L'entreprise lyonnaise spécialisée dans les biotechnologies annonce, dans un communiqué publié ce jeudi 29 octobre, disposer d'une trésorerie de 8,4 millions d'euros au 30 septembre 2026, contre 17,2 millions d'euros à la fin de l'année 2025.
Une baisse de 8,8 millions d'euros en neuf mois, alors que la société poursuit ses investissements dans la recherche et le développement de traitements contre le diabète et l'obésité. Sur les neuf premiers mois de l'année, la consommation de trésorerie liée aux activités atteint 12,4 millions d'euros, contre 13,2 millions sur la même période en 2025, à périmètre comparable.
Le chiffre d'affaires apparaît également très limité. Il s'établit à seulement 43 000 euros depuis le début de l'année, contre 1,4 million d'euros sur les neuf premiers mois de 2025. Aucun revenu n'a été enregistré au troisième trimestre.
Un financement de 7 millions d'euros pour tenir jusqu'en 2028
Face à cette situation, Adocia a annoncé le 20 octobre une opération de financement de 7 millions d'euros.
Celle-ci comprend une augmentation de capital de 3 millions d'euros, souscrite notamment par les administrateurs et le directeur général de l'entreprise, ainsi qu'une extension de 4 millions d'euros de la convention d'avance en compte courant d'actionnaire conclue avec Vester Finance.
Cette opération, associée à une réduction des dépenses engagée depuis septembre, doit permettre à Adocia de prolonger son horizon de trésorerie jusqu'au premier trimestre 2028, sous réserve de l'utilisation complète du financement prévu.
"Nous gérons également nos ressources avec rigueur et avons commencé à réduire les coûts à tous les niveaux de l'organisation", explique Mathieu-William Gilbert, directeur administratif et financier de la société.
La Chine, des économies et de nouveaux partenariats
Pour prolonger davantage sa visibilité financière, la biotech lyonnaise compte notamment sur son partenaire chinois Tonghua Dongbao. Ce dernier développe BioChaperone Lispro, une insuline ultrarapide destinée aux personnes atteintes de diabète de type 1 et de type 2.
Après des résultats positifs lors des essais cliniques de phase 3, le laboratoire chinois a finalisé son dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché et prépare désormais son dépôt auprès des autorités sanitaires.
L'enjeu est important pour Adocia. Son contrat prévoit le versement de 20 millions de dollars en cas d'obtention de cette autorisation, ainsi que des redevances sur les ventes futures.
Ce paiement pourrait permettre à la société de prolonger son horizon de trésorerie jusqu'en 2029.
"Avec un horizon de trésorerie rallongé au premier trimestre 2028, nous bénéficions du temps nécessaire pour recevoir le paiement d'étape de BC Lispro sous condition de l'obtention de l'AMM en Chine", souligne Olivier Soula, directeur général et cofondateur d'Adocia.
En parallèle, l'entreprise lyonnaise, qui emploie environ 80 collaborateurs, entend concentrer ses moyens sur les projets susceptibles de déboucher rapidement sur des accords commerciaux.
Elle indique notamment être en discussion avec deux entreprises pharmaceutiques, dont les noms n'ont pas été dévoilés, autour de sa technologie BioChaperone.
Adocia a également décidé de suspendre certaines activités de développement, notamment celles liées au dépôt d'une demande d'essai clinique pour son programme AdoShell.
La biotech poursuit ainsi sa recherche de partenaires et ses efforts de réduction des coûts, dans l'attente d'une éventuelle autorisation de commercialisation en Chine, dont l'obtention reste déterminante pour ses perspectives financières.