Ecoutez Jazz Radio, Jazz et Soul

    

Bruno Gollnisch : «Petit bonhomme pas mort !»

Bruno Gollnisch aime les triangles. Et pour cinquième campagne des Régionales, il redonne une leçon de géométrie funeste à l’UMP. Annoncé à moins de 10 % dans les sondages, le Front National est pourtant parmi les happy few. Pour le leader frontiste en Rhône-Alpes, seul son parti dénote, et offre une alternative aux convenances droite/gauche, ennemis de campagne mais souvent unis dans le vote des budgets de la Région. Interview.

Lyon Mag : Votre entre-deux-tours est très actif et très mobile. Vous espérez quel résultat par rapport à cet engagement ?
Bruno Gollnisch :
Nous voulons tout d’abord mobiliser les abstentionnistes, qui, en dépit de notre beau succès, sont encore nombreux. Je pense qu’il y a des gens qui ont été découragés par les sondages bidons et mensongers qui disaient que nous ne serions pas en finale et que nous ne passerions pas la barre du deuxième tour. Ces gens là doivent savoir que maintenant nous sommes en finale. Nous avons créé la surprise, il faut maintenant amplifier cette surprise. Et il y a des réserves. Nous avons obtenu sur l’ensemble de la région 239 000 voix. Mais je voudrai rappeler qu’en 2002, Jean-Marie Le Pen, à la présidentielle, avait obtenu 540 000 voix. C’est à dire que si tous les gens qui ont voté un jour Front National, viennent voter dimanche prochain, nous pouvons gagner la Région.

N’avez vous pas peur d’un phénomène de vote contestataire, et que certains de vos électeurs du premier tour reviennent vers les partis plus traditionnels ?
Je ne vois pas pour qui ils iraient voter. Voter UMP, c’est voter PS. Ils ont pratiquement la même politique. Toutes les fois qu’un poste se libère dans l’Etat, Mr Sarkozy nomme un socialiste. Les élus UMP au conseil régional depuis 6 ans ont voté pratiquement toutes les dépenses proposées par les socialistes. Dans ces conditions là, je pense qu’il faut préparer la véritable alternative que nous représentons, avec une équipe qui est crédible, avec des gens qui ont été combatifs et qui ont respecté scrupuleusement les électeurs. Ces gens là, ce sont ceux Front National. Vous me dîtes qu’il y a eu des contestataires qui ont voté pour nous au premier tour. Mais est-ce que les motifs de contestation ont disparu? Est-ce que les gens n’en n’ont pas assez de ce zapping entre l’UMP et le PS ? N’en n’ont-ils pas assez de constater que leurs frontières économiques sont ouvertes à la concurrence de produits sauvages, qui, pour le profit d’un tout petit nombre, ruine nos entreprises, nos industries? Les frontières sont également ouvertes à une immigration de plus en plus invasive, à des capitaux qui viennent saisir chez nous ce qu’il reste de patrimoine industriel. Aucun des problèmes du pays n’est véritablement réglé. On continue à nous imposer des repentances à répétition. Notre jeunesse n’a pas la formation qui pourrait lui permettre de trouver facilement des emplois. On voit bien qu’aujourd’hui l’agitation du chef de l’État et du gouvernement est essentiellement médiatique. Les français ont une occasion unique de protester contre cela et de dire leur sentiment : c’est le bulletin de vote Front National.

Vous avez critiqué vivement dimanche les sondages. Quel score pensez-vous faire au second tour ?

Je pense que nous allons connaître une progression considérable. Quand une petite équipe, qui est en ligue nationale, arrive en finale, c’est l’enthousiasme. Et les supporters viennent la soutenir de plus en plus nombreux ! Je pense que c’est ce qui devrait ce produire dimanche prochain. D’ailleurs, si cela se produit, nous devrions créer la surprise. C’est d’ailleurs le slogan du deuxième tour : «Créer la surprise». Dites vraiment ce que vous avez sur le coeur. Pour cela, il y a un moyen très simple dimanche, qui vous prendra dix minutes, c’est d’aller voter Front National.

Comment vous évaluer le rapport de force entre les différences forces présentes au second tour ?
Il y a peu d’écart entre Mme Grossetête et Mr Queyranne. Et l’UMP s’interdit de faire affaire avec nous, dans ce scrutin imbécile à deux tours qui a été concocté par Sarkozy il y a six ans, alors qu’il était ministre de l’intérieur de Raffarin, pour tuer le front National. Cela n’a abouti qu’à leur faire perdre toutes les régions de France, et c’est bien parti pour continuer. Dans ce mode de scrutin là, la gauche a des réserves pour le second tour. Eux ne se gênent pas : ils enrôlent les communistes, les écologistes, les trotskystes. L’UMP reste avec ses seules forces et n’a qu’une idée, c’est de tuer le Front National. c’est complètement imbécile. Je pense que les électeurs doivent sanctionner cette attitude.

Quand Françoise Grossetête semble rappeler vers le sérail certains de vos électeurs du premier tour, vous en pensez quoi ?
On ne peut pas séparer les électeurs de leur porte parole naturel. Je ne suis pas un extrémiste. Je suis un français qui est horrifié par le déclin de son pays, par le fait que les gouvernements français successifs ne défendent jamais sérieusement les intérêts de leur compatriotes, qu’on ouvre nos frontières à une immigration massive et sans contrôle, qu’on laisse détruire notre industrie. Mes propos, mes idées, sont extrêmement raisonnables. Les élus de mon groupe, qui sont des gens de conditions très diverses, mais qui ont très bien fait leur travail, n’ont jamais pratiqué d’opposition systématique. Ils ont toujours voté la construction et l’entretien des lycées, ce qui leur paraissait conforme à l’intérêt général. Ce qu’ils ont refusé de voter, ce sont les dépenses somptuaires, les mesures abusives, et dieu sait s’il y en a, proposées par les socialo-communistes. Les amis de Mme Grossetête les ont aussi voté ces dépenses somptuaires ! Ces dispositions par lesquelles ont a jeté l’argent par les fenêtres lors de voyages à l’étranger, avec les budgets de communication... Ils sont assez peu crédibles aujourd’hui à appeler les électeurs du Front National au secours.

Etes-vous conscient que pour Mme Grossetête, les abstentionnistes et vos électeurs représentent son seul réservoir de vote ?
Cela veut dire qu’elle n’en a pas. Elle peut toujours rêver, mais ce n’est pas parce qu’elle considère que ces gens la vont accourir pour sauver une formation politique qui n’ a rien fait pour mériter leur confiance.

Sur le principe, vous aussi vous n’avez que les abstentionnistes en réservoir de vote. Comment faites-vous pour les convaincre durant cet entre-deux-tours ?
Je tourne, je vais à leur rencontre, je vois les médias. Je fais cela tous les jours de 7h à 2h du matin. Petit bonhomme pas mort ! Je fais mon devoir d’élu et de candidat. Je leur dis en particulier qu’on ne conteste pas le système en restant chez soi. Les tenants du système sont ravis si les



Tags : gollnisch | régionales |

Commentaires 0

Pas de commentaire pour le moment.

Déposer un commentaire

 

En cochant cette case, je souhaite recevoir une notification à chaque nouveau commentaire.

Me connecter | Réserver mon pseudo

Ce compte gratuit et facultatif vous permet notamment de réserver votre pseudonyme pour les commentaires et le forum, afin que personne ne puisse utiliser le pseudo que vous avez déposé.