La conférence de Raphaël Arnault n'aura finalement pas lieu à l'Espace 101, dans le 8e arrondissement de Lyon. Le député insoumis du Vaucluse, ancien porte-parole du groupe antifasciste La Jeune Garde, devait y présenter son livre Antifasciste le jeudi 5 novembre, aux côtés de la députée lyonnaise Anaïs Belouassa-Cherifi.
Mais le maire écologiste du 8e arrondissement, Olivier Berzane, a décidé de retirer la réservation accordée aux organisateurs.
Dans un courrier daté du 27 octobre, l'élu justifie cette décision par "le risque avéré de troubles à l'ordre public induit par l'événement".
LFI dénonce un double discours de la mairie
Cette décision intervient après plusieurs jours de tensions autour de la venue du parlementaire.
Des élus d'extrême droite avaient demandé l'interdiction de sa conférence, tandis que des messages de militants nationalistes circulaient sur les réseaux sociaux, appelant à se rendre sur place le 5 novembre.
Cette date coïncide également avec une importante mobilisation intersyndicale, compliquant potentiellement la sécurisation de l'événement.
Mais pour Anaïs Belouassa-Cherifi, la municipalité lyonnaise n'a pas joué franc jeu.
Alors que la réservation aurait été retirée dès le 27 octobre, Grégory Doucet et Olivier Berzane affirmaient encore le lendemain que des discussions étaient en cours pour sécuriser la conférence, mettant simplement sur la table le fait de pouvoir décaler l'évènement à une autre date.
"Nous regrettons que M. Doucet et les élus écologistes cèdent également aux pressions et à l'intimidation des milices d'extrême-droite qui, dès l'annonce de notre évènement, ont ciblé et harcelé les organisateurs et les intervenants, moi y compris", s'indigne la députée insoumise.
Un recours devant le tribunal administratif
Face à cette situation, Anaïs Belouassa-Cherifi entend engager une procédure en référé-liberté devant le tribunal administratif pour contester la décision municipale.
Organisée par le collectif Masse critique, la section LFI du Rhône et la librairie associative La Tanière, la rencontre avait pourtant été programmée dès le 23 septembre.
Les organisateurs assurent avoir explicitement informé les services municipaux de l'identité de leur invité avant d'obtenir l'autorisation d'utiliser la salle.
Ils recherchent désormais un lieu privé susceptible d'accueillir l'événement.
La polémique intervient alors que Raphaël Arnault a été entendu le 28 octobre par la Sous-direction antiterroriste dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, survenue en février 2026 à Lyon. Plusieurs de ses proches amis et collaborateurs ont été auditionnés voire mis en examen dans ce dossier.