LyonMag : Cet été, de nombreux faits de violence, souvent révoltants, ont secoué Lyon et Villeurbanne notamment. Et plus récemment la mort d'un octogénaire dans le métro D. Episode durant lequel Grégory Doucet a rappelé que les transports et leur sécurité relevaient de la Métropole que vous présidez. La brigade métropolitaine des transports, c'est pour bientôt ?
Véronique Sarselli : Cette question de la sécurité, elle est au centre de notre travail depuis la prise du mandat. Nous allons d'ailleurs très rapidement faire des annonces fortes. En ce qui concerne la police métropolitaine des transports, elle sera rapidement mise en place et nous aurons très vite des premières délibérations qui seront prises. C'est important que l'ensemble des Grands Lyonnais le sachent.
LM : Et la sortie de Grégory Doucet ?
V.S. : J'ai quand même un peu honte pour le maire de Lyon. J'ai un peu honte pour lui dans sa façon de réagir parce que nous avons trouvé la Métropole de Lyon dans une situation très dégradée. Et je pense que je n'ai pas de leçon à recevoir de la part du maire de Lyon en matière de sécurité.
Ce que nous voulons, c'est agir. Cette compétence sécuritaire, nous pouvons l'exercer dans le cadre de l'autorité des transports qu'est le Sytral, et nous le ferons. Et plus globalement, à chaque fois qu'on pourra prendre une compétence sécuritaire, nous allons le faire. Je vous le répète, nous aurons des actions à présenter très rapidement en cette rentrée.
LM : Vous parlez beaucoup de travail, d'action, de rattraper ce qui avait été fait auparavant. Ça fait déjà cinq mois et globalement, si aujourd'hui un habitant de Vaulx-en-Velin ou de Craponne devait citer une chose qui a changé dans sa vie grâce à votre action, qu'elle soit positive ou négative, ça serait laquelle ?
V.S. : Notre travail a consisté, depuis le début de cette prise de mandat, à réparer. Je l'avais dit pendant la campagne électorale, c'était une intuition. Aujourd'hui, c'est devenu une réalité. Nous trouvons une métropole de Lyon dégradée aux quatre coins. Nous avons quand même mis en place les premières actions en matière de mobilité. On a vu les premières réparations se mettre en place, notamment les escalators au début de l'été.
Moi, je comprends l'exaspération des Grands Lyonnais. Je comprends leur impatience. Mais réparer, ça prend du temps. On a eu un mandat des écologistes pendant 6 ans où justement les choses ont empiré dans la réalité quotidienne. Et mon travail, notre travail depuis ces 4-5 mois, a été d'abord d'en prendre la mesure, plus importante que ce qu'on ne pensait, et de trouver les moyens pour avancer.
LM : Des exemples concrets ?
V.S. : Bien sûr, les mobilités ont été dégradées. On le sait, je ne reviens pas là-dessus. Le domaine social aussi. Aujourd'hui, nous avons beaucoup travaillé, notamment avec les Maisons de la Métropole et la MDPH, parce que le sujet des personnes handicapées a été complètement délaissé. Donc aujourd'hui, nous sommes en mesure justement d'agir pour réduire les délais de traitement des familles qui ont besoin d'une prise en charge pour l'aide aux aidants. Ça nous a pris énormément de temps, mais nous y sommes et les actions arrivent. Très vite, les Grands Lyonnais pourront voir que leurs problèmes sont pris en compte.
LM : Parmi toutes les grandes compétences que la Métropole a, on retrouve beaucoup de secteurs en souffrance. Vous avez l'économie, on voit tous les jours des entreprises qui déposent. Les mobilités, le social, l'immobilier... Quel programme pour les prochains conseils métropolitains, qu'est-ce que les Grands Lyonnais pourront avoir concrètement d'ici Noël ?
V.S. : Il faut savoir que les feuilles de route de l'ensemble des vice-présidents sont là. Elles sont rédigées. Donc les premières décisions arriveront dès le 28 septembre lors du conseil métropolitain avec la sécurité. Nous évaluons et nous préparons le budget 2027 avec nos priorités.
Vous parliez de l'économie. Là, on est en pleine actualité puisque mercredi aura lieu la REF, la rencontre des entrepreneurs de France, à laquelle je serai présente pour rencontrer à la fois les organisations professionnelles, mais aussi des entreprises de la métropole de Lyon. Nous avons mis l'économie au cœur de l'action métropolitaine et donc nous travaillons à une Métropole qui facilite, une Métropole qui est proche de ceux qui entreprennent.
