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Crise financière : “Ralentissement inévitable”

Quelles vont-être les conséquences de la crise financière ? Les réponses de Marie-Noëlle Calès, maître de conférence à la Fac de sciences éco Lyon 2.

Les conséquences de cette crise financière ?
Marie-Noëlle Calès : Il va d’abord y avoir un effet boule de neige sur les banques françaises. En effet, certaines banques se sentaient protégées car elles avaient peu acheté de titres risqués, c’est-à-dire des subprimes, mais en fait, beaucoup de banques ont prêté de l’argent aux institutions américaines qui ont été touchées. Des sommes qui ne leur seront pas remboursées. En plus, le gros problème, c’est qu’on a l’impression qu’elles ne connaissent même pas vraiment leur niveau d’exposition aux risques !
Il y a des risques de faillite ?
Je ne pense pas. D’abord parce que les grandes banques françaises ont une activité traditionnelle importante, c’est-à-dire avec les entreprises et les particuliers. Notamment beaucoup de crédits immobiliers qui n’ont évidemment pas été réalisés comme aux Etats-Unis. Donc ce sont des revenus sécurisés. Ensuite, on a quand même tiré les leçons de la crise de 29 où l’Etat n’était pas intervenu sous prétexte que le système bancaire devait être assaini par les faillites. Résultat, les épargnants avaient perdu leur argent, les entreprises ne pouvaient plus emprunter. D’où une crise sociale sans précédent. Aujourd’hui, aucun gouvernement ne pourrait tolérer ça. D’ailleurs, quand le Crédit lyonnais, une des 10 plus grandes banques mondiales, s’est retrouvé en difficulté, l’Etat français est intervenu.
Mais l’Etat est déjà sur endetté !
Oui, mais l’idée c’est d’enrayer l’effet boule de neige. Exemple, aux Etats-Unis, quand le gouvernement vient au secours de l’assureur AIG, il prend les créances à sa charge, donc les économies des épargnants, ce qui évite la panique. Mais en échange, il devient propriétaire de l’entreprise à la place des actionnaires qui sont donc sanctionnés. Mais quand la confiance sera revenue, l’Etat revendra AIG pour être remboursé. C’est ce qui s’est passé au Japon dans les années 90 qaund une crise financière a frappé l’Asie du Sud Est.
Les conséqeunces concrètes de cette crise pour les gens ?
Le ralentissement économique est inévitable. Car les Etats-Unis étant un partenaire important pour la France. Du coup, l’emploi va se tasser, les taux d’intérêt vont remonter. Or comme les entreprises vivent par nature à crédit, elles risquent d’avoir des difficultés. Même chose pour les crédits immobiliers aux particuliers. Mais les établissements financiers ne vont pas pour autant couper le robinet. Car ces crédits sûrs rapportent beaucoup d’argent ! De plus, l’économie française est considérée comme moins réactive à la conjoncture internationale à cause de la rigidité de ses structures. En période de croissance, c’est un problème, mais là, ça risque de limiter l’impact de la crise. En revanche, ceux qui risquent de vraiment trinquer, ce sont les salariés des banques. Car les actionnaires étant habitués à des rendements importants, il faudra bien trouver des marges en restructurant, donc en licenciant. Mais au final, je crois aux bienfaits de la destruction créatrice que va provoquer cette crise. D’où l’intérêt du rapport Ricol qui propose des solutions intéressantes et de bon sens pour assainir le système financier.



Tags : crise financière | Marie-Noëlle Calès |

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