Dominique Perben sort de son silence

Dominique Perben sort de son silence

Très discret depuis sa défaite aux Cantonales de mars, l’ex-leader de la droite lyonnaise a fait le point vendredi sur ses projets locaux et nationaux, mais également sur l’actualité politique brûlante, à moins d’un an de l’élection présidentielle. Compte-rendu.

Sur sa défaite aux Cantonales de mars
Battu par le candidat Lyon Divers Droite Jean-Jacques David aux Cantonales de Mars sur le 6e canton, Perben voit plusieurs raisons à sa défaite. Le report massif des votes traditionnellement dévolus à la gauche sur le maire du 6e en est une. « Le PS a envoyé sur le canton une débutante en politique pour favoriser un duel des droites au second tour », explique-t-il. S’il ne relève pas de défauts dans sa méthodologie de campagne - « c’est la première fois que j’ai fait autant de terrain », confie-t-il - la proximité conférée par son mandat de maire à Jean-Jacques David a fait, selon lui, la différence.
Le député du Rhône conserve toutefois une certaine rancoeur contre celui qui lui a fait perdre son poste de 1er vice-président du Conseil général du Rhône. « J’ai payé deux fois, confie-t-il, évoquant en plus de la Cantonale, la Municipale de 2008 qui a vu Jean-Jacques David emporter la mairie du 6e via la liste Perben. Je n’en fais pas un drame, c’est le jeu politique », reconnait-il. Perben confie d’ailleurs son sentiment. Selon lui, Jean-Jacques David, remonté par sa victoire de mars, se présentera aux Législatives de 2012 sur sa circonscription.

Sur sa candidature aux Législatives de 2012

« Je suis député. Je ne vois pas la raison pour laquelle je ne pourrais pas me représenter. » La continuité justifie la position de Dominique Perben. Il est le premier d’ailleurs a se déclarer candidat, alors que l’UMP doit officialiser la liste officielle des retenus à la fin de l’année, voire début 2012. Le député du Rhône justifie cette sortie en franc-tireur au regard de son bilan au Palais Bourbon. En particulier sur ses travaux concernant la réforme des collectivités locales et la garde à vue. Se prononcer si tôt pour un renouvellement de son mandat lui permet aussi de couper l’herbe sous le pied des ambitieux qui voudraient lui disputer le poste.
Le député du Rhône confie d’ailleurs qu’il fera le point sur sa candidature au début de l’année 2012. Il confesse craindre le probable effet multiplicateur négatif qu’aurait une défaite de l’UMP aux Présidentielles sur son contingent de députés. Et anticipe sur 150 députés au maximum pour la droite en cas de retour au pouvoir de la gauche. Il ne fait pas pour autant de la victoire en 2012 une condition obligatoire pour continuer à occuper les bancs de l’Assemblée nationale. « Etre dans l’équipe qui aura à reconstruire l’opposition peut être un challenge excitant », explique-t-il.

Sur la présidence de l’Agence de Financement des Infrastructures de Transports de France (AFITF)

