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Gaël Brand - LyonMag

Gaël Brand, de l’association des paralysés de France : “Trop de cabinets médicaux inaccessibles aux personnes handicapées à Lyon”

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Gaël Brand, directeur départemental de l’Association des paralysés de France, était l’invité ce jeudi de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.

L’APF a dévoilé son baromètre annuel de l’accessibilité en France. Lyon progresse cette année avec une 6e place et une note de 16,5 sur 20. Lyon est donc un bon élève ?
"On peut considérer que la ville de Lyon est un bon élève comparé à des villes moyennes ou plus rurales. Les personnes handicapées peuvent s’estimer heureux de vivre dans une grosse agglomération quand même."

La note de Lyon connaît une petite progression. Ca retranscrit une petite progression de l’accessibilité ?
"Oui. Concrètement c’est une progression qui est ciblée en direction des écoles primaires où l’accessibilité a été davantage travaillée et finalisée.
Ca concerne également les places de stationnement normalisées pour les handicapés, on est à un taux d’1,95% contre 2% de réglementation légale."

Quels sont les critères retenus pour élaborer l’étude ?
"On s’est basé d’abord sur le point de vue des personnes handicapées avec un questionnaire sur le cadre de vie, les commerces de proximité, les médecins etc.
Et puis on a interrogé la commune sur les équipements qu’elle gère : les établissements recevant du public.
L’objectif de l’étude est de faire progresser l’accessibilité, pas de pointer les mauvais élèves, même si ca peut être intéressant pour ceux qui ne jouent pas le jeu. Avec la Ville de Lyon, il y a une concertation toute l’année, donc le but est de dire qu’il y a une bonne accessibilité mais qu’il ne faut pas se reposer sur ses lauriers."


Pour quels critères Lyon reçoit les lauriers ? Et a contrario, où pêche-t-elle ?
"Lyon est bon élève pour son réseau de transport. 70% du parc de bus est adapté. Tout ce qui est cadre bâti de la commune, les grandes infrastructures comme le stade de Gerland, les théâtres, les cinémas, c’est assez bien fait.
Par contre, en ce qui concerne les commerces de proximité, comme le coiffeur, le boucher, la pharmacie, là on a encore un maximum de marge de progression. Là on doit faire un effort de sensibilisation pour leur dire qu’ils sont soumis à l’accessibilité. Bien souvent ils ne réalisent pas. Et puis on doit encourage les initiatives comme le label Handi-accueillant qui a été lancé par la Ville."


Chose étonnante qui ressort du baromètre de l’APF, les cabinets médicaux et paramédicaux sont en retard en matière d’accessibilité.
"Par définition, une personne handicapée fréquente beaucoup plus les médecins que les personnes valides. Du coup, face à ce problème d’accessibilité, elle se retranche vers des centres spécialisés. Alors c’est vrai qu’il y a des contraintes architecturales parce que souvent les cabinets médicaux ne sont pas de plain-pied et se retrouvent dans des étages en résidence où c’est complètement impossible de mettre en accessibilité le bâtiment.
Il y a aussi des médecins traitants qui ne voient pas d’un bon œil d’accueillir des personnes handicapées dans leur clientèle. Notamment les dentistes. Parce qu’elles ne savent pas parfois prendre en charge une personne handicapée."


L’équipe municipale de Lyon est-elle volontariste sur cette question d’accessibilité ?
"Oui, d’ailleurs il y a un travail de concertation et de collaboration qui se fait régulièrement, notamment par l’intermédiaire de la commission communale d’accessibilité.  Une habitude a été prise depuis plusieurs années. Les associations sont largement associées et écoutées. Dans le Rhône, on a la chance d’avoir un collectif de 25 associations, le CARPA, qui siège dans des commissions de la Ville."

Le 1er janvier 2015, la loi imposera à tous les bâtiments publics et privés d’avoir des conditions d’accès aux personnes en situation de handicap.
"Il ne faut pas se voiler la face, vu le retard qu’on a en France. Il ne nous reste plus que deux ans. Alors il y a des chantiers et les diagnostics ont été faits. Du coup, j’ai envie de dire que c’est aux personnes handicapés de saisir la justice, parce qu’elles auront le droit, pour signaler une discrimination par rapport à la liberté de circuler dans leur ville.
A Lyon, dans deux ans, on sera assez bien positionné. Tout ce qui est ERP, la programmation sera terminée. Par contre pour les commerces de proximité…"



Tags : ça jazz à lyon | handicapé |

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