Deux mois après leur mise à l’écart forcée, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat ont décidé de contre-attaquer devant la justice.
Mardi 11 août, les deux vice-présidents de la Métropole de Lyon ont saisi le tribunal administratif pour contester la décision prise le 12 juin par la présidente Véronique Sarselli de leur retirer leurs délégations.
Ils réclament non seulement l’annulation de l’arrêté, mais aussi la restitution de leurs compétences, avec une astreinte demandée de 500 euros par jour de retard.
Leur argument principal est juridique : selon eux, un retrait de délégation doit être justifié par le bon fonctionnement de l’institution. Or, leur recours soutient qu’aucun désaccord de fond sur les politiques métropolitaines ne les opposait à la présidente selon Le Progrès.
Les deux élus vont même plus loin et soupçonnent une décision motivée par des considérations politiques internes. Leur avocat évoque auprès de nos confrères une possible "sanction déguisée" destinée à redistribuer leurs délégations au sein de la majorité, sur fond de tensions autour du poids pris par Grand Cœur Lyonnais dans l’exécutif.
L’affaire Roman Abreu au cœur du conflit
Le retrait de leurs délégations était intervenu dans le sillage de l’affaire Roman Abreu, ancien directeur de communication de Jean-Michel Aulas, accusé de viol par une jeune militante pendant la campagne des municipales lyonnaises. Ce dernier conteste les faits.
Aulas et Cédat avaient été critiqués pour ne pas avoir informé Véronique Sarselli pendant la campagne municipale et ne pas avoir écarté durablement Roman Abreu, ou l'avoir signalé à la justice.
Dans leur requête, ils répliquent qu’aucun texte ne leur imposait alors, en tant que simples candidats, de transmettre à la future présidente des éléments relevant du fonctionnement interne de leur équipe. Ils contestent aussi tout manquement à l’article 40 du code de procédure pénale, estimant qu’ils n’étaient pas encore élus au moment où les faits leur avaient été rapportés.
Emmanuel Imberton, lui aussi privé de sa délégation de vice-président à l’Économie, n’a pas rejoint la démarche du duo.