Créée en 2004 sous Raffarin, à l’initiative de Gilles de Robien alors ministre des Transports, l’AFITF est un des rares établissements publics dont la présidence revient à un parlementaire. Les Voies Navigable de France font également figure d’exception, partageant ce mode de gestion singulier.
Nommé pour 3 ans, Perben honorera ses fonctions de président le 23 juin, lors du 1er Conseil de l’Agence. Créée pour faciliter une gestion pluriannuelle des crédits dédiés aux infrastructures de transports, l’AFITF bénéficie d’un budget d’un peu moins de 2 milliards d’euros, constitué à parts équivalentes de ses recettes propres et de la dotation de l’Etat. Il devrait à terme augmenter jusqu’à 2,5 milliards d’euros, bénéficiant d’une partie de la taxe poids-lourds à partir de 2013.
Perben souhaite faire évoluer l’AFITF. Il privilégie trois directions :
- Impliquer les grandes collectivités locales au Conseil d’administration, les présidents de Région en particulier.
- Mieux évaluer les projets de transports - « au niveau local, ils ne sont pas toujours évalués de manière très indépendante », critique-t-il.
- Porter la réflexion sur une nouvelle ingénierie financière - « Les Partenariats Public-Privé (PPP) constituent un premier pas », reconnait-il toutefois.
Quels effets alors pour les grands dossiers qui touchent Rhône-Alpes ? Si Perben évoque l’A 45 et le projet Lyon-Turin, il ne croit pas au contournement ouest de Lyon (COL), ni à la nouvelle ligne TGV Paris-Clermont- Lyon.
Sur le COL, il estime qu’il ne s’agit « pas d’un projet, mais d’un concept. » En effet, le contournement ouest de Lyon n’a aucun tracé fixé, même s’il figure au schéma national des infrastructure de transport. Insondable, le Conseil général, dont l’avis est consultatif sur le dossier, n’aide pas franchement à plus de transparence. En novembre 2010, il a voté un pré-tracé entre Villefranche-sur-Saône et les Olmes près de Tarare, en expliquant qu’il ne s’agissait en rien d’un pré-COL. Perben était alors encore le 1er vice-président de l’institution.
Sur le second tracé d’une ligne Paris-Lyon, le député du Rhône n’est pas un franc partisan de la méthode. Il privilégie un plus fort cadencement des lignes déjà existantes plutôt que la création d’un nouveau tracé ferroviaire. Une méthode moins couteuse selon lui.

Sur l’UMP du Rhône
Pour Perben, le constat est tranché : il manque de leader à l’UMP du Rhône. Et même si le député soutient Michel Havard pour les Municipales de 2014, il assure que le calendrier fera ou défera les futurs candidats. Le couperet : les Législatives de 2012 « En politique, seul l’agenda compte, rappelle-t-il, en briscard des combat électoraux. Et 2012 est avant 2014. ». Celui qui remportera la Législative aura toute les chances de devenir le candidat naturel de la droite aux Municipales. Havard est quoiqu’il advienne le poulain de Perben, qui ne croit pas franchement au cavalier seul d’Emmanuel Hamelin.
Le député du Rhône s’est également montré peu amène avec Philippe Cochet, le président de la fédération UMP du Rhône. Il lui reproche sa candidature en franc-tireur pour la présidence du Grand Lyon. « Sur le fond, il n’est pas idiot de vouloir dynamiser l’opposition dans l’agglomération, explique-t-il. Mais la méthodologie n’est pas la bonne. Il fallait le faire en bonne intelligence avec Buffet. » Le sénateur-maire d’Oullins, président du groupe d’opposition Ensemble pour le

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15 commentaires
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Pascal Duparc le 01/06/2011 à 13:54

@constator Je rappelle simplement que Dominique Perben et Pierre Alain Muet sont respectivement classés 17ème et 12ème dans le classement des députés les plus travailleurs (cf lyoncapitale, l'express donne à peu près les mêmes résultats) à l'Assemblée nationale. Vous avez le droit de trouver que les rémunérations des députés sont excessives, mais visiblement le député de la 4ème circonscription de Lyon (comme son collègue de la 2nde) font leur travail sérieusement et efficacement. Les autres députés du Rhône sont dans les tréfonds du classement. Qu'entendez-vous par inutile à la collectivité ?

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logiquedelyon le 01/06/2011 à 09:26

Dominique Perben est le seul homme d'envergure de la droite lyonnaise et à ce titre, le seul à pouvoir actuellement l'emporter dans sa circonscription. @union des misérables perdus !!! UMP : David n'a aucun charisme, aucune compétence, comment peut on miser sur ce type ?

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union des misérables perdus !!! UMP le 31/05/2011 à 22:17

IL perdra aux législatives contre David... Allez il faut partir Dominique ... Il n'a pas de figure pour donner des conseils. Grâce à lui et les mêmes UMP & michel havard, gérard peut dormir tranquiil pour garder son fauteuil à la Mairie...

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Constator le 31/05/2011 à 08:51

L'exemple même de l'élu inutile pour la collectivité. Comme grand nombre de ses camarades de parti ou pas d'ailleurs, il est l'exemple même du gaspillage de l'argent public. Aucune utilité à la collectivité et pourtant il coûte très cher à la collectivité.

