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Jean Bourjade - LyonMag

Jean Bourjade d’Inter-Beaujolais : “La reconquête des Français ne passe pas par le Beaujolais Nouveau mais par les crus”

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Jean Bourjade, délégué général d’Inter-Beaujolais, était l’invité jeudi de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.

Le coup d’envoi des festivités du Beaujolais Nouveau a été donné cette nuit à minuit. Quelles sont les caractéristiques de cette année ? "C’est la question qu’on nous pose chaque année et je vais vous faire une réponse qui va un peu vous surprendre. Tout le monde s’attend à des fruits rouges, des fruits noirs, de la pêche de vigne … Il y a autant de goûts différents qu’il y a de vinificateurs. C’est donc un peu réducteur de dire chaque année qu’il aura plutôt tel goût qu’un autre".

Il y a une chose sur laquelle Jean Bourjade est sûr. "Il n’y aura absolument pas de goût de banane cette année. C’est garanti ! Il faut quand même expliquer que ce fameux goût de banane, dont tout le monde parle, vient d’une levure. Quand on produit du vin, on peut utiliser des levures un peu comme chez un boulanger. Il y a plus d’une dizaine d’années, il y avait une certaine levure qui était produite et qui permettait d’accélérer la vinification pour que les vins soient prêts, consommables et agréables pour le consommateur au jour J. Le côté indirect de cette levure qui n’était pas voulu est que cela donnait ce fameux goût de banane. Aujourd’hui, la levure, nous l’avons interdite. Nous ne l’utilisons plus depuis presque 10 ans. Par contre dans l’esprit des consommateurs, le goût de banane est resté", assure-t-il.

Avec les intempéries du printemps et de l’été, l’année n’a pas été facile pour les viticulteurs. "C’est une année assez compliquée, pas uniquement pour le Beaujolais mais pour l’ensemble des vins français. L’impact  pour nous, c’est que nous avons pratiquement une moitié de récolte. C’est vrai qu’économiquement, ça va être une année difficile", explique le délégué général d’Inter-Beaujolais.

Pour cette année, le chiffre concernant le nombre de bouteilles produites n’est pas encore connu. "Sur la totalité du Beaujolais, une année normale comme 2011, on avait produit 115 millions de bouteilles. Cette année, je pense qu’on sera autour de 65 millions, au maximum 70 millions".

Quelles conséquences pour les viticulteurs ? "Imaginez une entreprise qui perd la moitié de son chiffre d’affaires sans pouvoir le prévoir à l’avance, c’est difficile. On a par contre un matelas d’amortissement qui est les stocks. En effet, le viticulteur commercialise ce qu’il a dans l’année de la récolte plus ce qu’il a en cave c'est-à-dire en stock. Tous les viticulteurs qui ont des stocks, cela leur permettra de faire front et de tenir jusqu’à la prochaine récolte".

Vers une augmentation du prix de la bouteille ? "L’offre et la demande marchent aussi dans le monde du vin. Quand vous avez moins d’un produit et qu’en face vous avez une demande qui reste soutenue, il y a une conséquence qui est l’augmentation des cours. Ceci dit, cette augmentation sera très peu impactée au niveau du prix de vente-consommateur puisque nous avons des vins qui sont très abordables au niveau prix. Éventuellement quelques dizaines de centimes d’euros mais peu d’impact", affirme Jean Bourjade.

Cette année c’est encore le Japon qui est le principal importateur du Beaujolais-Nouveau. "Dans le monde du vin, tout le monde parle de la Chine, le Beaujolais lui parle beaucoup du Japon car il reste notre principal marché. Cela représente, si je prends les chiffres de l’an dernier, sur le Beaujolais-Nouveau ça représente huit millions de bouteilles. Le Beaujolais-Nouveau représente pour les Japonais le premier vin qui leur a fait connaître les vins français. Pour eux, le Beaujolais Nouveau, c’est un peu comme Louis Vitton et Chanel, on est vraiment dans le monde du luxe du vin français. Le Beaujolais Nouveau est inscrit dans le calendrier japonais au moins de manière aussi forte que dans le calendrier français".

En France, et plus particulièrement à Lyon, l’Inter-Beaujolais tente de re-fidéliser une clientèle qui avait tendance à bouder un peu le Beaujolais.
"Cela porte ces fruits puisque pour nous, la reconquête des Lyonnais et des Français en général, ça ne passe pas par le Beaujolais Nouveau. C’est plus par les crues. Nous mettons depuis quelques années des crues en avant. Souhaitons que les consommateurs redonnent une chance au Beaujolais".

Aujourd’hui, le Beaujolais c’est le Beaujolais Nouveau et une fête populaire.
"Le Beaujolais Nouveau s’inscrit sur une période très courte dans l’année pour une semaine voire une dizaine de jours. Et ensuite nous n’en parlons plus le reste de l’année. Nous n’avons jamais dit que le Beaujolais Nouveau était le meilleur vin. C’est un vin de fête et puis ensuite le reste de l’année vous avez toute une gamme des 10 crues du Beaujolais", conclut Jean Bourjade.



Tags : ça jazz à lyon | beaujolais nouveau |

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