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Lyon aux couleurs de l’arc-en-ciel

La Gay Pride défile samedi dans les rues de Lyon. Pour cette 15e édition de la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, la manifestation regroupera 6 gros chars aux couleurs des homosexuels qui défileront en ville en musique. Comme tous les ans il s’agira pour le collectif de défendre les droits des homosexuels. David Souvestre, président du collectif lesbien, gay, bi et trans, fait le point pour Lyon Mag sur quinze ans de combat, et parfois quelques polémiques.

Lyon Mag : Qu’avez-vous prévu pour la quinzième marche ?
David Souvestre :
Cette année, c’est la quinzième marche. Nous avons décidé de mettre à l’honneur les Soeurs de la perpétuelle indulgence. Il y aura plusieurs happenings pendant la marche. Le premier sera la bénédiction par les Soeurs de tous les manifestants, au départ de la marche à 14 h. Ensuite, aux alentours de 15 h 30, nous aurons une minute de cris, pour crier notre solidarité vis-à-vis des sans-papiers lesbiennes, gay, bi et trans, qui sont expulsés. Le troisième happening aura lieu sur la place Bellecour, ou nous organiseront une parodie de messe laïque avec les Soeursà 17h30.

Qu’est-ce que cette congrégation des Soeurs de la perpétuelle indulgence ?
C’est un mouvement qui vient des Etats-Unis. En France, il y a trois couvents. Pour les régions Rhône-Alpes-Auvergne-PACA, c’est le « couvent déchaîné » qui fait autorité. C’est un mouvement qui a repris à son compte les symboles religieux pour les tourner en dérision. Leur objectif est de lutter contre les préjugés homophobes et transphobes.

Où en est la polémique entre vous et les catholiques ?

Il s’agit plutôt d’une polémique avec les mouvements intégristes catholiques proches de l’extrême-droite, et pas l’ensemble des croyants. Cette polémique peut s’étendre au cardinal Barbarin, qui, à ce jour, n’a toujours pas dénoncé ce qui s’est passé sur la place Saint-Jean, notamment les saluts nazis. Nous n’avons pas prévu d’action spécifique, mais nous nous réservons le droit l’année prochaine de refaire un happening devant un lieu de culte.

Craignez-vous pour samedi que ce genre de manifestations se reproduise pour la Gay Pride ?
Des appels à des contre-rassemblements à Angers, Tours, Metz ont été lancés. Nous serons 10 000 samedi. S’il y a des opposants, cela ne nous fera pas vraiment peur.

La minute de cri que vous avez prévu au programme est censée dénoncer. Pouvez-vous nous préciser quoi ?

Nous voulons apporter notre soutien aux sans-papiers LGBT qui sont expulsés. Ils sont réduits au silence, vivent dans la clandestinité. Nous voulons dénoncer tout cela. La seule facon de reconnaître aujourd’hui un couple binational, c’est le PACS. Face à cela, la préfecture multiplie les obstacles pour l’obtention d’un titre de séjour. Nous souhaitons aussi dénoncer la notion de «liste» de pays «sûrs», mise en en place par le gouvernement, pour le droit d’asile. Parmi cette liste, il y a énormément de pays qui condamnent l’homosexualité. Avec cette minute de cri, nous souhaitons demander un moratoire sur les expulsions des personnes lesbiennes, gays, bi et trans vers ces pays qui condamnent les homosexuels. Nous voulons relayer les principes qui correspondent à l’identité nationale : laïcité, fraternité, solidarité, égalité. Nos revendications sont spécifiques et généralistes.

Au-delà du problème des sans-papiers, y a-t-il des choses qui vous dérangent en politique nationale sur la question de l’homosexualité ?

Nous portons plusieurs revendications. La réforme du PACS n’intervient toujours pas. Pour l’ouverture du mariage au couple du même sexe, c’est également le statu-quo. Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, nous n’avancerons pas sur cette revendication. La reconnaissance des familles monoparentales, l’adoption, idem ! D’ici 2012, rien ne sera entendu. Les revendications en faveur des trans n’avancent pas non plus. Elles sont toujours considérées comme malades mentales. Pour le changement d’état-civil, il faut toujours faire avec cette pratique obligatoire et discriminante qui est la stérilisation forcée des trans. Nous continuerons de porter ces revendications.

Estimez-vous que la communauté homosexuelle est toujours stigmatisée en Rhône-Alpes ou les choses avancent ?
Nous l’avons vu le 18 mai au moment du kiss-in. Le fait que des homosexuels s’embrassent sur une place, à côté d’une cathédrale, choquait encore. Ca illustre très bien l’état d’esprit dans lequel on est encore en Rhône-Alpes, notamment sur Lyon, où il existe un vrai rejet et une stigmatisation. Il y a encore des agressions. Nous avons de grosses difficultés avec le parquet de Lyon qui refuse de reconnaître l’homophobie comme motif aggravant lorsqu’il y a une agression homophobe. Ce sont deux exemples qui illustrent très bien l’état des lieux et la mentalité de Rhône-Alpes.

Par quoi passent, selon vous, les solutions ?

Je pense qu’il ne faut pas céder à la pression. Il faut continuer à venir et à se mobiliser à l’occasion de la marche des fierté lesbienne, gay bi et trans. Plus nous serons nombreux, plus nos revendications se feront entendre. Il serait bon que l’on multiplie des actions de lutte contre l’homophobie et contre la transphobie, notamment dans les écoles. Actuellement, en Rhône-Alpes, contrairement à l’Ile-de-France, nous n’avons aucun soutien du rectorat de Lyon, ni de celui de Grenoble. Si déjà nous arrivions à avancer sur ce terrain-là, je pense qu’il y aurait un grand pas de fait.

Vous attendez combien de personnes samedi ?
Nous aimerions atteindre le même niveau que l’année dernière, c’est à dire 10 000 personnes. Nous sommes 20 associations au sein du collectif. il y a des associations très communautaires comme le forum gay et lesbien de Lyon, et des associations très généralistes comme la Ligue des droits de l’homme ou la FSU. Toute association qui défend nos revendications est la bienvenue au conseil d’administration.

Quel regard portez-vous sur ces quinze années d’existence ?

Nous avons quand même pu obtenir le Pacs. Nous le devons aux marches de fierté. Nous avons pu également obtenir la création de la haute autorité de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. La pénalisation des propos homophobes à également été un combat. En 2008, nous avons obtenu une circulaire de l’éducation nationale à l’attention de tous les recteurs exigeant qu’il y ait dans les lycées des formations obligatoires en lien avec les associations de prévention contre l’homophobie. C’est le résultat de quinze ans de présence.



Tags : gay | lesbien | kiss-in | kiss in |

Commentaires 2

Déposé le 15/06/2010 à 22h52  
Par Gérard Citer

Continuez à faire la promotion de l'immoralité et de la débauche ! Pauvre France !

Déposé le 12/06/2010 à 19h34  
Par HBA Citer

je constate que l'OL à de nouveaux maillots super sympa cette année...

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