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Coup d’envoi du festival de la bande dessinée à Lyon

Cette année encore, le programme est riche en événements. Des créations autour de Spirou, l’invité d’honneur, un opéra de Bandes Dessinées, des expositions qui seront partout dans la ville ou encore du théâtre improvisé BD. Plus de 70 auteurs sont présents, comme Frank Margerin, Lewis Trondheim, Didier Convard, Vincent Mallié, Boulet, Pénélope Bagieu. Mathieu Diez, directeur du festival nous évoque cette passion spécifique de la BD, qui prend une toute autre ampleur, notamment grâce au numérique.

Lyon Mag : Spirou est votre invité d’honneur cette année ?
Mathieu Diez :
L’affiche du festival de cette année a été réalisée par Olivier Schwartz qui avait gagné le grand prix de Lyon l’an dernier et pour son album « Le Groom vert-de-gris », une aventure de Spirou chez « one-shot. » Il a réalisé l’affiche de Spirou : on voit Spirou et Fantasio sur la statue Louis XIV place Bellecour. On a la chance d’avoir en plus Lewis Trondheim et Fabrice Parme. Ce sont les auteurs du dernier Spirou qui s’appelle « Panique en Atlantique. » L’idée nous est venue de les réunir pour leur faire échanger et les faire discuter sur leurs expériences respectives d’adaptation d’un Spirou dans la série des « one-shot. »

Spirou a toujours autant de succès ?

Spirou fait parti de ce que j’appelle les monuments de la bande-dessinée. Nous sommes nombreux à avoir commencé par ce genre de séries. C’est un vrai privilège que d’avoir une affiche qui tourne autour de Spirou et Fantasio. Toute l’équipe du festival est ravie. C’est une série qui ne se démode pas d’autant qu’elle est reprise. Je crois que Spirou est la série qui a été le plus, mais surtout la mieux reprise. Tintin, qui a toujours été réalisé par Hergé s’est arrêtée à sa mort et il n’y aura vraisemblablement plus de reprise. Spirou et Fantasio quant à eux ont commencé avec Rob Vel, Jijé et Franquin. Ils sont aujourd’hui repris par une myriade d’auteurs dans deux séries : la série classique et la série des « one-shot. » C’est à la fois un monument historique mais aussi quelque chose d’extrêmement vivant repris, retravaillé, réinventé qui rend la série intemporelle.

Trouvez-vous que c’est réussi ?
Je suis un grand fan. J’ai tout les albums Spirou et je suis ravi que tous ces auteurs nous fassent le plaisir de venir au festival. Je suis particulièrement fans des derniers albums qui sont sortis tant dans la série classique que dans la série des « one-shot. »

Vous prévoyez dimanche une conférence. Ces auteurs vont pouvoir échanger entre eux ?
C’est dimanche à 15 heures où Olivier Schwartz qui a réalisé « Le groom vert-de-gris », Fabrice Parme et Lewis Trondheim qui ont réalisé « Panique en atlantique », qui sont les deux derniers albums de la série « one-shot » , vont se rencontrer pour la première fois. Ils expliqueront leur méthode et leur regard préalablement à cette adaptation. Le but est de comparer leurs expériences respectives sur ces adaptations, ce qui fera un échange très intéressant bien évidemment.

Pouvez-vous nous parler de la bande dessinée numérique ?
Il y a peu de temps, on ne savait pas vraiment de quoi il s’agissait. Aujourd’hui, c’est entrain de s’installer et de prendre une place tout à fait logique et accessible.  La bande dessinée numérique commence d’abord avec les blogs bd. On peut nommer Pénélope Bagieu, Boulet, qui nous feront l’honneur d’être là ce weekend end. On constate que la bande dessinée numérique n’est pas tout à fait une niche et n’est pas complètement fermée. Le blog de Bagieu ou de Boulet sont des blogs qui reçoivent des milliers de visiteurs par mois. Le deuxième volet de cet univers là, c’est la bande-dessinée sur écran. Les bd, autres que blogs, on peut aujourd’hui les lire sur un Ipad, sur des e-book. Ce sont vraiment des outils qui vont révolutionner la manière de s’approprier les bandes-dessinées et de les lire.

Va-t-on arriver un jour à la mort du papier ?

Je ne pense pas. Je crois qu’on a encore quelques belles années devant nous. L’univers de la bande-dessinée est composé d’amateurs et de passionnés qui ont généralement un goût pour l’objet, pour le livre. Je pense plutôt que dans ce domaine de consommation de bandes dessinée, qui est différent, le numérique va peut-être proposer, comme les vidéos à la demande, une b-d pour 24 heures et de la lire.   Cela permet de découvrir avant d’acheter les albums qui ont plu, et que l’on souhaite conserver dans une collection ou en format papier.

Les albums que l’on a maintenant, dans dix ans ils vont valoir de l’or ?

Je pense qu’ils peuvent valoir plus en tout cas. Les albums que vous achetez au moment où ils sortent sont des éditions originales qui commencent à coter, au bout de quelques années. Ce sont deux univers différents, deux modes de consommation différents mais l’un peut complèter l’autre. Il faut que les éditeurs arrivent à trouver les recettes d’un succès économique qui soient aussi flatteur pour les auteurs et leurs albums.

Il y a beaucoup d’auteurs qui seront présents ?
Oui, il y aura beaucoup d’auteurs. Il y en a 74 officiellement invités par le festival. A ceux-ci s’ajoutent tous les auteurs qui feront partis de l’espace bande-dessinée alternative, qui est une bulle à part entière. Les auteurs de blogs seront dans l’espace numérique. On reçoit cette année des gens comme Olivier Schwartz, Lewis Trondheim, Boulet, Pénélope Bagieu, des bloggeurs ou encore Franck Margerin, l’auteur bien connu de « Lucien. » Marc Wasterlain dans les anciens et les frères Jouvray dans les lyonnais. C’est donc une belle équipe avec des palettes assez variées tant graphiquement que du point de vue narratif. Cela promet une édition très riche.

Hormis les frères Jouvray qui sont lyonnais, y en a-t-il d’autres ?
Il y a pas mal de régionaux. Le festival prend tant d’ampleur car il y a un vrai patrimoine de bandes dessinées à Lyon, qui se compose d’auteurs, d’ateliers d’auteurs, de libraires passionnés , d’écoles d’arts graphiques comme l’école d’Emile Cohl ou l’école Bellecour. C’est le patrimoine qui fait qu’il y a un élan autour de la bande dessinée à Lyon depuis quelques années. Dans les auteurs il y a quelques régionaux de l’étape, comme les frères Jouvray, Ben LeBègue, B-gnet qui compose l’atelier KCS avec les frères Salsedo. Cet atelier produit les séries « Lincoln. » Ensuite vous avez des auteurs comme Nicolas Otéro qui réalise la série « Amerikkka. » Il y a un vivier d’auteurs que l’on est ravis de mettre en ava



Tags : grand lyon | festival | BD | bande dessinée |

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