Laurence Ferrari a présenté lundi soir son premier JT de 20h sur TF1 devant 8,3 millions de télespectateurs. Dans son numéro de juillet, Lyon Mag donnait la parole à son père, Gratien Ferrari, qui racontait sa fille et notamment ses années lyonnaises avant son départ à Paris.
Lundi, Laurence Ferrari a présenté pour la première fois le journal télévisé de 20h sur TF1. Elle remplace Patrick Poivre d’Arvor, écarté début juin après 21 ans à la tête de ce JT qui réunit chaque soir près de 8 millions de téléspectateurs. Lundi, 8,3 millions de télespectateurs ont regardé sa grande première. Soit 40,2 % de part d'audience. Sur France 2, le journal de David Pujadas a réuni 3,8 millions de personnes, pour 18,4 % de part d'audience.
Une véritable consécration pour cette journaliste de 42 ans née à Aix-les-Bains.
Dans son numéro de juillet, Lyon Mag donnait la parole à son père, Gratien Ferrari, qui racontait sa fille et notamment ses années lyonnaises avant son départ à Paris. Une interview qui n’a pas plu à Laurence Ferrari, puisqu'elle vient d’assigner Lyon Mag devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour atteinte à la vie privée en réclamant 40 000 euros de dommages et interêts. Selon son avocate, le père de la nouvelle présentatrice de TF1 aurait dû lui demander son autorisation avant de parler de sa fille...
L'interview du père de Laurence Ferrari
Votre souvenir le plus ancien de Laurence ?
Gratien Ferrari : Sa naissance, bien sûr, à Aix-les-Bains le 5 juillet 1966 à l’hôpital. Ça s’est bien passé. Je me souviens, j’avais alors 31 ans, je m’étais marié 1 an plus tôt avec sa mère, Bernadette. J’avais passé mon Capes et à l’époque je travaillais comme prof de français, de latin et de grec. On vivait dans une petite maison située à Aix. Laurence était l’aînée de mes trois filles. Emmanuelle est née 4 ans après et Sophie 7.
Comment elle était avec ses sœurs ?
Les trois filles s’entendaient très bien, mais Laurence a toujours été la cheftaine. Elles étaient très solidaires même si elles se chamaillaient parfois. C’est d’ailleurs souvent Laurence qui cherchait la bagarre car elle aimait bien titiller ses sœurs et s’amuser à leur faire peur. Je me souviens quand on habitait près de Belfort, il y avait la fête de la Saint-Nicolas et le Père fouettard passait dans les rues. Laurence foutait tellement la trouille à ses sœurs que les deux petites allaient se planquer dans les toilettes.
Les principaux traits de son caractère ?
Elle était ouverte, extravertie. Elle n’avait jamais peur d’aller vers les autres. Et elle très rigolote, le style boute-en-train. Elle adorait faire rire les autres. Mais c’était aussi une enfant très têtue. Quand elle voulait quelque chose, elle ne lâchait jamais. Mais elle a toujours privilégié la patience plutôt que l’affrontement. Elle a également toujours été très protectrice, ça a commencé avec ses sœurs, ça continue avec ses enfants. Et même si elle est en train de divorcer, elle protège encore Thomas Hugues. Elle refuse que quelqu’un puisse lui faire du mal. Quand elle aime, elle aime ! Et quand elle déteste, elle déteste vraiment. Elle a aussi horreur de l’injustice. Et elle ne comprend pas qu’on puisse faire du mal aux gens.
Ses passions ?
Petite, elle était très sportive : danse, cross country... Et elle était passionnée de piano. D’ailleurs, aujourd’hui elle s’y remet à fond. C’était vraiment une petite fille très active, bourrée d’énergie. On allait aussi souvent se balader en famille dans la nature, et elle était toujours partante. L’été, on allait dans le Var, et l’hiver, Laurence adorait aller faire du ski en famille à Tignes ou à Revard.
Elle faisait toujours attention à son look ?
