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Les époux Humbert devant la cour d’Assises de Lyon

Jeudi s'ouvre à la cour d'Assises de Lyon la deuxième journée du procès Humbert, cette sordide affaire de matricide qui  relance le douloureux débat sur l'accompagnement des personnes en fin de vie.

La question est sur toutes les lèvres. Parties civiles, experts, avocats jusqu'aux accusés, Josiane et Guy Humbert, poursuivis respectivement pour « assassinat et tentative d'assassinat » et « complicité d'assassinat » sur la personne de Suzanne Michel, mère et belle-mère des deux prévenus, atteinte de sclérose en plaques. Comment, enfermée depuis 18 ans dans la vieillesse valétudinaire de sa mère à Villé-Morgon, Josiane Humbert a pu passer à l'acte ce jour de fête des mères du 29 Mai 2005? Quel mécanisme de détresse psychologique a pu pousser cette femme à commettre l'irréparable sur sa génitrice?

Le Comment plus que le Pourquoi?

Car, à ne pas s'y tromper, aucune motivation crapuleuse n'explique le passage à l'acte. Comme l'a souligné hier Yamina Castelli, avocate de Josiane Humbert : « Je crois que si on aborde le terrain financier, on est à côté du procès. Au contraire, l'allocation ''tierce personne'' qui était allouée à Mme Humbert a été remboursée par ses soins après le décès de sa mère.» Pourtant décrite dans l'instruction du juge Bernard Grain comme « une femme intéressée par l'argent », Josiane Humbert  apparaît également comme « déterminée et dominatrice, particulièrement à l'égard de son mari » Guy Humbert, témoin muet de l'étouffement de sa belle mère.
Ou se situe la vérité dans cette opacité contradictoire qui tisse le portrait de Josiane Humbert?

L'euthanasie unanimement repoussée.

A la différence de l'affaire homonyme de 2003, ce procès n'est pas celui de l'euthanasie. Me Braillon, avocat de Lisa-Marie et Marie-Laure, les deux filles de Josiane Humbert, est catégorique : « Nous ne sommes pas du tout sur une affaire d'euthanasie, c'est un geste égoïste plutôt qu'un geste de délivrance de la souffrance de la grand-mère.» Une idée mise de côté aussi par l'avocate de Josiane Humbert : « Je ne plaiderai pas la relaxe parce que l'acte de Mme Humbert est interdit par la loi et que l'on est pas dans le cadre d'une euthanasie souhaitée, décrite ». Une vision partagée par les parties civiles, qui n'ont jamais été dans la confidence d'un tel désir morbide de la part de la victime.

L'amour fusionnel en question?

Quand Jean Canterino, expert-psychiatre du tribunal, évoque le couple Humbert, il appuie sur leur fragilité  : « J'ai trouvé des gens très désemparés, qui avaient été complètement noyés par la situation, et qui n'étaient absolument pas à même de pouvoir gérer les choses.» Une théorie qu'il étaye : « ce sont des gens qui regrettaient ce geste, il n'y avait aucune militance ni prosélytisme.» Un argument qui reste faible pour Henriette, la sœur de la victime : « Quand Josiane Humbert disait ''c'est de la carne'' ou ''il faudra la tuer'', ''elle va jamais crever'', elle parlait comme ça de sa mère devant nous.»

L'ambivalence de Josiane Humbert interpelle. Qu'est-il à retenir de la personnalité forte décrite par le juge d'instruction? Peut être son orgueil, qui l'a poussé à gérer seule la maladie de sa mère, sans compétences médicales particulières : « c'est certain qu'elle n'admettait pas la présence d'un tiers » souligne Me Castelli. Ce tiers, personnel médical ou maison de retraite, qui a fait défaut tout au long de la fin de vie de la victime. Alors pourquoi se passer d'experts? « Il y a quelque chose de l'ordre de la toute puissance chez Mme Humbert et quand la toute puissance s'aperçoit qu'elle n'est pas toute puissante, et bien cela fait de beaucoup de dégâts.» Le point de vue médical de l'expert psychiatre, à travers le prisme de la pathologie, conclut sur une affaire banale, provinciale, avec son scénario à la Chabrol et sa fin tragique.
La parole est aujourd'hui aux amies de la victime et aux amis du couple. Vendredi, les réquisitions, les plaidoiries des parties civiles et de la défense, et le verdict attendu en fin d'après midi viendront clore une affaire douce-amère, terrible, où amour et mort se mêlent sans se différencier.



Tags : Humbert |

Commentaires 1

Déposé le 15/10/2009 à 15h40  
Par regisfoillard@wanadoo.fr Citer

affaire imbert

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