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Michel Gros, Lyon Cyclisme Management sur le Tour de France à Lyon : “Pas très optimiste pour les clubs de vélo lyonnais”

Michel Gros, ancien directeur sportif d'équipes cyclistes professionnelles (Festina, Jean de la Tour), aujourd'hui à la tête de l'agence Lyon Cyclisme Management, était l’invité ce vendredi de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.

LyonMag.com : En tant que figure incontournable du cyclisme lyonnais, et toujours très proche du monde professionnel, qu'est-ce que cela représente l'arrivée demain de la 14e étape du Tour de France à Lyon ?
"Le Tour de France à Lyon, ce sont déjà beaucoup de souvenirs. Notamment le grand départ de Lyon en 1991 au Parc de la Tête d'Or et je me souviens encore très bien de la dernière arrivée pour le Tour du centenaire en 2003 avec la victoire de l'italien Petacchi. Et puis étant Lyonnais d'origine, forcément j'aime bien que le Tour de France arrive à Lyon."

LM : On attend plus de 300 000 personnes dans les rues de Lyon, vous sentez cette excitation? Tous les amoureux de la Grande Boucle dans les différents clubs vous en parlent ?
"Oui bien sure ! Tous les jeunes de la région, dans les différents clubs, sont très motivés. Ils en parlent et essayent d'avoir des invitations pour voir l'arrivée de la course dans de bonnes conditions."

LM : Quels sont les liens entre Lyon et le Tour de France, et Lyon et les grands champions cyclistes ?
"Mes premiers souvenirs de coureurs lyonnais, pour moi c'est surtout Jean Forestier dans les années 50. Il a été maillot jaune et même maillot vert à l'arrivée à Paris l'année où Jacques Anquetil gagne le Tour en 1957. Et puis il y a eu Henri Anglade aussi qui était un homme du Tour. Il a fini deuxième en 1959, quatrième en 1964 et 1965. Il était champion de France en plus."

LM : Qu'est-ce que vous pensez de cette étape qui arrive demain à Lyon après 191 km depuis Saint-Pourçain-sur-Sioule ? Une arrivée qui serait propice aux sprinters avec cette longue avenue Jean-Jaurès (7e), mais il y a quand même une succession de côtes avant...
"Oui la différence avec l'arrivée de 2003 qui s'était achevée par un sprint massif, c’est ce passage par les côtes de la Duchère et des Esses de la Croix-Rousse. Les sprinters devront être capables de passer ces bosses si ça se monte très vite. Et je pense que l'équipe Cannondale avec Sagan va tout faire pour essayer de faire sauter les sprinters."

LM : Et que doit-on attendre du régional de l'étape, le vaudais Samuel Dumoulin ?
"Il sera très motivé. Les Esses de la Croix-Rousse, il les a déjà passés pour une arrivée du Dauphiné où il faut deuxième derrière Degenkolb en 2011, mais l'arrivée était en haut. Je pense qu'il est capable de passer la bosse et de faire sa place à l'arrivée. Maintenant pour battre Sagan, je pense que ce sera difficile."

LM : Le lendemain la 15e étape avec départ à Givors et arrivée au mont Ventoux, ce sera vraiment la grosse bagarre ?
"Oui, le Ventoux ce sera vraiment une course de côte parce qu'ils vont arriver pratiquement sans grosses difficultés au pied du Ventoux. Et là ce sera la guerre le pense!"