Laurence a toujours été très soucieuse de son apparence et elle a toujours été très féminine. Parfois je lui disais que je la trouvais un peu trop mince. D’ailleurs, c’est toujours le cas aujourd’hui. En fait, elle prend un petit déjeuner hyper costaud : œufs, fromage, jambon, thé, café... Du coup, elle tient toute la journée, ne mange rien à midi et très peu le soir. Mais elle a aussi toujours été perfectionniste et elle refusait que quelque chose cloche, même dans son look. Elle voulait que tout soit parfait, elle surveillait tout et tout le monde. C’est toujours le cas aujourd’hui. Souvent elle me disait : “Papa, tu ne vas pas mettre ce pantalon-là, ça ne te va pas du tout.” Et je devais aller me changer. Même chose avec ses sœurs. Quand Emmanuelle s’est mariée, Laurence était tellement apprêtée que c’est elle qui avait l’air de la mariée. Du coup, elles sont allées dans les buissons et elles ont échangé leurs tenues !
Elle s’intéressait déjà à l’actualité ?
Elle a toujours été à l’affût de ce qui se passait. On regardait le JT de TF1 en famille et même si elle ne le disait pas ouvertement, je savais qu’elle rêvait déjà de présenter un journal télévisé.
Et elle était attirée par la politique ?
Elle s’est vraiment intéressée à la politique quand elle a fait son stage à Europe 2. Mais vu que j’étais député-maire d’Aix-les-Bains, je pense que ça a peut-être favorisé son intérêt pour le politique. Pourtant je ne l’emmenais jamais avec moi car j’ai toujours refusé de mêler mes filles à ça. Car c’est un environnement trop dur. Je pense tout de même qu’elle était fière de mon parcours politique même si je n’étais pas souvent à la maison. Ce qu’elle me reprochait parfois.
Vous discutiez politique avec elle ?
Quand elle a commencé à grandir, elle aimait bien discuter avec moi. Je me souviens qu’elle était toujours incisive. Elle ne lâchait jamais prise. D’ailleurs je retrouve son style quand je la vois interviewer des hommes politiques. Mais elle n’a jamais été agressive. D’ailleurs, on s’est toujours très bien entendus, et entre nous, il n’y a jamais eu de heurts importants. Et comme en famille, on préfère éviter la bagarre, il nous arrivait avec Laurence de laisser tomber certains sujets quand on voyait que ça allait déraper.
Pourquoi elle est allée faire ses études à Lyon ?
Parce qu’après avoir passé son bac à Aix, elle s’est inscrite en fac de médecine à Lyon. C’était en 1984. A l’époque, elle rêvait de devenir chirurgienne. Mais elle a complètement raté sa première année. Elle avait l’impression de travailler tout le temps mais c’était apparemment loin d’être suffisant pour réussir en médecine. Après cet échec, on a discuté tous les deux et elle ne se sentait pas le courage de refaire une année de médecine et d’enchaîner avec dix ans de fac. Du coup, elle a complètement changé de voie et elle s’est inscrite à l’EFAP, l’Ecole française des attachés de presse à Lyon. C’était en 1985.
Comment s’est passée son arrivée à Lyon ?
Très bien. Elle n’était absolument pas angoissée car elle aime aller de l’avant. Pour elle c’était une étape. A Lyon, elle habitait avec sa sœur Emmanuelle. Je me souviens qu’un jour elles avaient absolument voulu me traîner au McDo de Lyon. Pour plaisanter, j’ai demandé à une des serveuses si c’était possible d’avoir un McDo à la tomme de Savoie. Laurence me disait : “Arrête, tu nous fous la honte !” Ce qui m’a bien fait rire.
Elle faisait la fête à Lyon ?
Non, elle rentrait à Aix-les-Bains tous les week-ends, mais elle ne sortait pas beaucoup, car elle passait son temps à travailler. Je crois qu’elle ne voulait pas vivre un deuxième échec. Pour une jeune fille, elle était plutôt casanière, studieuse et pas du tout bambocheuse. Elle voulait y arriver, et pour elle, il n’y avait que ça qui comptait vraiment. C’est aussi pour ça qu’elle cumulait les stages : AFP, Figaro Magazine, Europe 2...
C’est ce qui explique sa réussite ?
