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Des urgences pédiatriques au Val d’Ouest

L’Etat va accorder 7,2 millions d’euros à la clinique du Val d’Ouest pour ouvrir des urgences pédiatriques. Interview du chirurgien Patrick Carlioz.

Pourquoi des urgences pédiatriques à Val d’Ouest ?
Patrick Carlioz : Ça fait près de 20 ans que je me bats pour ce projet, depuis qu’on envisage la fermeture de Debrousse. Car avec le transfert de toutes les activités pédiatriques à Bron, la population de l’Ouest lyonnais allait forcément être désavantagée. Mais pendant des années, je n’ai pas été entendu. Car il y avait des réticences internes. Avec une opposition de la direction de la clinique qui m’a même traîné devant le Conseil de l’Ordre pour me faire taire ! En fait, certains associés ne voulaient pas donner plus de poids à la pédiatrie. Mais le nouveau directeur, Jean-Paul Varichon, m’a soutenu. Comme l’Agence Régionale d’Hospitalisation.
Mais pourquoi au Val d’Ouest ?
Parce qu’on a les moyens et l’expérience. On dispose d’une équipe de 6 chirurgiens pédiatres de toutes spécialités, contre 9 au nouvel Hôpital mère-enfant de Bron, qui opèrent 6 à 15 urgences par jour depuis des années. Moi, par exemple, pendant 11 ans, j’ai été de garde jour et nuit. Quant à nos anesthésistes, ils forment des médecins de l’hôpital. Mais on est aussi super bien équipés avec une IRM, un scanner, un service de 24 lits, des blocs opératoires... On est d’ailleurs une des très rares cliniques privées en France à pratiquer autant la chirurgie pédiatrique. Ce service d’urgences sera donc une grande première !
La date d’ouverture ?
2011. Car un nouveau bâtiment de 8 000 à 10 000 m2 doit être construit, accolé à la clinique existante. D’où cette aide de 7,2 millions d’euros. Mais on devra aussi embaucher des infirmières et des pédiatres médicaux. Car un service d’urgences pédiatriques ne gère pas que des cas chirurgicaux. Il faut aussi s’occuper des bronchiolites, grippes...
Mais il y a une pénurie de pédiatres !
Oui, c’est ce que répètent nos opposants. Mais la pédiatrie est aujourd’hui une des premières spécialités choisies par les internes. Il y aura donc, dans les années à venir, des jeunes à embaucher.
Et vous allez faire de la concurrence à l’Hôpital Mère-enfant ?
Non, on n’est pas là pour se battre avec le public. D’ailleurs, on fermera à minuit. Donc on travaillera, comme on l’a toujours fait, en partenariat avec les HCL à qui on enverra certains patients, notamment pour la réanimation. De plus, moi je suis un défenseur du service public qui m’a formé. J’ai pris des gardes jusqu’à 53 ans à l’hôpital alors que j’étais libéral ! Donc nous, ce qu’on veut, c’est d’abord rendre service à la population. Et pourquoi pas, servir de modèle. Avec en perspective, si on en a un jour le droit, de faire de la réanimation et de la neuro-chirurgie.
Mais les urgences, c’est surtout rentable pour une clinique !
Non, car c’est un service gratuit. Il n’y a donc pas de dépassement d’honoraires possibles ! De plus, cela exige des gardes, ce qui est lourd à gérer. Et on nous attend au tournant. Donc on ne fait sûrement pas ça pour l’argent. D’ailleurs, moi je milite non pas pour une aide de l’Etat, mais pour une prise de participation dans le capital de notre clinique ! Afin que l’Etat puisse toucher une partie des bénéfices. Mais ma proposition fait hurler les autres associés !



Tags : santé | urgences | patrick carlioz |

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