la base, de manière concertée et dans l'intérêt de TOUS.
Signaler RépondreJe remarque surtout qu'il 'n'y a aucun lyonnais ou lyonnaise parmis ceux qui sont révoltés (Doucet, Lugenstrass et Garin). Qu'ils rentrent chez eux s'ils ne sont pas contents !! !
Signaler RépondreC'est évident qu'il faut un projet moins guidé par des dogmes et plus équilibré pour prendre en compte ses impacts et conséquences sur les secteurs concernés. Cela changera de la manière de faire du sectaire clan écolo façon bulldozer.
Signaler RépondreIl faut être drôlement gonflé pour avancer le terme sans concertation quant on n'est pas d'accord..
Signaler RépondreLes écolos ont ils concerté les Lyonnais avant de prendre leurs décisions souvent débiles non. Mais la concertation, comme le reste, est à géométrie variable à gauche ça on l'avait compris.
Sarselli a raison, il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.
Signaler RépondreCommençons par boucler le périphérique et développer fortement le réseau de métro. Après la réduction du trafic sur l'axe Nord-Sud (et aussi sous fourvière) pourra se faire naturellement et sans difficultés, ce qui permettra un aménagement ambitieux des berges du Rhône depuis Pierre-Bénite jusqu'à Caluire.