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Benoît de Valicourt - DR

Sois belle et rebelle !

Benoît de Valicourt - DR

Elles ont en commun les contes des Mille et une nuits, elles sont belles, elles ont la peau dorée, des cheveux d’ébène et le regard profond. Elles sont douées et aspirent à laisser une trace dans la vie politique française. Lyon leur a offert un tremplin, Matignon leur ont donné un maroquin.

Si j’ai choisi de consacrer cet édito à ces deux femmes politiques d’origine maghrébine, c’est parce que je condamne les dérives xénophobes de notre société et que le portrait que je fais de Najat Vallaud-Belkacem et Nora Berra aurait pu être celui de Stéphanie et Sylvie, l’une de gauche, l’autre de droite mais toutes les deux ayant une revanche sociale à prendre.

Quand j’ai croisé Nora Berra pour la première fois, elle était secrétaire d’Etat à la Santé sous tutelle de Xavier Bertrand (l’assureur qui avait dû fourguer un paquet de contrats prévoyance santé et retraite pour se retrouver à la tête d’un super ministère du travail, de l’emploi et de la santé). Elle a dû être nommée à ce poste en toute logique puisqu’elle s’était occupée des aînés qui comme tout le monde le sait sont les grands responsables des dérives de nos frais de santé et qu’il fallait remettre de l’ordre dans les prescriptions médicales de nos petits vieux qui n’ont plus que leur médecin pour garder un lien social.

C’est une belle femme, charmante et charmeuse, une femme qui ne laisse pas indifférent, une femme qui plonge ses yeux dans votre regard perdu sur la volupté de ses lèvres … elle le sait ! Passé ces premiers émois, on découvre une femme politique intéressée mais pas assez calculatrice. Elle a succédé à Rachida Dati dans son rôle de minorité visible, de discrimination positive et de ministre issu de la diversité, mais ne leur dites pas, elles détestent qu’on leur rappelle, sans doute parce qu’elles pensent qu’il est politiquement incorrect de le dire mais je crois surtout qu’il est incorrect politiquement de ne pas le dire !

Quand Dominique Perben tente d’étouffer son nom dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, Nora Berra vient d’être élue au Parlement européen ; ses expériences politique et professionnelle ne justifient pas son entrée au Gouvernement, en revanche son patronyme et son implantation territoriale sont sa caution. Mais pourquoi pas ? Après tout, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et il lui appartenait de faire oublier cette promotion identité.

Par mauvais calcul, Nora fera exactement le contraire au moment des investitures UMP pour les législatives de 2012 ; sur les conseils d’un haut fonctionnaire passablement aviné, l’ancienne ministre criera au racisme de certains membres de la commission d’investiture alors que la vérité se situe davantage sur le non courage des oligarques parisiens du parti à qui on a dit que Belphégor* en bonne lyonnaise du 6e arrondissement incarnait à elle seule la 4e circonscription. J’étais pourtant convaincu que Nora Berra en tant que ministre devait s’inscrire dans les pas de tous les anciens membres de gouvernement de droite ayant permis une enclave parisienne à Lyon.
Et pourtant, elle s’en est donnée du mal pour faire valoir sa légitimité, j’ai assisté toute une journée, dans son bureau de la rue de Grenelle, à la réalité du pouvoir politique : pendant plus de 6 heures, Nora Berra n’a eu de cesse d’intriguer entre coup de fil à son gourou Jean-Luc Mano, réponses aux questions de journalistes et rédaction d’une missive manuscrite au Président de la République lui implorant son soutien … et pendant ce temps, le trou de la Sécurité Sociale continuait de se creuser, les HCL supprimaient la prime de nuit des infirmiers et les maternités fermaient dans les départements sinistrés de la 5e puissance du monde.

Mais la bête politique ne désarme pas et les élections municipales sont un moyen d’exister, seulement sans siège à l’AN parce que non investie par l’UMP, Nora n’est pas incontournable même si elle sait taper du poing sur l’inénarrable Gouy-Perret qui ne résistera pas, trop émotif, préférant qualifier sa patronne de folle plutôt que de travailler à en faire un leader dans une ville où les valeurs d’humanisme, de respect, de tolérance, de social-démocratie et de libéralisme social ont depuis longtemps ringardisé les tenants d’une droite formolisée dans les bocaux d’Ainay et des Brotteaux.
Face à l’incapacité de Michel Havard à incarner le changement pour Lyon, je lance l’idée d’un duo Berra-Hamelin sans premier, ni second, juste un homme, une femme, l’un élu à la Croix-Rousse, l’autre dans le 8e, ayant toutes les complémentarités évidentes et nécessaires. Mais les égos sont plus forts et plus importants que la vie des Lyonnais et même si le rapprochement aura bien lieu, il se soldera par un échec aux Primaires et des vacances sur le bassin d’Arcachon pour nos deux sarkozystes !

