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Un décor campagnard pour Antigone version Morin aux Nuits de Fourvière - Lyonmag

Les Nuits de Fourvière mettent Antigone à la campagne

Un décor campagnard pour Antigone version Morin aux Nuits de Fourvière - Lyonmag

La pièce de Sophocle est proposée jusqu'à mercredi dans le cadre du festival des Nuits de Fourvière 2013.

Le site choisi pour jouer Antigone est totalement inédit dans l'hsitoire du festival. Il s'agit du sommet des ruines, un ensemble appelé Temple de Cybèle. Une gentille petite tribune de bois et de fer a été dressée face à une vue imprenable sur Lyon et les Alpes, elle peut accueillir environ 200 spectateurs.
Les ruines antiques de Fourvière ne sont pas coutumières du fait. L’œuvre jouée ici est plus ancienne que le site, les mots de Sophocle sont vieux de deux millénaires. Et dire qu'ils n'ont pas pris une ride est un lieu commun.

C'est l'actuel directeur du théâtre voisin du Point-du-Jour Gwenael Morin qui met en scène cet Antigone. Il a choisit pour ce faire une traduction toute récente de Malika Hammou et Irène Bonnaud. Et il a décidé d'inverser les sexes : Antigone est un homme (Julian Eggerickx), tout comme sa soeur Ismène (Renaud Béchet), tandis que Créon est une femme (Virginie Colemyn), tout comme Tirésias (Natalie Royer). Le décor, fait de bois, est on ne peut plus minimaliste. Thèbes est simplement représentée par une muraille de papier tendue dans le pré. Et l'on sent l'herbe, le foin et le vent qui souffle sur la colline.
Le rendu est très surprenant, mais saisissant.
Tous les acteurs livrent une prestation prenante. La proximité avec le public permet de s'assurer de leur implication totale. Ils vivent leur texte à s'en faire pleurer. Et malgré la vue sensationnelle sur Lugdunum, on est totalement saisi quand Antigone hurle dans les ruines en se demandant quelle loi divine elle aurait enfreinte, mais seul l'écho du théâtre antique lui répond. Créon livre également une interprétation très profonde, car il est étonnant d'entendre une femme qui crie que jamais un homme ne doit se soumettre au sexe opposé avec toute la rage de celle qui en est convaincue.

Autre excellente surprise de cette pièce, le choeur participatif qui fait une entrée disséminée dans les ruines pour ne plus quitter les protagonistes en venant chanter nez-à-nez avec le premier rang quand vient son tour de se lamenter sur les drames que vit la famille de Thèbes, décimée tragiquement.
Le texte on le connaît, il est la tragédie grecque par excellence : Antigone, incapable de le voir dévorer par les charognards, est condamnée à mort par Créon pour avoir voulu ensevelir le corps de son frère malgré l'interdiction royale. S'en suit une série de drames et de morts que rien n'arrêtera jusqu'au terme. Les dieux se sentent trahis et punissent les hommes, faire jouer cela sur une colline qui longtemps pria plusieurs divinités avant qu'un seul ne l'emporte sur les autres est une idée formidable. A voir donc.
Antigone est jouée tous les soirs jusqu'à mercredi, à 19h.



Tags : nuits de fourviere | 2013 | antigone | gwenael morin | théâtre |

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