La feuille de route se fait avec eux, avec le déploiement d'une stratégie qui repose sur trois piliers très importants. C'est de bien sûr consolider tous les secteurs historiques, comme la chimie. Mais aussi à faire émerger toutes les filières stratégiques de demain, je pense notamment à l'intelligence artificielle. Et bien sûr, le troisième pilier, c'est le soutien de l'économie de proximité, notamment nos commerçants, nos artisans qui sont bien présents en métropole de Lyon.
LM : L'un des sujets qui vous a occupée ces derniers mois et qui est devenu concret cet été, ce sont les Jeux Olympiques 2030 avec le pôle glace et le village olympique à Oullins-Pierre-Bénite. C'est une victoire à mettre à votre actif ?
V.S. : Tous les services sont mobilisés, les vice-présidents concernés, notamment le vice-président au sport, Jérôme Moroge, l'est complètement (il est aussi maire d'Oullins ndlr). Le travail avec le comité olympique est en route, avec les ministres concernés. Moi, je ne me suis pas filmée en train de patiner, c'est vrai. Mais par contre, j'ai déposé, j'ai défendu le dossier et c'est très positif.
LM : Revenons aux feuilles de route de vos vice-présidents. Comment cela fonctionne ? Toutes les délégations sont couvertes, il y a des objectifs à respecter dans le temps ?
V.S. : Je veux rassurer les Grands Lyonnais, je ne leur ai pas menti. J'avais dit que notre premier travail allait être de réparer. C'est ce que nous avons fait pendant quatre mois. Maintenant, les vice-présidents ont construit leur feuille de route en rythmant le court terme, le moyen terme et le long terme, puisque notre politique métropolitaine, nos politiques publiques doivent concerner le quotidien des Grands Lyonnais, et préparer l'avenir.
Sur les mobilités par exemple, j'ai demandé au vice-président et bien sûr à toute l'équipe du Sytral, à la fois de travailler sur le quotidien, d'augmenter la qualité du réseau, la sécurité, mais aussi de prévoir le long terme avec les modes de transport dont nous aurons besoin.
La 2e phase que nous avons commencé à faire cet été, c'est de commencer à chiffrer ces feuilles de route. Pour qu'on puisse faire à la fois la prospective budgétaire à l'automne, mais aussi présenter le premier budget de la collectivité avec la nouvelle mandature. Les premières délibérations vont arriver lors du conseil du 28 septembre autour de cette feuille de route. Tous les directeurs généraux seront arrivés en cette rentrée. Il a fallu recruter, réorganiser en fonction de notre projet politique avec une ligne directrice qui est l'efficacité de la Métropole de Lyon, au service des usagers, au service des Grands Lyonnais.
LM : L'agglomération a connu un été très difficile à vivre. La droite est souvent attaquée sur le fait qu'elle ne se saisit pas du dossier, voire qu'elle le minimise. C'est un enjeu important de votre mandature ?
V.S. : Force est de constater, encore une fois, que le résultat du précédent mandat n'est pas à la hauteur. Ce devait être "le dernier mandat pour le climat", où pendant six ans, on a fait culpabiliser les Grands Lyonnais sur leur façon de se comporter. On a contraint leur quotidien, notamment sur les mobilités, parce qu'il y avait une urgence climatique. Tout ça pour que ça donne quoi ? Aujourd'hui, je cherche encore des résultats et des projets. Nous sommes donc en préparation de ce plan fraîcheur pour prévoir les canicules qui arriveront, avec une accélération de la rénovation énergétique. Les premières décisions tomberont au budget de 2027.
LM : Mais vous avez abandonné le projet de Rive Droite, qui garantissait d'apporter de la nature en ville et de supprimer des milliers de voitures...
V.S. : C'est vrai qu'on a pris du retard, comme beaucoup de villes, sur l'adaptation. Mais le projet Rive Droite tentait de faire croire qu'on pouvait remplacer un axe de déplacement stratégique de notre métropole de Lyon et de la ville de Lyon, faire disparaître jusqu'à 80 000 véhicules par jour, et remplacer tout ça par une prairie. On déplace le débat de ces grands projets vers une caricature permanente. Pour moi, c'est dangereux et surtout, ce n'est pas à la hauteur. Il faut poser le problème des déplacements de cette autoroute urbaine qui arrive dans Lyon. Sinon, on ne résoudra jamais nos problématiques de déplacement. Donc on a une vision totalement différente. Nous sommes conscients des enjeux et les premières décisions sont prises.