Aujourd’hui, chacun tente de se raccrocher au nouveau président de l’UMP, on ne sait jamais s’il était élu Président de la République, il y aura bien quelques postes à pourvoir après l’épuration politique qu’il faudra faire pour libérer le pays du monopole bienpensant de la gauche.
Nora Berra avait toutes les cartes pour réussir mais comme pour moi, les origines, le patronyme et l’image ne suffisent pas, il faut aussi travailler.

Quant à Najat, c’est l’histoire d’une petite fille qui rêvait de devenir une star. Quand elle arrive en France pour rejoindre son papa, elle a 5 ans, c’est l’époque de l’école des fans et Jacques Martin n’a pas su repérer celle qui aurait aimé faire la Star Academy si le PS ne l’avait pas auditionnée pour rejoindre la cohorte des indignés  du second tour de l’élection présidentielle de 2002, comme si le Parti Socialiste n’avait pas sa lourde responsabilité dans la qualification de Jean-Marie Le Pen.
Je ne sais pas si Najat chante bien, mais je sais qu’elle a du talent et à défaut de voir son nom en lettres lumineuses sur l’Olympia, elle occupe la première place dans la presse (même moi, je succombe à son charme !).

Produit de l’entre soi, elle est imposée par sa copine de promotion à Science-Po, Caroline Collomb, dans l’équipe du Maire de Lyon pour travailler sur la démocratie de proximité, la lutte contre les discriminations, la promotion des droits des citoyens, leur accès à l’emploi et au logement. Comme s’il suffisait d’être issu de l’immigration pour lutter contre les discriminations et l’exclusion. Mais, chassé, le naturel, il revient au galop et en 2008, Gérard Collomb nomme Najat Vallaud-Belkacem 6e adjoint chargé des grands événements et de la jeunesse, de quoi en faire la star de la fête du 8 décembre, elle qui prend si bien la lumière.

Les choses sérieuses commenceront avec son rôle de porte-parole de maman Ségolène et papa François pour deux campagnes présidentielles. Les Français auront le temps de s’habituer à celle qui ne laisse personne indifférent avec son sourire carnassier et ses yeux qui pétillent d’ambition.
Ministre du Droit des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem ne me laisse aucun souvenir, sans doute parce que ce ministère n’a aucun sens à l’heure de l’égalité des sexes qu’elle défend tant, si ce n’est sa loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes qui est symboliquement promulguée le 4 août 2014, en référence à la Nuit du 4 août 1789, comme s’il y avait une quelconque similitude, alors qu’elle aurait pu choisir le 5 octobre en référence à l’ordonnance de 1944 relative au droit de vote des femmes.

Ministre de l’Education Nationale, elle renforce l’idée de lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes et son ABCD de l’égalité est un hommage à ses faux jumeaux Nour et Louis, produits de la théorie d’un genre, celui de la diversité et de la mixité, mais surtout celui de la fraternité !
Je n’ai pas compris tous ces débats autour de l’égalité garçon-fille, il me semble tellement évident qu’il n’y a pas de différence mais seulement des compétences et des appétences qu’il faut nourrir et développer pour que chacun trouve sa place dans la société.
Certes, il y a du boulot ! Quand je repense à Jacques Séguéla qui déclarait que la nomination de Najat au ministère de l’Education Nationale était  une erreur de casting parce qu’elle ne pourrait pas être à la hauteur intellectuelle des plus grandes sommités, je me demande si le publicitaire des années 80 a oublié qu’un ouvrier fraiseur a été Premier ministre ou que Benoît Hamon, licencié en histoire a aussi été ministre de l’Education Nationale. Mais Jacques Séguéla est né à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote !

Qu’elle agace, qu’elle dérange, c’est normal, elle bouscule un ministère qui a vu passer les ténors de la politique française, les intellectuels et les apparatchiks de tout poil, empreints d’un certain conservatisme, reculant devant une administration morcelée, divisée, détenant le pouvoir d’infantiliser des générations pour donner du temps de cerveau disponible aux chaines de télévision.
Mais elle ne le bouscule pas pour lui redonner son lustre, elle le bouscule parce qu’elle se sert du ministère comme un élément de communication de la politique de François Hollande s’appuyant sur sa relative proximité avec la jeunesse et sur la bienveillante attention du corps enseignant à son égard qui salue le produit de la méritocratie cher aux idéaux socialistes.