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Farfadet le 30/05/2011 à 20:40

Mr Perben n'a rien compris aux deux message des Lyonnais. Tout d'abord en 2008 aux municipales ou jamais la droite n'avait pris une telle déculottée. Ensuite récemment au Cantonnale de 2008, ou il se voyait réelu dans un fauteuil au poste de vice- président.Les Lyonnais n'aime pas les parachutés, qu'il retourne dans sa bonne ville de Chalon sur Saône qu'il n'aurait jamais du quitter.Ras le bol de ses barons qui se croit intouchables. Place aux jeunes qui eux peuvent conserver cette circonscription à la droite.Mr Perben faites nous plaisir quitter la ville de LYONet ne vous en occuper plus jamais.....

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Nora le 30/05/2011 à 19:45

Monsieur Perben a droit au repos et à la retraite.Dehors!

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Joseph le 30/05/2011 à 19:10

Il existe une coutume en politique : plus on se ramasse, plus on est tout simplement et démocratiquement sanctionné par les électeurs plus on donne des conseils et on se re-présente aux prochaines élections.... C'est marrant ça...

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marie le 30/05/2011 à 18:42

@ logique de Lyon : A quoi servent ces organismes comme : AFITF, CESE, CSA, DDM, INA, ADEME, CESR, AFSSAP, ASN, CNLE... ? (voir annuaire = http://www.lesannuaires.com/annuaire-administration-fonction-publique.html ). A rien ; sauf à recaser ou caser des amis . Les politiciens de gauche comme de droite s'en servent uniquement pour cela. A l'heure où il faut faire des économies : il faudrait supprimer tous ces agences/conseils/instituts.... inutiles et chers pour les contribuables.

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droite le 30/05/2011 à 18:42

Quand on regarde le paysage politique lyonnais, Perben est le seul a avoir une stature d'homme politique, c'est un Homme d'Etat, quelqu'un qui a une vision. On ne peut pas en dire autant de tout ces chefaillons qui font du bruit car ils n'ont rien a dire... Perben est usé, mais on a bien du mal a trouver quelqu'un qui lui arrive a la cheville...

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lulu le 30/05/2011 à 18:09

Monsieur Perben décidément ne comprend rien ni à la politique ni aux lyonnais.... Les Conseils venant de lui on s'en passe et son soutien aussi ca porte la poisse!! il n'est pas visionnaire ... Quant aux municipales il soutient Havard (pour l'instant...) c'est pas bon signe et quant à HAMELIN il n'est pas seul et j'en veux pour preuve des centaines de lyonnais adhèrent à sa démarche il avance il bosse lui il fait son travail d'élu d'opposition COntinuez Monsieur HAMELIN vous avez les compétences et toutes les chances!!!

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carliergeorges le 30/05/2011 à 17:49

La droite lyonnaise a plein de talents le temps de Perben est termine et un énarque de moins en politique

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logique de Lyon le 30/05/2011 à 15:57

@Marie : pour votre information, les présidents de l'AFITF sont forcément des parlementaires... c'est dans les statuts de l'Agence. Il ne s'agit donc pas d'un cumul, mais d'une charge supplémentaire pour le député. C4est mieux de s'informer avant de critiquer non?

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logiquedelyon le 30/05/2011 à 13:58

@thomas : c'est vrai. Il a également perdu les voix potentielles du FN en se positionnement clairement entre les deux tours des cantonales pour un Front républician. Une prise de position courageuse qui lui a sans doute fait perdre quelques centaines de voix

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marie le 30/05/2011 à 13:42

de ces politiciens qui ne pensent qu'à cumuler : 1/ se représenter comme député en 2012, 2/ des mandats de député et de président de l'AFITF. Ras le bol de ces politiciens cumulards : hommes de la soixantaine qui ne pensent qu'à leurs intérets et leurs indemnités ! Messieurs Perben, Mercier, Collomb, Queyranne, Philipp ... cessez de squatter les mandats/fonctions et indemnités et laissez la place aux autres ... De l'air frais et jeune ferait du bien à la politique locale et nationale , à droite comme à gauche.

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Thomas le 30/05/2011 à 12:10

Analyse politique pertinente mais rappelons aussi que JJ David a bénéficié des voix anti-ump de l'électorat de droite qui avait voté Sarkozy en 2007 ! Un dossier des retraites toujours pas digéré..

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