Politique 06-02-2010 à 15:01
Le meeting de lancement de campagne de l’UMP pour les Régionales de mars s’est tenu vendredi soir à l’Espace Tête d’Or à Villeurbanne. Françoise Grossetête et les têtes de listes départementales y ont, tour à tour, présenté leur programme à travers dix engagements. Au menu : la promesse de ne pas augmenter les impôts, de valoriser la formation, raccourcir les circuits entre les différentes entités territoriales, désengorger les territoires. A noter la présence de Bernard Accoyer, président de l’assemblée nationale, en CDD de 44 jours à la tête du comité de soutien régional à Françoise Grossetête. Une ambiance convenue pour une soirée sans enthousiasme. Récit.
«Françoise Grossetête n’est pas dans le déclaratif, elle est dans l’action.» Philippe Cochet, président de la fédération UMP du Rhône, y va de son petit compliment. A la tribune, Damien Abad, tête de liste de l’Ain, cite De Gaulle pour terminer son discours. Et tous passent au pupitre, têtes de listes départementales en binôme, rivalisant de mots plus ou moins subtils à l’encontre de Jean-Jack Queyranne, que tous renomment «Jean-Jack 1er.» Ça y est, la campagne UMP a été lancée vendredi soir en Rhône-Alpes, devant un parterre de 500 sympathisants. De toutes les fédérations départementales, hommes et femmes se sont déplacés pour faire le nombre. Un public en éveil par intermittence, mais qui aura eu le mérite de sortir de sa torpeur à l’évocation du nom de Nicolas Sarkozy par la tête de liste de la Loire et maire de Feurs Jean-Pierre Taite. Reflexe conditionné sans doute, le tout sous l’oeil bienveillant et approbateur de Bernard Accoyer, tribun d’un soir, au titre de sa présidence au comité de soutien régional à la candidate UMP. Des références à De Gaulle, du Nicolas Sarkozy sous-jacent dans le texte, et la présence du quatrième personnage de l’État pour l’occasion, l’UMP a sorti la grosse artillerie pour marquer son entrée dans la bataille. Et la région Rhône-Alpes dans tout ça ?
" Une majorité radis-pastèque "
Chaque tête de liste départementale y est allé de sa doléance à la tribune. Et si, à reprendre Philippe Cochet, Françoise Grossetête est dans l’action, ses lieutenants départementaux se sont plus confortés dans une posture de réaction. Et l’objet du courroux, c’est évidemment Jean-Jack Queyranne, auquel on objecte pêle-mêle un endettement record, une aliénation aux Verts, et un manque de cohérence idéologique. «Une majorité composite» pour Bernard Accoyer, quand Fabrice Marchiol, tête de liste en Isère, évoque une majorité «radis-pastèque» pour vilipender «la majorité de convenance» rose-verte emmenée par Jean-Jack Queyranne, pastichant au passage une célèbre formule politique (1). Au reproche de l’inconstance idéologique s’ajoute celui des actions menées durant le mandat. Et quand Philippe Meunier, numéro deux sur la liste du Rhône, évoque, sanglots dans la voix, le souvenir du projet de la gare de l’aéroport Saint -Exupéry, mené autrefois par une droite majoritaire à la Région, l’auditoire manque verser sa larme. Souvenir, souvenir... Entre costaud et mélo, les arguments avancés vendredi soir avaient plus des allures de matraquage en règle des adversaires que de programme. Et Françoise Grossetête de terminer ce grand oral collectif par son discours, et invitant ses camarades de la tribune à entonner avec elle la Marseillaise. Une longue session oratoire où chacun a pu glisser sa formule. La parole donnée à tous, l’unité retrouvée, voilà pour les apparences. Mais en coulisses, les dissensions demeurent, et la grogne persiste.