LM : Que ce soit la rentrée politique, les feuilles de route, le budget, il est clair que tout sera soumis aux enseignements de l'audit financier commandé avant l'été. Vous aviez promis des "décisions drastiques". Vous vous doutez bien que ça crée une espèce d'épée de Damoclès au-dessus des différents acteurs, y compris même des Grands lyonnais qui peuvent se dire que ce sera peut-être eux qui payeront une partie de la facture. Quand connaîtrons-nous ces arbitrages ?
V.S. : Vous avez tout à fait raison. Tout ce travail que nous avons engagé depuis le mois de mars, mais plus concrètement depuis le mois de juin, est quand même lié aussi aux enseignements d'un audit. Ils sont importants parce qu'ils montrent que les décisions structurelles qui auraient dû être prises par le passé ne l'ont pas été. Et on se retrouve aujourd'hui dans la difficulté. Mais nous sommes partis avec un programme, avec des engagements de campagne. Ces engagements de campagne, j'entends les tenir.
Lorsqu'une action, lorsqu'une politique publique, est efficace au sens du service rendu, il n'y a aucune raison que nous les remettions en cause. En revanche, si une politique publique doit être corrigée, alors nous le ferons et nous le ferons sans état d'âme. Aujourd'hui, nous passons les dispositifs sous le spectre de cette efficacité et du service rendu aux usagers. Les premières décisions arriveront avec le premier budget.
Mais il ne faut pas que les Grands Lyonnais s'inquiètent. La réponse fiscale n'est pas mon habitude.
Je réponds aussi aux associations. Nous n'allons pas forcément, les yeux fermés, tout reproduire à l'identique, mais nous allons travailler avec les partenaires associatifs à évaluer et à pouvoir mettre en place des politiques qui sont bénéfiques au public pour lesquels nous sommes responsables.
Alors évidemment, comme nous prenons les décisions sur lesquelles nous sommes engagés, certains ne sont pas trop contents. Et donc, ils renient la démocratie. Je rappelle qu'il y a eu des élections, que le projet était clair. Les projets pour lesquels nous sommes partis en campagne, nous commençons à les mettre en œuvre, les Grands Lyonnais le savent et nous continuerons, n'en déplaise à certains.
LM : L'encadrement des loyers est un sujet clivant, rapide à abroger. Le marché de l'immobilier est en souffrance et il y a une forte attente à la fois des Grands Lyonnais et puis des professionnels du milieu. Là-dessus, on a une visibilité assez concrète. Où en est-on ?
V.S. : Je me suis exprimée déjà de manière très forte sur ce sujet et je ne l'ai jamais caché. Je suis partie avec des engagements de campagne, aujourd'hui j'entends les remplir. Et je suis très surprise que mon opposition soit surprise de me voir mettre en œuvre ce pourquoi nous avons été élus finalement. Il faut permettre aux Grands Lyonnais de se loger.
Il faut donc travailler sur l'offre de logement. Et là-dessus, que ce soit Alexandre Vincendet, vice-président au Renouvellement urbain, que ce soit Claire Pouzin qui s'occupe aussi de l'offre de Logement et que ce soit Nicole Sibeud, côté Urbanisme, ils travaillent depuis des mois à ce qu'on puisse, en cette rentrée, faire les premières propositions, déclencher le développement de l'offre de logement en parfaite complémentarité avec les maires et les acteurs du logement, de la promotion immobilière.
Nous facilitons, nous essayons d'accompagner et de prendre les décisions qui réparent. Et dans le logement, vous l'avez parfaitement compris, les décisions qui ont amené à ce que des programmes ne sortent pas de terre, elles doivent être remises en cause. On a commencé, on sent la confiance qui revient.
LM : Concernant les mobilités, vous aviez prôné une volonté de transparence, de redonner la parole aux Grands Lyonnais, de leur rendre l'impression que leur parole compte. Sauf que votre plateforme, "Ca bloque, on agit", semble souffrir des mêmes maux que sous les écologistes : une participation moindre, des résultats faussés par des raids d'associations. Ce n'est pas si simple de concerner tout le monde ?
V.S. : Non, ce n'est pas un exercice compliqué, c'est un exercice nécessaire. Après, à nous de prendre les décisions en responsabilité. Lorsqu'on a décidé de faire cette plateforme, l'objectif, c'était déjà de donner la parole aux Grands Lyonnais qui se sont exprimés pendant une campagne électorale. Il fallait continuer à les rencontrer.
