Faits Divers 20-07-2012 à 14:42
Dépôt du Grand Lyon à Vénissieux où l'agent s'est immolé - Photo Lyonmag.com
Le drame qui a secoué le Grand Lyon et la subdivision vénissiane du service Nettoiement jeudi a mis en lumière un mal-être chez les salariés.
Par respect, personne ne veut relier le geste malheureux de Manuel Gongora à
l’ambiance pourrie qui règne à Vénissieux mais les langues se délient.
Un agent de maîtrise, qui connaissait bien la victime, décrit une
situation révoltante pour les "petits salariés". "Les "anciens"
sont vraiment en place. Ils connaissent tout le monde, ils s’arrangent
entre eux. Un système quasi mafieux. Pour les petits nouveaux qui
arrivent comme moi et comme Manuel Gongora, c’est très dur. Les anciens
ne sont jamais contents de notre travail et ils se pavanent devant nous.
Certains prennent leur véhicule de fonction pour aller faire des
courses personnelles ou se balader. Tout ça a entrainé des tensions et
Manuel s’est battu avec un autre agent en mars ou en avril. Ils en sont
venus aux mains, les chaises ont volé. C’est pour ça qu’il est passé en
conseil de discipline".
Manuel Gongora écopera d’une sanction de douze jours de mise à pied. "Le Grand Lyon a tenu à conserver cette punition malgré la baisse finalement
réclamée par le conseil, précise Pascal Bouchard, délégué CFDT. Jeudi
soir, le vice-président aux ressources humaines Pierre Crédoz a indiqué
aux syndicats que la tolérance zéro était appliquée".
Selon les premiers éléments de l’enquête, cette sanction serait à
l’origine du geste dramatique de Manuel Gongora. "La veille de
l’accident, je l’ai entendu discuter et crier au téléphone, probablement
avec son syndicat à propos de la sanction, indique son ami agent de
maîtrise. Il était de plus en plus isolé, le vilain petit canard dont on
surveillait chaque faits et gestes. Moi, j’ai discuté avec Manuel ce
jour là. On parlait de sport et des vacances, jamais j’aurais pu croire
qu’il tenterait de se suicider". Du côté du Grand Lyon, on précise que
la sanction n’a pas été "notifiée et qu’elle n’était pas définitive".
Désormais, les différents acteurs s’écharpent. Lors de la réunion
extraordinaire entre Pierre Crédoz et l’ensemble des partenaires
sociaux, le comportement du vice-président a choqué la CFDT. "On a été
très surpris du discours car la responsabilité a été mise sur les
syndicats. Soi-disant, ce drame résulterait des guerres entre syndicats",
indique Pascal Bouchard, non présent à la réunion par respect pour la
famille Gongora. Très ému, le délégué syndical n’a pas apprécié que
l’esprit de tolérance zéro soit rappelé par Pierre Crédoz : "on a
trouvé qu’aborder ce sujet alors que notre collègue est entre la vie et
la mort, c’était grave. Je suis scandalisé. On a rien retenu de France
Télécom ? Tout ça pour faire du chiffre ?"
La responsabilité des syndicats est toutefois décriée par certains
agents du Grand Lyon. "Déjà, il y a trop de syndicats. Ca ne sert à
rien. Entre eux, ils se bouffent la gueule, on l’a vu durant l’épisode
de la grève des éboueurs. Et en plus, ils se préoccupent surtout de
faire rentrer au Grand Lyon des membres de leurs familles. Ces
arrangements font empirer notre sentiment de révolte. Je sais que c’est
partout pareil mais à Vénissieux, c’est pire. Entre nous, la
subdivision, on l’appelle Guantanamo", se plaint le collègue de Manuel
Gongora.
Enfin, le président du Grand Lyon Gérard Collomb en prend également pour
son grade pour son manque de réaction. "J’aurais bien aimé voir un
communiqué de sa part. La seule chose que je vois, c’est qu’ils essayent
de se justifier par rapport à une sanction qui a été maintenue. Il fait
quoi le président ? Il est en vacances alors qu’il y a un agent dans un
état grave. En 30 ans, je n’ai jamais connu ça", déplore Pascal
Bouchard. Vendredi, le Grand Lyon a publié un communiqué dans lequel il
tient à rappeler "que durant ces derniers mois plusieurs incidents
graves se sont produits à la suite de conflits internes entre agents. A
chaque fois, l'administration a fait des enquêtes, saisi le conseil de
discipline et prononcé un certain nombre de sanctions proportionnées à
la gravité des faits reprochés".
