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Philippe Meunier : « Il faut que les Français assument la fiscalité verte »

Nicolas Sarkozy doit rendre ce jeudi lors d’un déplacement à Culoz dans l’Ain ses arbitrages sur la taxe carbone, ou "Contribution-Climat-Energie". Ce principe de "pollueur-payeur", élargi à tous les Français et qui est déjà appliqué dans certains pays européens, prévoit de faire payer à chaque habitant sa consommation de dioxyde de carbone. Mais cette mesure ne plaît pas à tout le monde, que ce soit dans les rangs de l’opposition ou même de la majorité. Philippe Meunier, député UMP du Rhône, fait partie de ceux-là.

Lyon Mag.com : Qu’est-ce qui vous dérange dans le principe de la taxe carbone, telle qu’elle est présentée actuellement par le Gouvernement ?
Philippe Meunier : La fiscalité verte ne m’effraie pas. Je suis plutôt favorable à la mise en place de cette mesure. Mais il ne faut pas qu’elle se mette en place au détriment des Français qui n’ont pas le choix de faire autrement que de prendre leur véhicule. Je prends l’exemple d’un trajet entre Meyzieu et Saint-Priest, qui sont distantes à vol d’oiseau de 5 kilomètres. On ne peut pas se rendre en transport en commun d’une ville à l’autre sans passer par Lyon, ce qui prend quarante minutes, ou alors il faut prendre son véhicule.

Quelles solutions proposez-vous pour étayer cette "Contribution-Climat-Energie" ?
Il y a une première solution qui consisterait à augmenter le prix de l’essence. Mais je considère que c’est une démarche trop compliquée à mettre en place car il faudrait reverser la différence entre le prix actuel et le nouveau prix aux personnes qui ne payent pas d’impôts et qui sont obligées de prendre leur voiture pour se déplacer. Je défends un autre principe : celui d’appliquer la taxe carbone au produit. En clair, si vous achetez dans un supermarché un produit qui a été fabriqué en Chine, celui-ci a fait un chemin très long et très polluant entre son usine et votre étalage. Il suffirait alors d’appliquer un barème à ce produit en fonction du chemin parcouru et de son poids. Aujourd’hui, ce principe n’est pas pris en compte dans la taxe carbone. Ce n’est pourtant pas compliqué à mettre en place et c’est une idée qui reprend le principe du "bonus-malus" pour les automobiles. Et cela permettrait en plus de favoriser les produits locaux, voire plus généralement les produits manufacturés en France.

Une réduction sur l’impôt sur le revenu ne suffit pas selon vous ?
C’est déjà un plus dans le débat sur la taxe carbone car on écoute le terrain et la population. Mais il faut le faire de façon simple. Il ne faut pas mettre en place une usine à gaz. Il faut dire aux Français d’assumer : "Vous voulez des produits bon marchés mais qui polluent, alors vous payez. Mais vous avez le choix aussi de faire autrement et de préserver au mieux notre planète en achetant à côté de chez vous."

Les divergences sont-elles fortes sur ce sujet au sein de l’UMP ?
Il n’y a aucunes divergences sur le principe de mettre en place une fiscalité verte. C’est un acquis, nous le voulons tous et l’existence du Grenelle de l’Environnement le prouve. L’UMP est, je crois, le premier parti écologique de France et on le montre depuis le début de la législature [de Nicolas Sarkozy]. Il suffit juste maintenant de se mettre d’accord sur la façon de reverser aux Français les moins pollueurs cette fiscalité. Et François Fillon a déjà fait un pas vers ce succès en annonçant qu’il y aurait des réductions d’impôts pour plusieurs millions de personnes.

Propos recueillis par Gwenaël Windrestin



Tags : environnement | taxe carbone |

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