Cette plateforme, elle nous sert à avoir une idée un petit peu objective sur certains points de la métropole de Lyon pour pouvoir prendre les décisions nécessaires. Ça ne veut pas dire qu'on va dire "oui" à tout le monde. Parfois, vous savez, vous avez un point bloquant quelque part, mais on se rend compte qu'on peut résoudre le problème de rue en amont. Ou peut-être de façon plus large, un petit peu avant. Ce n'est pas forcément au pied d'un immeuble, au pied d'une rue que la solution existe.
Moi, ce qui m'importe, c'est de mesurer que les grands Lyonnais ont besoin de se déplacer tous les jours pour aller travailler, pour remplir leurs besoins de leur quotidien. C'est ça qui est important. Donc à nous de ne pas se cacher le petit doigt derrière les problèmes, à nous d'éviter que ce soit encore une idéologie qui fait la politique publique
LM : Vous voulez rassurer les Grands Lyonnais sur le fait que la Métropole est au travail et qu'il y va y avoir des avancées qui arriveront très vite. Il y a probablement besoin de les rassurer sur la cohésion de votre majorité puisque l'actualité métropolitaine ces derniers mois a été parasitée par l'affaire Abreu et tout ce qui a pu en découler. On a vu en août que vous aviez deux vice-présidents, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, qui saisissaient le tribunal administratif pour dénoncer leur mise à l'écart. Concrètement, en cette rentrée, dans quel état est votre majorité ?
V.S. : Pendant que certains commentent et ont commenté, eh bien je suis au travail pour réparer cette Métropole, pour prendre les décisions qui sont importantes comme je m'y suis engagé. Nous sommes tous au travail depuis ces cinq mois, tous ensemble, nous travaillons, nous faisons le même constat, ça c'est important. Pour le reste, je ne commenterai pas plus. Je dirai simplement qu'il y a eu un recours qui a été fait, j'en ai pris acte. Aujourd'hui, je n'ai pas plus à commenter ce sujet. Moi, ce que j'ai envie de dire aussi aux Grands Lyonnais, pour les rassurer, c'est de leur dire nous sommes là, nous tenons la barre.
J'ai vu cet été certains commentateurs professionnels essayer de prévoir l'avenir. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes tous ensemble au travail. Pour le reste, chaque chose en son temps.
LM : Quand on retire une délégation à quelqu'un, le commun des mortels se dit qu'au final, on ne travaille plus sur ce sujet. Que ce soit la Culture, le Rayonnement de notre agglomération à l'international, tout ça, ce sont des sujets qui tournent encore ?
V.S. : Bien sûr, ce sont des sujets qui tournent encore. Je vous avais dit que concrètement, je reprenais certaines délégations (l'Economie ndlr). Je suis tout à fait prête pour la REF qui aura lieu cette semaine et pour travailler avec les entreprises et l'ensemble des entrepreneurs. Et puis n'oubliez pas, il y a d'autres élus dans notre majorité qui sont intéressés par ces sujets, avec qui je continue à travailler. Nous sommes une équipe, il y a l'équipe des vice-présidents bien sûr, mais il y a aussi l'ensemble de la majorité qui aujourd'hui échange, travaille sur ces sujets.
Pour les Jeux Olympiques 2030, il me semble que nous avons tous été à la hauteur parce que le rayonnement de notre métropole de Lyon va passer aussi par cet évènement. Ce dossier, je l'ai pris à bras le corps et nous y travaillons quotidiennement.
Surtout que le plan de renouvellement des ascenseurs et escalators a été lancé sous l'ancien mandat...
Signaler Répondresans surprise un discours vide la Métropole de Lyon n’a aucun programme pour les lyonnais rien des discours vide du bla-bla depuis leurs élections qui été une erreur suite à une division de la gauche la droite est perdu une sortie pour renommer une rue ou ouvrir une rue et une promenade devant les médias les grandes villes ce sont eux qui décident ça va être long les 6 ans pour vous madame à tête de la Métropole de Lyon sans rien faire en plus les scandales à venir et des dossiers lourds qui vont tomber la droite et vous amis de l’extrême droite qui ont défendu Aulas pendant le débat politique sur BFm les lyonnais seront ravi pour savoir pour qui ils ont voté en 2027 voté bien
Signaler Répondrec est d une pauvreté absolue,,,,,,nous y réfléchissons, nous travaillons, nous sommes conscients, c est une de nos préoccupations, c est un travail d équipe ,nous avons pris acte,,,,,,,bref ,que des mots, toujours les mêmes
Signaler RépondreSuper, ils ont reparés les escalators....
Signaler Répondre"On a vu les premières réparations se mettre en place, notamment les escalators au début de l'été..."
Avant de passer aux choses sérieuses, il va en passer de l'eau sous les ponts!