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Véronique Laboureau : « Continuer à briser la loi du silence »

Une nouvelle permanence pour les femmes victimes de violences conjugales vient d’ouvrir dans les locaux de la mairie du 3e arrondissement de Lyon. Cela porte à quatre le nombre de permanences ouvertes dans les mairies lyonnaises (3e, 5e, 8e et 9e arrondissement), à six si on prend en compte celles de St-Fons et de Villeurbanne. Mais ce n’est pas suffisant : seulement 561 femmes ont été reçues en 2008 par l’association Fil, qui gère ces permanences, alors qu’une 1 femme sur 10 serait victime de maltraitance de la part de son compagnon. Cette ouverture dans le 3e arrondissement est aussi un message envoyé à une couche plus aisée de la population, qui est également exposée aux violences maritales, selon la présidente de l’association Fil.

Lyon Mag.com : L’ouverture de cette nouvelle permanence dans le 3e arrondissement démontre-t-elle que les victimes ne font pas encore le pas de dénoncer leurs compagnons ?
Véronique Laboureau :
Il faut que l’on continue à briser la loi du silence. Il faut autoriser les femmes à oser dénoncer des violences qu’elles peuvent subir au domicile ou dans la sphère intrafamiliale. Il y en a beaucoup mais nous n’avons pas encore atteint la largeur du fléau et beaucoup de femmes n’osent pas encore ou ne sont pas invitées à nous rencontrer et à avouer ce qu’elles vivent depuis un certain nombre d’années. Ce sujet soulève encore des doutes car il faut, nous aussi, que l’on se convainque que ces femmes sont victimes de violences. Mais plus ce phénomène sera médiatisé, plus les femmes viendront nous voir.

Pourquoi avoir choisi une mairie pour y placer une permanence ?

Avec toutes nos permanences ouvertes, cela peut permettre à celles qui habitent à l’extérieur de l’arrondissement ou de la ville de venir, parce que c’est un lieu où elles ne connaissent personne et où elles ne risquent pas de croiser quelqu’un de leur entourage. Et elles peuvent y prétexter un acte administratif à faire pour s’y rendre. C’est très important aussi que ce soit un lieu citoyen et républicain qui accueille cette permanence, car cela laisse une place encore plus libre à cette parole difficile.

Nous ne sommes pas habitués à entendre parler de violences conjugales dans les 3e et 6e arrondissements. Si vous vous installez dans ces quartiers plutôt aisés, cela veut dire que les pratiques ont changé ?

C’est vrai que si on s’installe aussi, ça va toucher beaucoup plus de personnes, notamment avec la desserte des transports en commun. Mais on reçoit déjà des femmes issues de tous les milieux. C’est commun de penser que les femmes battues viennent plutôt de quartiers sensibles mais ce n’est absolument pas le cas. J’ai fait une intervention à l’Hôtel de Police dernièrement et les policiers constataient aussi la multiplication d’actes dramatiques dans des milieux insoupçonnés, comme les milieux aisés. De nombreuses femmes du 3e ou du 6e arrondissement viennent d’ailleurs nous voir dans nos autres permanences.

Propos recueillis par Gwenaël Windrestin

A retenir :
180 personnes à Lyon ont déjà appelé le 39 19, le numéro unique mise en place pour dénoncer des violences conjugales.

A noter :
Permanence de Fil à St-Fons : 04 72 89 07 07
Les mardis et jeudis de 9h à 12h

Marie de 3e :
04 78 95 83 50
Le lundi de 14h30 à 16h30

Mairie du 5e : 04 72 38 45 50
Le vendredi de 9h30 à 12h

Mairie du 8e :
04 72 78 33 00
Le mardi de 14h30 à 16h45

Mairie du 9e : 04 72 19 81 81
Les 2e et 4e lundis du mois de 9h30 à 12h



Tags : violences conjugales |

Commentaires 1

Déposé le 22/09/2009 à 08h05  
Par le malin Citer

l'article est bon et fait prendre conscience a tout ce qui devrait etre fait plus en profondeur mais que votre interlocutrice s appelle LABOUREAU fallait oser !....

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