Une situation pour le moins paradoxale. Le frère cadet de l’auteur de l’attentat d’Arras, survenu en octobre 2023, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un imbroglio judiciaire et administratif entre assignation à résidence à Lyon et procédure d’expulsion vers la Russie.
Âgé de 16 ans au moment des faits, ce jeune homme – prénommé Osmane (prénom modifié) – avait été remis en liberté le 16 avril après deux ans et demi de détention provisoire. La justice antiterroriste avait décidé de l’assigner à résidence sous bracelet électronique à Lyon, avec interdiction de quitter la ville.
Mais à peine sorti de prison, le scénario a basculé. Selon son témoignage à l’AFP, le jeune homme n’aura goûté qu’une demi-heure à la liberté. "Je ne comprends plus rien. Ça n’a pas de sens", explique-t-il. "J’ai été libéré avec un contrôle judiciaire et une interdiction de quitter Lyon […] et à peine une trentaine de minutes de liberté plus tard, j’ai été arrêté."
Il est alors conduit non pas à Lyon, mais au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, dans le cadre d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en vue d'une expulsion vers la Russie.
Une décision difficile à comprendre
Cette mesure d’expulsion, prise quelques jours plus tôt, suscite son incompréhension totale. "On me dit que je suis obligé de quitter la France. C’est totalement illogique", affirme-t-il à l’AFP.
Le jeune homme souligne que sa remise en liberté a été décidée par plusieurs magistrats antiterroristes, décision confirmée en appel avec interdiction de quitter Lyon. Une contradiction qu’il résume ainsi : "Ça n’a ni queue ni tête."
Un recours contre l’OQTF a été déposé et doit être examiné prochainement.
Une expulsion vers la Russie en question
Mis en examen pour complicité d’assassinat et tentatives d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste, ce qu’il conteste, il est soupçonné d’avoir notamment aidé son frère à manipuler une arme blanche.
Pour rappel, le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, son frère aîné avait tué le professeur Dominique Bernard dans un lycée d’Arras, une attaque qui avait profondément marqué le pays.
L’enquête judiciaire est désormais terminée, mais la date du procès n’a pas encore été fixée. Arrivé en France à l’âge de deux ans, le jeune homme met en avant son enracinement dans le pays. "J’y ai fait toute ma scolarité", explique-t-il, tout en évoquant ses craintes quant à un retour en Russie, notamment en raison de ses origines ingouches.
Sa rétention administrative a été prolongée jusqu’à la mi-mai, dans l’attente d’une éventuelle expulsion.
Faut le laisser en France😉
Signaler RépondreDehors !!!
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