Lyon se prépare à une nouvelle journée sous haute surveillance ce samedi 31 octobre.
Après les violences des 17 et 24 octobre, la préfecture du Rhône annonce un dispositif "robuste, réactif et agile", avec des forces de l’ordre mobilisées tout au long de la journée et durant la nuit.
Les services de l’État indiquent avoir détecté sur les réseaux sociaux de nouveaux appels à rassemblements dans différents secteurs de Lyon, notamment dans les centres-villes et sur les places publiques, parfois sous couvert des festivités d’Halloween. La préfecture estime qu’il existe un "risque élevé d’exactions" et redoute également des violences urbaines dans la soirée.
Une manifestation autorisée entre la Manufacture des Tabacs et Jean-Macé
Contrairement au week-end précédent, une manifestation a cette fois été officiellement déclarée.
Les syndicats Solidaires, CNT et UNEF ont annoncé un départ à 14h de la Manufacture des Tabacs, avec une arrivée prévue place Jean-Macé.
Les organisateurs ont été reçus en préfecture et se sont engagés, selon les services de l’État, à renforcer leur service d’ordre afin de conserver la maîtrise du cortège.
En parallèle, le préfet Étienne Guyot a pris un arrêté interdisant toute manifestation, tout cortège, défilé, attroupement et rassemblement à caractère revendicatif dans un périmètre du centre-ville.
Cette interdiction s’appliquera samedi de 10h à 23h.
La préfecture entend ainsi empêcher la constitution de cortèges non déclarés ou de groupes susceptibles de chercher à gagner la Presqu’île en marge de la manifestation autorisée.
Plusieurs restrictions s’appliqueront également à l’ensemble du département.
L’achat, la vente, la détention, le transport et l’utilisation d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques seront interdits du 31 octobre à minuit jusqu’au 2 novembre à 6h.
Même interdiction pour la distribution, la vente à emporter et le transport de carburants en jerrican.
La vente d’alcool à emporter et la consommation collective d’alcool sur la voie publique seront également interdites dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, puis à nouveau dans celle du 1er au 2 novembre, entre 20h et 6h.
Centaures, drones, hélicoptères et Sentinelle mobilisés
Le dispositif policier doit monter encore en puissance.
La préfecture annonce la présence de policiers et gendarmes nationaux, plusieurs unités de forces mobiles, des réservistes opérationnels et des unités spécialisées.
Des Centaures, équipes cynophiles, hélicoptères, drones et unités fluviales pourront notamment être engagés. Les policiers municipaux seront mobilisés pour la protection de bâtiments publics et les militaires de Sentinelle participeront également au dispositif.
Des contrôles d’identité ainsi que des inspections de sacs et de coffres de véhicules pourront par ailleurs être réalisés dans le cadre de réquisitions judiciaires.
Les commerçants invités à se préparer
Une cellule de crise doit être activée avec la CCI et la CMA afin d’assurer une circulation permanente des informations entre les commerçants et le centre opérationnel départemental.
Les professionnels sont invités à vérifier leurs alarmes et systèmes de vidéoprotection, baisser leurs rideaux métalliques, protéger leurs vitrines, rentrer les terrasses ou encore adapter leurs horaires de fermeture si nécessaire.
Les collectivités ont aussi reçu pour consigne de retirer de l’espace public tout objet susceptible d’être utilisé comme projectile ou pour dresser des barricades : déchets, bennes à verre, matériel de chantier, trottinettes ou vélos.
"Aucun débordement ne sera toléré", prévient Étienne Guyot, qui appelle "à la responsabilité" des organisateurs, des manifestants mais également des parents de mineurs susceptibles de se trouver dans les rues samedi.