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Dédite en cours pour les “Frichards”

Le demi-millier d'artiste occupant le site de la friche RVI seront relocalisés par la municipalité dans l'ancienne usine Lepine de la rue Lamartine à partir du 1er septembre. Si les artistes pointent du doigt l’étroitesse des lieux - de 20 000 m², ils vont devoir se serrer à 500 dans un espace de 3 500 m² - Georges Képénékian, conseiller du 3ème arrondissement et délégué à la culture et au patrimoine, assure avoir fait au mieux, en respectant le cahier des charges des collectifs "frichards". Interview.

Lyon Mag: Pouvez-vous nous détailler la solution que vous proposez aux artistes qui vont quitter la friche ?
Georges Képénékian :
C’est un projet qui se décline en plusieurs sous-solutions. Le travail mené dans cet espace qu’on a appelé la friche RVI au fil des années a produit des choses tout à fait positives grâce à l’interdisciplinarité des acteurs. L’espace a finalement permis une grande dilatation puisqu’il y avait beaucoup de volume.  Malgré des conditions difficiles, ils ont su aménager : le froid était là en hiver, la pluie régulière.  Chacun a pu travailler avec les moyens du bord. Nous sommes très fiers de voir que sont sortis de la friche des expositions, des expériences, des présentations qui ont donné lieu à des diffusions à Lyon et ailleurs. Cet esprit qui a régné au sein de la Friche, nous voulons absolument le conserver. Parallèlement, retrouver un espace de même volume n’est pas possible aujourd’hui. Nous avons cherché, et cela a pris du temps. Les bâtiments de Chassieu ne sont pas adaptés, que se soit la friche Sernam, les grandes halles de Sernam. Cela nous reportait encore plus loin. Il fallait également des investissements lourds. Nous avons finalement trouvé, dans un délai un peu raccourci, les bâtiments Lamartine, à côté du stade Foé.  Ce sont des bâtiments de 3 500 mètres carrés, avec un grand parking sur trois étages, parfaitement adaptés pour regrouper les 19 projets que les collectifs nous ont présenté. En organisant différemment, en faisant «travailler» ce bâtiment 24h/24h, nous pouvons conserver l’esprit de la Friche et laisser les artistes s’exprimer. Les artistes ont plusieurs besoins différents : ceux qui travaillent et qui ont besoin de créer et ceux qui ont besoin de stocker. Par exemple, l’ «Art Gens» (1) a besoin de mètres carrés pour stocker beaucoup de matériel. Je continue à chercher d’autres pistes pour trouver d’autres lieux pour essayer encore une fois d’étendre notre bâtiment à plus de mètres carrés.

Quel type de convention va lier les artistes à ce nouveau bâtiment ?
Les mêmes types de conventions qu’avec la Friche. Ce sont des conventions annuelles avec une reconduction tacite. Jusque la, il y avait un système de représentation d’une association qui gérait la Friche. Aujourd’hui, une partie des personnes sont parties, d’autres sont arrivées. Nous allons donc signer plutôt avec les collectifs, avec les projets, puisque l’essentiel des acteurs se retrouvent à l’intérieur de ces collectifs.

Pour être relogé, il fallait avoir un projet concret. Avec dix-neuf projets validés, c’était l’occasion de faire le tri ?
Non, nous n’avons pas le souci de faire le tri, quelque soit les commentaires. Les besoins et les attentes des gens de la Friche ne sont pas tous les mêmes. Il ne faut pas se mentir, je pense qu’il y a des gens qui sont là pour défendre une vision plus politique de la culture, un espace libertaire, alternatif, comme on l’imaginait il y quelques années. Je crois que tout le monde n’est pas aujourd’hui dans ce schéma. Il y a des compagnies qui sont déjà de vraies organisations, de micro-entreprises, avec des salariés. Ils ont besoin de bénéficier d’un soutien de la ville qui, je vous le rappelle, offre des locaux gratuitement. D’autres entreprises, d’autres compagnies à Lyon sont obligés de trouver aujourd’hui des moyens pour se loger. Nos amis frichards pensent qu’ils sont 500. A travers les projets que nous avons reçu, on arrive à 120, 150. La Friche était aussi un lieu de passage, un lieu de rencontre en tout genre. Je respecte cela pleinement, mais aujourd’hui, nous avons besoin de ce terrain. Gilles Buna et le maire Thierry Philip, ont présenté les projets en cours sur ce site qui étaient en gestation. Il a toujours été convenu que la Friche fermerait. Voila, on y est ! C’est un peu difficile, il y a de la nostalgie. Mais je suis convaincu que nous allons répondre positivement aux besoins des artistes

En quoi ce nouveau bâtiment de La Martine recréé les conditions de travail des artistes et redeviendra un vivier de culture alternative ?
L’essentiel va être de regrouper les pratiques des uns et des autres. Il y aura un espace musique, un espace art plastique, un espace art vivant, au sens le plus large. Ces hommes et ces femmes, qui ont déjà pris l’initiative de travailler ensemble, vont pouvoir continuer. N’oublions pas qu’à l’intérieur de la friche il y avait des bulles complètement fermées, tout le monde n’était pas en même résonance. C’est un système complexe qui s’est développé. Nous lui demandons de prendre un deuxième souffle, vers plus de maturité. La Friche s’est organisée vraiment en 2003. Il faut bien reconnaitre que la friche a assez peu irradié sur les habitants du 3ème arrondissement comme une difficulté, une nuisance, que comme un bénéfice. On a aussi besoin de faire que ces lieux de liberté, de création, puissent directement concerner le public. On voit vraiment cette évolution dans d’autres villes, donc et c’est à cela que je travaille. Je travaille, en bonne coopération avec le maire de Tarare, à la possibilité d’installer ces friches sur sa commune. Une partie des artistes est prête à aller s’y implanter, tout en gardant la connexion avec Lyon. Nous travaillons à étendre ce principe, avec une volonté d’implanter dans des lieux de nos cités ce travail de création.

Alors vous avez discuté hier avec des collectifs, quels sont leurs inquiétudes ?
Pour certains, c’est cette idée que la ville mettrait un nouveau cadre, alors que d’autres attendent justement un cadre pour être dans une démarche plus précise et moins un flou artistique. La principale question concerne le délai de l’organisation du déménagement, puisque le calendrier est un peu contraignant. Le bâtiment doit être vide au 31 juillet et le nouveau bâtiment sera disponible au mieux au 1er septembre. Dans cette période d’été, où tout le monde ne travaille pas de la même manière, on détermine les prioritaires. Par exemple, il y a deux compagnies qui préparent la biennale de la danse. Nous n’allons évidemment pas les faire déménager tout de suite.  La semaine prochaine, avec une délégation des artistes nous allons visiter le nouveau bâtiment pour qu’il prenne corps à leurs yeux. Nous avons une réunion de travail le 20 juin pour aborder la question de la redistribution de l’espace. Pou



Tags : friche | déménagement | RVI |

Commentaires 1

Déposé le 10/06/2010 à 10h06  
Par Bunch of liars Citer

10% du volume proposé, un écrémage au dossier... et ils veulent garder l'esprit frichard... mais de qui se moque-t-on ???!!!

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