Brûlé à 80% après s’être immolé jeudi matin, Manuel Gongora, 47 ans, se
trouve toujours dans un état critique à l’hôpital Edouard-Herriot.
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Commentaires 11
Déposé le 11/08/2012 à 10h43
Par taboule Citer
Déposé le 26/07/2012 à 21h45
Par franck Citer
http://www.rue89lyon.fr/2012/07/26/lagent-du-grand-lyon-qui-sest-immole-aurait-ete-victime-de-harcelement/
Déposé le 22/07/2012 à 19h17
Par tidine69 Citer
Déposé le 21/07/2012 à 20h54
Par Ecoeure Citer
Déposé le 21/07/2012 à 18h03
Par éboueur de class Citer
Déposé le 21/07/2012 à 13h59
Par liberté chérie Citer
Les causes qui ont conduit cet Homme, à s'immoler sont assez similaires à celles que j'ai subit à la ville de Lyon.
En résumé, des titulaires qui font ce qu'ils veulent. Une hiérarchie et des syndicats complices.
Toi tu est honnête. Tu mets beaucoup d'espoirs dans ton nouveau poste. Tu vit mal, ce qui se passe autour de toi et tu t'exprime.
Du jour au lendemain, tu devient le pestiféré et le souffre douleur d'ordures.
En décembre 2008, un agent du services des fêtes et festivités de la ville de Lyon, s'est donné la mort, devant son lieux de travail dans le 8ème arrdt.
Sa jeune collègue, elle aussi victime de harcèlement a été mutée à la mairie du 4ème.
La hiérarchie et les syndicats ont demandé aux agents de se taire...
Jusqu'à quand les langues vont restées liées ?
Du fond du coeur, j'espère que cet Homme va rester en vie, pour qu'il s'exprime sur les causes et désigne les individus responsables de son acte.
J'ai dit tous. Du plus bas de la hiérarchie au plus haut en passant par les pseudos défenseurs des agents.
J'adresse toute ma sympathie et tristesse, à cet Homme et sa famille.
http://www.yvandelyon.blogspot.com
Déposé le 20/07/2012 à 21h23
Par dommage Citer
Et d'ailleurs puisqu'il n'est plus Maire (STURLA, l'effet-Maire lui succède suite à une combine électorale), comment se fait il qu'il ait encore un siège de Vice Président ???
Il cumule lui aussi ?
Quelqu'un aurait une réponse ?
i a été fonctionnaire tout sa vie - payé par ses conitoyens -
Déposé le 20/07/2012 à 21h05
Par Yvan Citer
Les causes qui ont conduit cet Homme, à s'immoler sont assez similaires à celles que j'ai subit à la ville de Lyon.
En résumé, des titulaires qui font ce qu'ils veulent. Une hiérarchie et des syndicats complices.
Toi tu est honnête. Tu mets beaucoup d'espoirs dans ton nouveau poste. Tu vit mal, ce qui se passe autour de toi et tu t'exprime.
Du jour au lendemain, tu devient le pestiféré et le souffre douleur d'ordures.
En décembre 2008, un agent du services des fêtes et festivités de la ville de Lyon, s'est donné la mort, devant son lieux de travail dans le 8ème arrdt.
Sa jeune collègue, elle aussi victime de harcèlement a été mutée à la mairie du 4ème.
La hiérarchie et les syndicats ont demandé aux agents de se taire...
Jusqu'à quand les langues vont restées liées ?
Du fond du coeur, j'espère que cet Homme va rester en vie, pour qu'il s'exprime sur les causes et désigne les individus responsables de son acte.
J'ai dit tous. Du plus bas de la hiérarchie au plus haut en passant par les pseudos défenseurs des agents.
J'adresse toute ma sympathie et tristesse, à cet Homme et sa famille.
http://www.yvandelyon.blogspot.com
Déposé le 20/07/2012 à 20h32
Par camarade Citer
Déposé le 20/07/2012 à 19h17
Par karim Citer
Tout est dit...
Déposé le 20/07/2012 à 17h57
Par On compatit Citer
Courage à cet agent malheureux et à sa famille.