Trois jours après l’attentat raciste qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé cinq autres personnes, dont une enfant de 12 ans, Lyon a tenu à rendre hommage aux victimes.
À l’appel du maire écologiste Grégory Doucet, un rassemblement était organisé à 18 heures, place de la Comédie, devant l’Hôtel de Ville, dans le cadre d’une mobilisation nationale contre le racisme.
La classe politique lyonnaise était représentée, avec une présence majoritaire d’élus de gauche. Quelques personnalités de droite avaient également fait le déplacement, à l’image de Pierre Oliver, maire du 2e arrondissement, de Romain Billard, conseiller municipal, ou encore de Jean-Stéphane Chaillet, adjoint au maire du 2e arrondissement.
Grégory Doucet alerte sur la libération de la parole raciste
Dans son discours, Grégory Doucet a dépassé le seul hommage aux victimes pour évoquer le climat de tensions qui traverse actuellement la société française.
"Depuis trop longtemps, la parole raciste se libère", a-t-il notamment dénoncé, pointant la responsabilité de certains discours qui présentent des populations entières comme des menaces ou les rendent responsables des difficultés du pays.
Le maire de Lyon a également mis en garde contre la banalisation de ces propos, désormais présents, selon lui, jusque dans les médias et les prises de parole de responsables politiques.
"À force de désigner des ennemis de l’intérieur, on finit par donner à certains le sentiment qu’ils sont autorisés à leur faire la guerre", a-t-il averti.
Environ 1500 personnes réunies ce lundi soir devant l’Hôtel de Ville de Lyon en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes. Un moment de recueil très politique https://t.co/yvma3m60zk
— Lyon Mag (@lyonmag) October 26, 2026
Sans établir de lien mécanique entre les discours et le passage à l’acte, Grégory Doucet a insisté sur le climat que peuvent entretenir les paroles de haine et les divisions qu’elles alimentent.
Un hommage qui dépasse les clivages politiques
Si les élus de gauche étaient les plus nombreux, la présence de représentants de l’opposition de droite témoignait également d’une volonté de s’associer à cet hommage, au-delà des désaccords politiques habituels.
Devant une foule estimée à 1500 personnes, le rassemblement entendait rappeler un principe fondamental : en France, nul ne devrait être menacé ou pris pour cible en raison de sa couleur de peau, de son origine ou de sa religion, réelle ou supposée.
Au-delà des sensibilités politiques, c’est aussi la question du vivre-ensemble et de la capacité de la société française à faire face à la montée des tensions qui était posée ce lundi soir devant l’Hôtel de Ville de Lyon.
Un hommage à Pengo Bossio Wangi et aux blessés de l’attentat, mais aussi un appel à ne jamais considérer le racisme comme une fatalité.