Je pense qu’elle était plus mûre que les jeunes de son âge. Elle a compris très tôt qu’on ne réussit pas si on ne travaille pas. Et après ses études, elle a tout de suite voulu partir à Paris car d’après elle, il n’y avait que là qu’on pouvait s’épanouir professionnellement. Et elle a eu la chance d’être soutenue par Catherine Nay à Europe 1. Après, elle est opportuniste et elle n’a jamais laissé passer sa chance. D’ailleurs, elle voulait tellement réussir dans l’univers des médias qu’elle me répétait tout le temps : “Même si je dois balayer les studios, je le ferai mais j’y arriverai.”
C’était une battante ?
Complètement. Petite déjà, elle aimait lancer des défis aux autres. Exemple : elle obligeait ses sœurs à sauter par-dessus un feu de camp. Et si jamais c’était elle qui n’arrivait pas à relever un défi, elle se battait jusqu’à ce qu’elle y arrive. Laurence ne voulait jamais rester sur un échec, même dans ses jeux. Ensuite, quand elle est entrée à Europe 1, elle a commencé par le trafic info en survolant en hélicoptère la région parisienne. Même chose à ses débuts à LCI, quand elle présentait le journal du matin. Elle se levait à 3h du matin pour être en studio à 4h et préparer le journal de 6h. En fait, elle s’est toujours accrochée même quand c’était difficile.
Elle a eu des moments difficiles ?
Bien sûr, surtout après le décès en 1989 de sa maman qui s’est suicidée. Elle lui en a beaucoup voulu de ne pas avoir été assez forte pour avoir le courage de vivre. Car Laurence, qui est une vraie battante, voudrait que tout le monde ait son énergie. Elle a eu du mal à encaisser ce choc, mais je lui ai dit que sa vie continuait et qu’il fallait qu’elle pense d’abord à son avenir.
La famille compte beaucoup pour elle ?
Oui, elle a vraiment le sens de la famille. D’ailleurs si un d’entre nous a un problème, tout le reste de la famille fait bloc. Quand un des médias raconte une bêtise sur elle et que ça la touche, Laurence m’appelle pour me prévenir. Elle me dit : “Ça c’est une connerie” ou “Ça c’est vrai, mais ne te fais pas de souci”. Je me souviens qu’une fois dans un magazine people, il y avait Claire Chazal photographiée les seins nus sur une plage. Laurence était choquée et elle m’a dit : “Tu te rends compte de ce que certains sont capables de faire pour se montrer !” Et la semaine d’après, c’est elle qui faisait la couverture d’un magazine les seins nus ! On l’avait prise en photo sans qu’elle s’en aperçoive, quand elle était à Biarritz chez les parents de Thomas Hugues. Résultat, je l’ai appelée en rigolant et en lui disant : “T’as rien à me dire ?” Elle était furax.
Elle revient souvent à Aix-les-Bains ?
Quatre ou cinq fois par an et elle essaie d’être là pour Noël ou pour le nouvel an. Elle aime revenir à Aix car la Savoie c’est son enfance, sa famille et c’est là où elle peut vraiment se ressourcer. D’ailleurs, elle ne va pas tarder à venir me voir pour me laisser ses deux golden reterivers, avant de partir en vacances dans le Lubéron.
Comment vous réagissez à sa nomination au JT de TF1 ?
Je suis content car c’est vraiment ce qu’elle voulait. Son émission sur Canal+ était très intéressante car ça lui a permis de rencontrer toutes les grandes personnalités politiques mais l’audience était limitée. 2,5 millions de téléspectateurs, ça ne lui suffisait pas. Alors que TF1 c’est autre chose avec le journal qui fait plus de 9 millions de téléspectateurs chaque soir. C’est une vraie reconnaissance. Même si certains racontent qu’elle a été nommée à ce poste parce que c’est la poule de Sarkozy.
La rumeur sur ses relations avec Sarkozy, ça l’agace ?
Bien sûr. Et moi aussi. Parce que c’est totalement faux. Mais comme ça coïncide avec son divorce avec Thomas Hugues, on ne peut rien contre ce genre de rumeur. Mais les gens oublient de dire que si elle a réussi, ce n’est pas avec ses fesses, mais parce qu’elle a beaucoup travaillé et qu’elle s’est accrochée.
Propos recueillis par Nadège Michaudet









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