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Portrait : Myriam Picot, la future Bâtonnière des avocats lyonnais

A 55 ans, Me Myriam Picot va devenir la première femme bâtonnier de Lyon. Portrait.

“Une nouvelle barrière vient de tomber. Car si les femmes sont aujourd’hui très nombreuses à être avocates, elles restaient en retrait. Mon élection est donc un symbole qui va faire avancer les choses.” C’est la première réaction de Me Myriam Picot après avoir été élue première femme bâtonnier du barreau de Lyon qui compte aujourd’hui plus de 2 300 avocats. Et c’est cette avocate lyonnaise qui représentera cette profession à partir du 1er janvier 2010. Une belle victoire pour cette blonde au look soigné qu’un ancien bâtonnier décrit comme un mélange de “douceur et de rigueur, de présence et de distance, d'humanisme et de professionnalisme mais aussi de fidélité à ses idées et d'ouverture”. Un vrai paradoxe.
“Au fond, ce n’est pas facile de la cerner car si on s’en tient aux apparences, elle peut être assez déroutante “ ajoute une de ses consœurs.
Née en 1953 à la Croix-Rousse dans une famille de fonctionnaires des impôts, elle habite avec ses parents, rue du Palais de Justice. Prémonitoire. D’ailleurs, très jeune, elle a “un sens aigu de la justice” dont une grande “sensibilité aux inégalités”. Et déjà elle veut être utile et s’engager. Elle commence à s’intéresser à la politique en mai 68, alors qu’elle est en seconde. La jeune Myriam va alors manifester pour le droit à l’avortement, contre la peine de mort en Espagne... Et décider de devenir avocate. “J’hésitais avec le journalisme mais je trouvais que les avocats affichaient plus clairement leur engagement.” Après avoir expédié ses études de droit, elle passe son CAPA et prête serment à 21 ans. En profitant tout de même de ses années fac pour rencontrer son mari, Pierre Masanovic, un avocat très engagé à gauche qui deviendra le défenseur officiel de la CGT.



Action Directe
“A l’époque, j’ai très vite ressenti que le fait d’être une femme était un handicap dans la profession. D’ailleurs, quand je me suis présentée au bâtonnier, il s’est exclamé “encore une femme !” Ce n’était pas évident de s’imposer. Surtout à 21 ans. Face aux juges mais aussi face aux clients. J’avais l’impression d’être vue comme femme avant d’être vue comme une avocate.” Depuis, cette profession a évolué. Aujourd’hui les femmes sont même majoritaires au barreau de Lyon.
Très vite, Me Picot ouvre son propre cabinet avec trois autres associés. Elle plaide pour des antimilitaristes, des salariés aux prud’hommes, pour des locataires... Mais c’est en 1984 qu’elle acquiert une certaine notoriété en défendant Action Directe, un groupuscule terroriste qui sévissait à Lyon dans les années 70.  Mais son objectif est toujours resté le même : “faire avancer le droit en obtenant que les nouveaux droits soient réellement appliqués sur le terrain”. Exemple, elle va se battre pour faire reconnaître le viol en tant que crime. “C’était dans la loi, mais en 1974, toutes les affaires de viol passaient en tribunal correctionnel et pas aux Assises.”
Si elle a remporté quelques beaux succès, elle se souvient aussi de certains échecs douloureux. “Notamment une affaire où un jeune du boulevard des Etats-Unis a été incarcéré pour une affaire de vol de carte bleue avec violence. Il correspondait au signalement de l’agresseur mais je reste persuadée qu’il n’y était pour rien. Il était simplement au mauvais moment au mauvais endroit. Un innocent qui se fait condamner, ça reste toujours un échec cuisant. Mais la justice est humaine, donc faillible.”

Corrida
Associée avec quatre autres avocats dont son mari, Me Picot a installé son cabinet dans un immeuble moderne près de la place Jean-Macé dans le 7e arrondissement. Un cadre très contemporain : bureau en verre sur lequel sont entassés des dossiers bien rangés, grande baie vitrée d’un côté et de l’autre un mur entièrement rouge, sa couleur préférée. Un grand tableau, rouge également, peint par une de ses clientes, est accroché mais aussi une photo du torero “El Cid”. Car la corrida, c’est sa passion. “Je vais tous les étés aux arènes de Dax, de Nîmes ou d’Arles. Pour moi, ceux qui critiquent n’ont jamais vu de corrida. Ou alors ils ne connaissent pas les règles”. Et ça ne la choque pas que les taureaux soient tués. “Pour moi, ce sont ceux qui ont la plus belle vie. Ils vivent 4 à 5 ans en liberté avant d’entrer dans l’arène. Alors que ceux destinés à la boucherie grandissent dans des box avant d’être égorgés en série.” Egalement passionnée de montagne, elle grimpe chaque année à plus de 4 000 mètres avec un guide, ancien gendarme de haute montagne. “Sur les glaciers, j’ai l’impression d’être au paradis” explique la nouvelle bâtonnier de Lyon.

Une personnalité, c’est certain. Et on se demande même si parfois, elle n’en rajoute pas un peu pour tenir ses interlocuteurs à distance (lire encadré). Comme si elle avait un peu peur qu’on la trouve sympa ! Une certitude, la nouvelle bâtonnier est toujours engagée mais plus dans la distance. La maturité, sans doute. Exemple, vis-à-vis de son mari avocat de la CGT, elle assume mais elle fixe la règle : “On ne travaille pas sur les mêmes affaires et il n’y a pas de mélange des genres. Bien sûr, on doit gérer ensemble le cabinet mais pour moi, travailler avec mon mari, c’est plutôt sympa.” Ensemble, ils ont eu une fille et un garçon. Celui-ci pourrait d’ailleurs devenir avocat bien sûr.

Laurent Sévenier

Sa qualité : “Je suis pas nombriliste. Mes qualités, il vaudrait mieux les demander à d’autres. Sinon, j’en ai des tas !”
Son défaut : “Je n’ai pas le sens de l’humour, à mon grand regret. Les intellos aiment généralement Woody Allen mais moi, je me suis toujours emmerdée devant ses films.”
Son obsession : “Je suis pas obsessionnelle.”
Son objectif : “Etre utile.”
L’homme de sa vie : “Aujourd’hui, c’est mon mari.”
Son livre : “Il y a des livres fondateurs comme “Le deuxième sexe” de Simone de Beauvoir, et d’autres que je pourrais lire et relire comme “Lettre à D” d’André Gorz.”
Son artiste : &l



Tags : Myriam Picot | bâtonnier |

Commentaires 4

Déposé le 03/06/2017 à 07h29  
Par Arc en ciel Citer

L oeil omniscient aime les torrent quel gâchis très décevant

Déposé le 16/02/2012 à 08h58  
Par jm Citer

Venant du sérail et ultra compatible avec le régime, à part la justice, que demande le peuple.

Déposé le 16/02/2012 à 01h14  
Par Dieu Citer

il faudrais plus de femme com elle dans le monde entier Ave Myriam

Déposé le 16/02/2012 à 01h12  
Par Dieu Citer

il faudrais plus de femme com elle dans la majistrature francaise et dans le monde Ave Myriam

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