Quand Najat Vallaud-Bekacem lance un plan contre le décrochage scolaire, on ne peut que saluer. Quand elle veut réformer les notes scolaires parce que cela stigmatise les élèves ou demander l’autorisation aux parents pour un redoublement, on doit dénoncer un nivellement par le bas qui ne permettra pas à la France de continuer à rayonner. J’entends des professeurs m’expliquer que l’orthographe n’est plus une priorité parce qu’il faut tenir compte de l’immigration et de la difficulté des enfants étrangers à apprendre le français. Mais à l’époque de Jules Ferry, est-ce que tous les petits bretons, les petits auvergnats ou les petits landais parlaient le français ? bien sûr que non, ils allaient à l’école pour l’apprendre !
Cela voudrait-il dire Madame le Ministre que si l’école de la République avait été plus élitiste vous ne seriez pas devenue ministre parce que les "premiers à qui sont offerts les hasards heureux de la vie sont plus souvent les Claudine Dupont que les Najat Belkacem" ?

Je ne le crois pas un instant, je refuse de croire à un hasard ségrégationniste, je refuse l’idée d’une xénocratie, je refuse la discrimination positive, je crois en la capacité des individus à prendre leur destin en main, quels que soient leur origine, leur religion, leur sexe ou leur couleur.

Benoît de Valicourt



Tags : de valicourt |

Commentaires 9

Déposé le 11/12/2014 à 19h54  
Par Trotro Citer

beurk a écrit le 11/12/2014 à 18h57

n'importe quoi ! un verbiage prétentieux et opportuniste !
des articles comme ça on s'en passerait à l'heure actuelle !
de la démagogie de bazar !

Moi ca me fait marrer. Va lire l'Obs et fais pas iech

Déposé le 11/12/2014 à 18h57  
Par beurk Citer

n'importe quoi ! un verbiage prétentieux et opportuniste !
des articles comme ça on s'en passerait à l'heure actuelle !
de la démagogie de bazar !

Déposé le 11/12/2014 à 10h58  
Par Midget Citer

Mouais. Très verbeux. Presque agressif.

Déposé le 09/12/2014 à 11h58  
Par Berbère obs Citer

Pfffffff. Le sourire berbère du moment est une excuse liée à la "diversité", ce machin inventé par les bien-pensants. La réalité est tout autre. Qui croit une demi seconde qu'une femme de cet âge soit en mesure de gérer réellement un ministère comptant plus d'un million de fonctionnaires ? Personne. Et c'est normal. tout cela est du folklore. Ce n'était pas grave lorsque notre pays n'était pas en crise. Aujourd'hui c'est tragique. Il est donc grand temps que tous les guignols actuels ravis, financièrement notamment, de jouer les ministres rentrent chez eux. Pour notre plus grand bien.

Déposé le 09/12/2014 à 11h12  
Par le vilain Citer

Elles sont belles mais elles ne finiraient pas premières d'un tournoi de Trivial Pursuit !

Déposé le 09/12/2014 à 10h43  
Par Ahmed Citer

Norra Bera et Najat Belkacem des rebelles !!!
Debouzze un révolutionnaire pendant qu'on y est.

Ces hommes et femmes issues de la diversité qui réussissent sans se compromettre, ce sont cette majorité d'entre eux qui se lèvent, vont bosser et vivent leurs vies "normales" sans que des apprentis sorciers les manipulent à des fins électorales et portent au pinacle des assoiffé(e)s de pouvoir, d'argent et de sexe.

Je ne me sens rien de commun avec ces femmes issues du Magrheb comme moi.
Elles n'ont rien de rebelle et encore moins de réprésentativité de la diversité, cette diversité qui ne se compromet pas avec des personnages, peu importe leurs origines, avides de vivre grassement de l'argent public de tous les français de souche ou issus de la diversité.

Des rebelles... cumulardes, vous m'avez bien fait rire et je vous en remercie.

Déposé le 09/12/2014 à 10h08  
Par Jeansais Citer

Bravo bel article je partage son analyse..
Mais les" belles" sont elles encore "les rebelles de Lyon" ?
peuvent elles l'être d’ailleurs (rebelles) ?

Déposé le 08/12/2014 à 20h21   Depuis l'application iPhone Lyonmag  
Par Edmi Citer

Très bel article. Je partage complètement l'opinion du journaliste.

Déposé le 08/12/2014 à 17h44  
Par Louis Citer

" ...Je refuse de croire à un hasard ségrégationniste, je refuse l’idée d’une xénocratie, je refuse la discrimination positive, je crois en la capacité des individus à prendre leur destin en main, quels que soient leur origine, leur religion, leur sexe ou leur couleur".
On aimerait y croire. J'y crois, à 80%. Et puis il y a les 20% qui restent ... Pas toujours si facile. Surtout quand parfois l'histoire semble vouloir faire marche arrière.

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