Contributions 30-01-2012 à 07:57
Eric Pelet
Le principal adversaire de Nicolas Sarkozy, c’est l’accélération du temps. Nos compatriotes ne vivent dorénavant que cinq années avec un président de la République - cette période est d’autant plus courte lorsqu’elle correspond à un premier mandat. Cette dernière décennie, le temps politique s’est comme contracté et même l’échéance quinquennale paraît déjà longue à nombre de Français, adepte du changement systématique. Auparavant, le désamour pour un chef d’état en exercice ne se manifestait pas avant une dizaine d’années. Ce fut le cas pour François Mitterrand qui a perdu subitement l’aura politique qu’il exerçait, bien au-delà de sa majorité naturelle, à l’orée des années 90. Pour Chirac également, mais qui parvint à atteindre les treize ans de pouvoir suprême par l’effet du 21 avril 2002. Giscard, comme Sarkozy aujourd’hui, connut la désaffection du corps électoral vers sa cinquième année de mandat, même s’il gouverna encore deux années pour achever son septennat.
Ce que l’on observe en société, dans le domaine des relations
professionnelles ou de couple, se vérifie désormais en politique. La
durée est chassée comme une faculté inutile et pesante, le temps
s’accélère, se démultiplie en séquences parfois contradictoires, dont on
se persuade qu’elles s’additionnent valablement alors qu’au final elles
auront souvent soustrait l’essentiel. Le temps est un tyran qui nous
impose de suivre son rythme coûte que coûte. Ainsi à la première dispute
on divorce, à la moindre promesse de la concurrence on démissionne, au
retour de la crise on change de président. Ce refus du modèle précédent
fondé sur l’idée d’une construction progressive, de l’effort dans un
mouvement plus long, explique sans nul doute une grande partie des
mauvais sondages d’opinion de Nicolas Sarkozy. L’homme n’a certes pas
été exempt de certaines erreurs de comportement, mais jugées à l’aune de
l’Histoire, elles seront considérées un jour comme dérisoires au regard
des efforts qu’il aura accomplis pour juguler le marasme financier,
maintenir le statut de la France dans le monde et adopter des réformes
importantes. L’expérience, l’autorité, la volonté sincère qui animent le
chef de l’Etat sont pourtant sans influence sur sa faible cote de
bonnes intentions.
Or la popularité en politique, invention contemporaine, procède aussi du
phénomène de mode, autre conjugaison factice du temps. Si une majorité
de Français semblent désormais autistes au discours, au bilan, à la
personne du chef de l’Etat, c’est parce qu’ils n’envisagent plus la
durée comme une donnée normale de la vie politique nationale. Seule la
promesse d’un changement rapide de la figure présidentielle et de tout
ce qui l’accompagne est de nature à les rassasier, alors même qu’ils
savent que leurs problèmes perdureront voire s’aggraveront. Mais le
temps dévore tout, il impose au citoyen ce sacrifice présidentiel sur
l’autel de la République. Les prochaines élections permettront
néanmoins de vérifier si cette funeste loi a un caractère irréversible.
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Commentaires 3
Déposé le 01/02/2012 à 14h03
Par sdf Citer
Nous nous connaissons peu ou pas. Peut importe, je trouve votre article intéressant sur le fond et sur la forme. Mais comme beaucoup de français souffrent chacun ont leur histoire, toutes sont dures.. j'ai du mal à croire aux politiques.. Mais je reconnais qu’ après les avoir écoutés tout un chacun ainsi que Mr Sarkozy, lors du « Replay de TFI : Résumé Nicolas Sarkozy a répondu aux questions de 11 Français lundi 25 janvier 2010 soir sur TF1. Une émission présentée par Jean-Pierre Perrault . »
Vouloir faire face à toutes ces difficultés, le rôle d'un président des français revient à être le patron d'une grande entreprise en faillite. Cette entreprise porte comme enseigne « LA France ». Je ne leur envie pas cette place même avec un jet privé… S’ILS SONT SINCÈRES DANS LEURS DÉMARCHES quelques soit leurs appartenances politiques. Et c’est là ou je doute…. Je suis peut-être lâche en ne voulant pas aller voter. N’importe quel patron et gérant d’une PME serait en redressement judiciaire et probablement en prison avec de telles erreurs de gestion depuis 30 ans,15 de gauche et 15 de droite pour faire simple !
Bien à vous
Eliz Moulin
Déposé le 01/02/2012 à 02h42
Par eliz.m Citer
Nous nous connaissons peu ou pas. Peut importe, je trouve votre article intéressant sur le fond et sur la forme. Mais comme beaucoup de français souffrent chacun ont leur histoire, toutes sont dures.. j'ai du mal à croire aux politiques.. Mais je reconnais qu’ après les avoir écoutés tout un chacun ainsi que Mr Sarkozy, lors du « Replay de TFI : Résumé Nicolas Sarkozy a répondu aux questions de 11 Français lundi 25 janvier 2010 soir sur TF1. Une émission présentée par Jean-Pierre Perrault . »
Vouloir faire face à toutes ces difficultés, le rôle d'un président des français revient à être le patron d'une grande entreprise en faillite. Cette entreprise porte comme enseigne « LA France ». Je ne leur envie pas cette place même avec un jet privé… S’ILS SONT SINCÈRES DANS LEURS DÉMARCHES quelques soit leurs appartenances politiques. Et c’est là ou je doute…. Je suis peut-être lâche en ne voulant pas aller voter. N’importe quel patron et gérant d’une PME serait en redressement judiciaire et probablement en prison avec de telles erreurs de gestion depuis 30 ans,15 de gauche et 15 de droite pour faire simple !
Bien à vous
Eliz Moulin
Déposé le 31/01/2012 à 18h40
Par tsunami Citer