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Lyon : les bénévoles alertent sur le manque de prise en charge des mineurs étrangers

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Pour venir en aide aux mineurs isolés étrangers  les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) de la Métropole de Lyon sont en première ligne. Au sein de l’ASE, le service de la MEOMIE  est  le poste de commandement pour s’occuper des mineurs étrangers. Mais de l’avis de la trentaine de bénévoles aidant les mineurs isolés qui tenaient une conférence de presse ce jeudi, ce poste de commandement  MEOMIE a coulé. 

Une conférence de presse où deux d’entre eux, Claude Fréaud et Clélie Mercier  occupent la tribune, mais où chacun des bénévoles présents a une histoire d’un jeune migrant à raconter. Des histoires de problèmes de santé, des histoires de dénuement, des histoires de difficulté d’accès. A l’école par exemple. Officiellement c’est à la MEOMIE d’accompagner le jeune jusqu’à son inscription dans une école, un collège, un lycée. Mais concrètement, sans bénévole pour tenir la main du jeune migrant ce dernier ne verrait pas souvent un banc d’école, car le chemin de la scolarisation est un chemin de croix.

 

Et entre le moment où un jeune est repéré comme isolé à Lyon et le moment où il sera scolarisé, une année peut s’écouler.  Il faut passer par un Centre d’orientation, obtenir un rendez- vous pour avoir le droit de passer un test dit de "positionnement", puis être orienté vers une école après être passé par une commission puis, enfin,  par recevoir une affectation des services académiques.

 

Les bénévoles le reconnaissent : "l’Inspection a fait des efforts pour ouvrir des classes et pour ne pas laisser les jeunes sur le carreau". Les chiffres sont importants : rien que dans le département du Rhône,  il n’y a pas loin de 3000 jeunes scolarisés majoritairement non francophones, et certains analphabètes. Catherine Lachnitt, Inspectrice pédagogique - responsablede ce Casnav  qui fait travailler 110 profs - connaît bien le nombre de places limitées à offrir. Mais aussi les capacités adaptatives du système : "Dès que le Rectorat me donne un prof disponible et formé à l’enseignement du Français pour les étrangers  je dis oui tout de suite. C’est arrivé en avril, et en plus le proviseur du lycée Lacassagne m’a donné une salle. Grâce à cela, de début mai à début juillet des élèves non francophones ont 9h de cours de français par semaine, ce n’est pas rien". Mais elle évalue  aussi ce que ces mineurs doivent aux bénévoles : "Quand j’ai appris que des élèves de Normale sup Lyon  donnaient bénévolement des cours de  français à ces mineurs, j’ai trouvé ça aussi extraordinaire que ce que fait ce collectif A.M.I.E".

 

Officiellement c’est  la MEOMIE  qui reste responsable du  mineur, mais un parent ne se remplace pas si aisément. "Un jeune scolarisé peut avoir une demi-journée  de libre par semaine. C’est très loin d’être suffisant pour obtenir un rendez-vous avec son responsable légal à la MEOMIE. Les papiers demandés par l’école ne sont jamais signés". Pas seulement : les fournitures scolaires ne sont pas fournies, ou au compte-goutte, la cantine est souvent payée par les fonds sociaux de solidarité du collège où le jeune migrant est affecté, et pas par la Méomie.

Résultat, comme le dit Claude dans un éclat de rire : "si un mineur tombe sur un bénévole riche c’est le gros lot, sinon…". Pour les bénévoles la MEOMIE  fait des économies de bout de chandelle : "un de mes jeunes est logé à Perrache et va dans un lycée professionnel à Givors. Ils n’ont pas voulu lui donner de billets SNCF, résultat il prend trois bus et met 1h30".

 

Reste la question du parcours scolaire. Coralie explique : "La plupart …  ont quitté leur pays pour ça. Ils étaient dans des villages pauvres  dans les champs…  le père meurt, l’oncle épouse la mère, il fait travailler les enfants". Une fois traversé le désert libyen, franchi toutes les étapes administratives ou locales, le jeune mineur isolé pourrait-il suivre la voie scolaire qui lui correspond ? "On a souvent des cas d’orientation forcée vers le professionnel. Le  jeune dont je m’occupe voulait aller en seconde générale avec le niveau nécessaire et j’avais beau avoir la copie d’un mail d’Hervé Diaite [le directeur de l’Aide Sociale à l’Enfance] rappelant au collège que toutes les voies scolaires étaient possibles,  ils  lui ont proposé BEP compta gestion. Le jeune a dit "je prends ça parce que j’ai peur"".

 

Mais peur de quoi ? De ne pas obtenir un  titre de séjour que le jeune mineur sera devenu majeur. "Il y a probablement une règle non écrite selon laquelle la Préfecture du Rhône donne plus difficilement un titre de séjour à celui qui suit des études générales.  Ça pèse lourd", explique enfin un bénévole.

Au terme d’un constat vécu au quotidien par ces bénévoles, les pouvoirs publics font donc  fort peu  au regard des besoins immenses dont ils sont les témoins directs.

 


@lemediapol



Tags : mineurs migrants | mineurs non accompagnés | mineurs isolés |

Commentaires 1

Déposé le 20/05/2018 à 09h26  
Par A BIENTOT Citer

Eh! les parents ou sont-ils, laisser des mineurs partir seul de leur pays c'est inconcevable, c'est une honte de laisser ses enfants dans la nature surtout en dehors de son pays.....
Mais nous sommes obliger de subvenir à leurs besoin...

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