Accusé d'antisémitisme, un professeur de Lyon 2 conteste sa suspension : le Conseil d'État lui donne tort

Accusé d'antisémitisme, un professeur de Lyon 2 conteste sa suspension : le Conseil d'État lui donne tort

Le Conseil d'État a confirmé ce mercredi 4 novembre la suspension à titre conservatoire de Julien Théry, professeur d'histoire à l'université Lyon 2. L'enseignant avait été écarté après la publication de messages controversés sur les réseaux sociaux, dont un montage jugé "manifestement antisémite" par la plus haute juridiction administrative. Son recours a été rejeté.

La suspension de Julien Théry était-elle justifiée ? Pour le Conseil d'État, la réponse est oui.

Le professeur d'histoire de l'université Lyon 2 avait été suspendu à titre conservatoire le 3 décembre 2025, après plusieurs publications sur Facebook ayant déclenché une polémique nationale.

L'enseignant avait décidé de contester cette mesure devant la plus haute juridiction administrative française, demandant l'annulation de l'arrêté pour excès de pouvoir.

Mais dans une décision rendue ce mercredi 4 novembre, le Conseil d'État a rejeté sa requête, estimant que la suspension respectait les dispositions légales et celles du code de l'éducation.

Une liste de personnalités qualifiées de "génocidaires"

L'affaire avait éclaté en novembre 2025, lorsque la Licra avait dénoncé une publication Facebook de l'enseignant.

Julien Théry avait diffusé une liste des "20 génocidaires à boycotter en toutes circonstances", visant plusieurs personnalités ayant signé une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron avant la reconnaissance de la Palestine.

Parmi les personnes citées figuraient notamment l'animateur Arthur et l'actrice Charlotte Gainsbourg.

Le syndicat étudiant UNI avait ensuite retrouvé un montage publié par le professeur en janvier 2024, reprenant des représentations antisémites.

Dans sa décision, le Conseil d'État qualifie ce montage de "manifestement antisémite".

Le professeur dénonçait une décision politique

Pour obtenir l'annulation de sa suspension, Julien Théry faisait valoir que les publications reprochées relevaient de sa vie personnelle et non de son activité universitaire.

Il estimait que les faits invoqués ne présentaient pas un degré suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier son éviction.

L'enseignant accusait également l'université d'avoir pris cette décision uniquement pour mettre fin à une polémique nationale.

Une argumentation qui n'a pas convaincu le Conseil d'État.

La juridiction relève notamment que les publications avaient provoqué "une polémique d'ampleur nationale", tandis que l'université Lyon 2 avait reçu de nombreux messages hostiles et virulents.

Elle souligne également le contexte particulièrement sensible depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les demandes financières également rejetées

Au terme de son examen, le Conseil d'État considère que Julien Théry "n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il attaque".

La suspension à titre conservatoire est donc maintenue à l'issue de ce recours.

Les demandes financières formulées par le professeur ont également été rejetées.

Cette décision confirme la légalité de la mesure conservatoire prise par l'université, sans constituer en elle-même une sanction disciplinaire définitive.

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Julien Théry

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