Un Lyonnais invente la démocratie 2.0

Un Lyonnais invente la démocratie 2.0
DR

Virgile Deville, 25 ans, entend bien révolutionner le système démocratique. Accompagné de deux amis argentins ayant créé le logiciel DemocracyOS, le Lyonnais a importé le concept en France. La plate-forme citoyenne participative commence à prendre une ampleur grandissante.

Tout commence en Argentine en 2013, à Buenos Aires. Tous les deux âgés de 33 ans, Pio Mancini et Santiago Siri créent le "partido de la red".Travaillant à l’époque pour une agence de pub, Virgile Deville fait la rencontre des deux activistes et décide de participer à leur cause. Dans celle-ci, le débat est ouvert et n’importe quel citoyen peut participer en donnant ses propres idées. Pour matérialiser cette ambition, ils lancent DemocracyOs, logiciel gratuit en open source. La mission principale que s’est lancée le projet consiste à "communiquer plus souvent avec les citoyens, agir en les consultant et en débattant avec eux sur Internet", résume le Lyonnais.

Au bout de trois mois, plus de 20 000 personnes participent sur DemocracyOS, "une brèche est ouverte au sein de la scène politique argentine", clame son cofondateur. La preuve en est que Ted, série de conférences internationales, appelle Pio Mancini pour qu’elle vienne parler de ses travaux à Rio de Janeiro. En quelques semaines, la vidéo de son intervention fait plus d’un million de vues sur la toile.

Une fois rentré en France, Virgile Deville décide de reproduire ce modèle dans l’Hexagone. Une quinzaine de personnes répondent présents à l’appel lancé et permettent la création d’une association. À partir de là, "il fallait faire connaître cet outil et créer des documents pour renseigner les gens". Les militants essayent donc de se pencher sur la réforme des collèges ou la loi sur le renseignement pour les rendre plus claires et transparentes aux yeux des citoyens. Le Lyonnais va plus loin : "l’année dernière, on a fait une simplification sur le texte du climat et on a eu beaucoup de participations". Au total, 2000 votants étendus sur plus de 40 pays ont participé.

DemocracyOS, mais pour quoi faire ?

Concrètement, cette association permet à ceux qui souhaitent de laisser leur avis, voter des propositions citoyennes, et resserrer un lien de plus en plus fragile entre l’individu et sa communauté. Par ce procédé, les acteurs politiques peuvent être influencés sur leurs décisions, mais ils ont également la possibilité de mieux comprendre les attentes de leurs habitants.

Aujourd’hui, DemocracyOS travaille avec Nanterre en banlieue parisienne. "Ils veulent être capables de prendre des décisions avec leurs citoyens, et souhaitent un outil qui leur permettent de construire la politique de la Ville", se réjouit-il. Si la plate-forme n’est installée que depuis une semaine sur Internet, l’ancien publicitaire a de bonnes raisons de penser que le projet va fonctionner dans une commune qui s’est d’elle-même tournée vers eux.

Tout sauf naïf, Virgile Deville sait néanmoins qu’il n’est pas dans la nature de la majorité des gens de laisser un avis sur un site. De même : "il est très complexe de mettre en place ce genre de système dans une ville, ça demande du temps et il faut une volonté politique".

Le jeune homme a toutefois saisi les enjeux de son époque et le fort potentiel que peuvent avoir les nouvelles technologies. C’est certainement grâce à ce genre de plates-formes immatérielles que la démocratie peut adopter un nouveau visage. Plus ouvert, avec davantage de collaboration. Le Lyonnais précise : "l’idée, c’est vraiment que ça soit accessible à tout le monde, sinon ce n’est pas démocratique. Grâce aux nouvelles technologies, on peut faire des systèmes beaucoup plus agiles et à l’écoute des citoyens".

Pour la suite des aventures, les objectifs de DemocracyOS sont simples : "consolider la communication, organiser des évènements, continuer à monter des projets ambitieux". Par exemple, les activistes désirent s’approcher de partis politiques ou de grandes associations telles qu’Amnesty International.

Si Virgile Deville est président de DemocracyOS depuis maintenant un an, échanger de rôle ne le dérangerait pas. Bien au contraire, il aimerait bien "que les responsabilités tournent pour que, justement, ça soit démocratique". Un terme que l’association à but non lucratif érige en principe fondateur.

Tags :

democracyOS

1 commentaire
Laisser un commentaire
avatar
UneRousse le 16/03/2016 à 23:54

Très intéressant ce Virgile Deville, merci pour l'article ! A suivre... Bientôt à Lyon ??

Signaler Répondre

Laisser un commentaire

Si vous avez un compte Lyon Mag, connectez-vous.
Nous ne vous enverrons pas d'email sans votre autorisation.