Meirieu : « Nous ne serons pas un mouvement de godillots »

Meirieu : « Nous ne serons pas un mouvement de godillots »

Alors que samedi se tiennent à la Cité internationale les Assises nationales des Verts et d’Europe écologie, le vice-président de la région Rhône-Alpes est revenu sur les raisons de cette re-naissance. Forts d’excellents résultats aux Européennes de 2009 et aux Régionales de 2010, ceux que nous rangeons sous l’appellation fourre-tout des « Verts - Europe écologie » gagneront certes en identité, mais également en efficacité. C’est en tout cas le souhait de Philippe Meirieu, alors que les Cantonales de 2011 auront valeur de temps de passage des écologistes, à moins de deux ans des Présidentielles de 2012. Interview.

Lyon Mag : Comment vont se dérouler les Assises des Verts - Europe écologie prévues samedi ?
Philippe Meirieu :
C’est une journée qui va démarrer dès le début de l’après-midi. Nous recevrons les journalistes et les invités qui arrivent de toute la France, et au delà. Nous attendons des écologistes du monde entier : européens, africains, d’Amérique du Sud, d’Australie. A partir de 14h, il y aura la présentation de notre nouveau mouvement. Nous présenterons les axes forts de notre politique pour les années à venir. Nous allons aussi voter pour le choix de notre nom. Il sera choisi par les participants qui sont directement dans la salle et par ceux qui chez eux pourront voter par internet.

A l’heure actuelle, vous ne savez pas encore quel nom prendra ce nouveau mouvement ?

Il y a cinq noms qui sont proposés aux participants. Nous aurons ainsi une identité à la fin de l’après-midi de samedi. Le mouvement, lui, est déjà constitué, même si le choix du nom est aussi hautement symbolique.

C’est assez original comme méthode ?

C’est aussi une manière de symboliser la façon dont nous souhaitons fonctionner en politique. Nous associerons le plus possible, et en direct, nos militants à nos décisions. Le choix d’un nom n’a évidemment pas de grandes conséquences politiques. Mais nous comptons bien mettre en place au sein de notre mouvement, et sur la durée, une vraie consultation permanente sur tous les grands enjeux en utilisant les nouvelles technologies : par internet, par les forums, que nous appelons dans nos statuts « agora. » Nous ne serons pas qu’un mouvement de godillots, dans lequel des personnes prennent des décisions en haut pendant qu’en bas, on exécute. La démocratie interne doit être très forte et dynamique. Le débat doit être vivant et constructif.

Quels sont alors ces cinq noms en concurrence ?
Nous ne les avons pas encore dévoilés ! Nous les rendrons publics le moment venu. Ne vous attendez pas à des surprises extraordinaires. On le va pas les faire choisir parmi des noms extravagants, mais autour des termes « mouvement », « écologie », « Europe. » Il y a toute une série de combinaisons possibles. Nous les avons fait travailler, préparé des logos. Et nos militants vont devoir se prononcer sur ce symbole-là.

Pourquoi avoir choisi de changer de nom ?
Nous changeons de configuration. Il existait jusqu’à présent un parti politique, de plus de vingt ans, qui s’appelle « Les Verts. » C’est un mouvement qui s’est construit à une époque où il était extrêmement minoritaire dans l’opinion publique. Et puis l’écologie a fait son chemin. Ce parti a tracé la route. Il a ouvert de nouveaux espaces politiques. Il a eu des hauts et des bas, avec de très bon scores électoraux, parfois de moins bons. Et ce parti a décidé, il y a trois ans maintenant, de s’ouvrir, de faire rentrer toute une série de  personnalités nouvelles. Ce parti a décidé de renouveler son modèle de fonctionnement.

Pour donner également un nouvel élan ?

Oui. Pour impulser également une nouvelle manière de faire de la politique, pour montrer que la politique n’appartient pas aux gens se revendiquant comme professionnels de cette dernière. Elle appartient à tous les citoyens. Ce nouveau mouvement que nous créons comportera à la fois un parti traditionnel qui organisera les élections, qui s’impliquera dans la vie politique. Mais ce parti comportera un mouvement de ce que nous appelons « les coopérateurs. » Ce ne seront pas des membres qui adhérent au parti sous sa forme traditionnelle, mais plutôt des personnes intéressées par le débat d’idées, par la participation aux initiatives que nous lançons. Ils se réuniront régulièrement dans les agoras pour lancer de nouvelles propositions, pour examiner les nouveaux scénarii. Nous tirerons au sort régulièrement parmi ces coopérateurs des gens qui participeront aux assemblées, qui vont réfléchir à nos orientations politiques. Le tirage au sort permet de donner la parole à ceux et celles qui traditionnellement ne la prennent pas. C’est une forme de démocratie participative. Les coopérateurs se porteront volontaires, et ils seront tirés au sort pour participer et donner leur point de vue, au même titre que les autres. C’est un signe fort que nous donnons. Nous ne voulons pas que la chose politique soit confisquée par qui que ce soit.

Une entité unique, c’est aussi plus de lisibilité ?
Tout à fait. C’est une façon aussi de peser plus fortement sur le débat politique français, figé dans un partage du pouvoir entre la majorité et l’opposition qui se passent régulièrement le relais depuis déjà plusieurs dizaines d’années. Nous aspirons à renouveler la vie politique. Au lieu de ressasser toujours les mêmes rengaines, nous voulons imaginer des nouveaux scenarii sur des enjeux dont tout le monde sait aujourd’hui qu’ils sont absolument déterminants. C’est notre avenir commun, c’est l’avenir de nos enfants et de notre planète. Notre vie quotidienne pourrait être dans dix ou quinze ans un enfer su nous ne savons pas redresser la barre. Il faut aller vers une vie solidaire et harmonieuse, si nous réussissons à changer de logiciel politique.

Fallait-il forcément passer par la création d’une nouvelle entité avant les nouvelles élections ?
Bien sur. Nous serons présents dans les prochaines échéances électorales, et nous essaierons de convaincre les Français, comme nous l’avons fait aux Européennes et aux Régionales. L’écologie politique n’est pas qu’une douce utopie. Nous ne sommes pas que des rêveurs. Nous apportons des solutions concrètes à la vie quotidienne et nous voulons placer la question de notre avenir commun au coeur du débat citoyen. Les Français commencent à se rendre compte que la toute puissance de la finance, la surenchère de la consommation, le gaspillage effréné sont mortifères pour notre avenir. Il y a une espérance et nous l’incarnons. Nous voulons peser de tout notre poids, et nous essaierons de prendre nos responsabilités du mieux possible. Et tout cas si les électeurs nous en donne la possibilité. Ce que j’espère.

Le message principal reste donc le même ?
Il reste le même, et s’élargit à toutes ces personnes que l’on dit de la société civile. Il s’élargit également à toutes ce

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2 commentaires
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le lecteur fou de lyon mag le 12/11/2010 à 18:25

les verts ne réussissent qu'avec dany le rouge c'est comme le PRG avec Tapie les autres de ces mouvements sont des nuls voire les differentes élections..........

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Le Ma le 12/11/2010 à 12:34

Bravo Meirieu, j'adore cette phrase

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