" Elle est où la diversité ? "
«Elle est où la diversité dans cette liste ?» s’emporte Mustapha Ghouila dans le vestibule de l’Espace Tête d’Or, alors même qu’à la tribune ses colistiers parlent encore. Le délégué du Rhône et vice-président de l’ANEB, 20ème sur la liste du Rhône, ne mâche pas ses mots. Lui aussi fait partie des mécontent, des mal placés. «En 2004, j’étais 16ème, en 2010, je suis 20ème... A quoi dois-je m’attendre pour le prochain scrutin ?» Et la cas de Mustapha est symptomatique de l’acrimonie ambiante. L’argument de la diversité pour justifier du mécontentement de sa place sur la liste, où quand l’éthique bienvenue prend la défense des intérêts privés. Cela reflète d’ailleurs bien l’ambiance de cette soirée de vendredi : tout est en place mais rien ne convient. L’enthousiasme affiché sera-t-il suffisant pour emporter la majorité des sympathisants, quand les colistiers hurlent au scandale pour un rang de plus ou de moins ? Difficile d’y croire, même avec la meilleure volonté. Et que dire des absences criantes d’Emmanuel Hamelin et de Laure Dagorne, conseillers régionaux sortants et victimes expiatoires du renouvellement et de l’ouverture. Certes Jean-Claude Carle, tête de liste en Haute-Savoie et président du groupe d’opposition UMP au conseil Régional, y est allé de sa petite sympathie. «Nous avons une pensée pour ceux qui ont été avec nous pendant six ans au conseil» réconforte-t-il. S’ils ont fait le choix de ne pas venir, ils seront sans doute contents d’apprendre qu’à la tribune, on pense à eux. Peut être auraient-ils préféré qu’on les évoque à la constitution des listes, plutôt que dans une sonnerie aux morts convenue.
Et pourtant, entre Jean-Jack Queyranne et Françoise Grossetête, il n’y a pas tant de différences. Leur programme est présenté selon le principe d’une liste exhaustive numérotée (quinze points pour Queyranne et dix engagements pour Grossetête) et les enjeux abordés sont sensiblement les mêmes. Aucune spécificité particulière comme le Modem d’Azouz Begag qui veut parler aux gens du haut d’un tabouret ou Europe Écologie d'un Philippe Meirieu émerveillé quotidien de l’écologie-panacée. Mais il manque une magie, un emportement collectif du côté de l’UMP, qui est beaucoup plus palpable du côté de la campagne de Jean-Jack Queyranne. Et pourtant, à voir Pascal Ronzière et Jérémy Thien, pourtant rivaux dans la 9ème circonscription du Rhône, rigoler ensemble de bon coeur, on imagine la concorde pas très loin. L’UMP a 43 Jours pour s’inventer l’enthousiasme nécessaire pour emporter le suffrage des électeurs, et faire mentir les sondages. Gageure ou objectif, réponse le 21 Mars, au soir du deuxième tour des Régionales.
(1) Formule définissant les radicaux de l'entre-deux-guerres : "Les radicaux, c'est comme les radis, rose à l'extérieur, blanc à l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre"
Interview de Françoise Grossetête au sortir du meeting de vendredi à Villeurbanne.
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Commentaires 21
Déposé par lol le 10/02/2010 à 10h27 Citer
Déposé par michel le 09/02/2010 à 23h17 Citer
Déposé par a monsieur ghouila le 09/02/2010 à 10h32 Citer
Déposé par nicov le 08/02/2010 à 13h29 Citer
Déposé par Joseph le 08/02/2010 à 10h06 Citer
Déposé par Joseph le 08/02/2010 à 10h02 Citer
Déposé par Sam le 08/02/2010 à 09h17 Citer
Déposé par alexis le 07/02/2010 à 23h37 Citer
Déposé par JC le TOUNSI ! le 07/02/2010 à 20h43 Citer
Déposé par La Gauche le 07/02/2010 à 11h35 Citer
Déposé par JC le TOUNSI ! le 07/02/2010 à 09h33 Citer
Déposé par JC le TOUNSI ! le 07/02/2010 à 09h28 Citer
Déposé par nadia le 06/02/2010 à 20h41 Citer
Déposé par France-Diversité le 06/02/2010 à 19h51 Citer
Déposé par jean le 06/02/2010 à 18h45 Citer
Déposé par Le Gessien le 06/02/2010 à 18h32 Citer
Déposé par nafnaf le 06/02/2010 à 17h41 Citer
Déposé par Nadia le 06/02/2010 à 17h40 Citer
Déposé par le gastronome le 06/02/2010 à 17h20 Citer
Déposé par le malin le 06/02/2010 à 17h17 Citer
Déposé par boudigue le 06/02/2010 à 16h57 Citer