LM : Vous êtes proche de pas mal de coureurs Français, en particulier les Lyonnais, comment ils se comportent sur cette Grande Boucle ?
"Pas mal. Notamment Jean-Christophe Péraud d'AG2R La Mondiale qui est pour l'instant le meilleur Français avec une dixième place au classement général. Et le second contre-la-montre entre Chorges et Embrun, mercredi prochain, sera très bien pour lui. Le parcours lui convient et sans pépin, il peut y faire une très bonne place. Il est régulier et je pense qu'il peut s'approcher du top 5. Son coéquipier Hubert Dupont, lui, a un rôle d'équipier, c'est son travail. D'ailleurs dans la seconde étape des Pyrénées dimanche dernier, c'était le seul de son équipe encore avec Jean-Christophe dans le final.
Samuel Dumoulin c'est un puncheur, un sprinter. Il a fait plusieurs top 10 dans les arrivées au sprint et il peut encore en faire un à Lyon.
Et puis le jeune Rudy Molard de Cofidis, c'est son premier Tour de France. Il apprend et a fait quelques belles étapes en étant dans les échappées. Cette participation va largement lui apporter dans son apprentissage du métier, car on devient un vrai coureur quand on a fait le Tour de France."


LM : Vous avez dirigé l'un des plus grands clubs de la région le VC Vaulx-en-Velin. Vous estimez que le noyau cycliste est important à Lyon, que l'on sort encore régulièrement des professionnels ?
"Concernant le Vélo Club de Vaulx-en-Velin, qui était encore récemment le VC Lyon-Vaulx-en-Velin, la base a toujours était la formation de coureurs de haut niveau. Il y a une cinquantaine de coureurs qui sont passés professionnels depuis 1985. Le premier ç'a été Jean-Louis Peillon puis il y a eu les Christophe Moreau, Stéphane Goubert ou Samuel Dumoulin... Aujourd'hui on garde cette filière mais avec beaucoup moins de coureurs capables de devenir professionnels parce que c'est vraiment devenu beaucoup plus régional par manque d'aides des collectivités. C'est clair que le vélo apparemment les intéresse beaucoup moins que le football. Je comprends que les collectivités aujourd'hui souffrent, mais du coup je ne suis pas très optimistes pour l'avenir des clubs lyonnais."

LM : Aujourd'hui vous êtes agent de coureur cycliste. Ce métier d'agent on en entend souvent parler dans le football avec une image assez négative, expliquez-nous quel est le rôle d'un agent de cycliste professionnel ?
"Un agent de coureur cycliste c'est un intermédiaire entre un coureur et une équipe qui désire l'engager. Et la différence avec le football, c'est d'abord que les sommes en jeu ne sont pas les mêmes. Ensuite, si je crois ce que je peux lire, l'agent dans le football est payé par le club, en général via des commissions, alors que nous, nous sommes rétribués par le coureur, ce qui fait une grosse différence. Et puis le coureur n'a qu'un agent et n'a pas la possibilité d'en avoir deux. Alors que je lis souvent que dans le foot, les agents s'arrachent les joueurs."

LM : Justement aujourd'hui quels sont les salaires dans le cyclisme ?
"Les meilleurs coureurs du peloton gagnent en 3 et 4 millions d'euros, ce qui est pas mal quand même, cela a évolué. Sinon un bon coureur du Tour de France gagne en moyenne entre 10 000 et 12 000 euros par mois."

LM : Et le "mercato" a lieu en ce moment, sur le Tour de France, le soir dans les hôtels ?
"Oui c'est comme cela que ça marche. Le soir dans les hôtels et surtout lors des deux journées de repos qui sont les journées les plus importantes pour les agents. On a des rendez-vous avec les managers des équipes. Lundi par exemple, mon premier rendez-vous est à 10h et j'enchainerai les rendez-vous toute la journée."

LM : Du coup quels sont vos relations avec les managers des équipes? Ils vous accueillent les bras ouverts ou c'est plus difficile ?
"Les Français, voir d'autres, ce sont d'anciens collègues, puisque jusqu'à 2002 j'étais encore directeur sportif dans des équipes qui faisaient le Tour de France. Je les connais bien donc cela se passe très bien. Je dirais que le seul avec qui c'est plus difficile, alors qu'on entretient pourtant des relations amicales, c'est Jean-René Bernaudeau d'Europcar. C'est une équipe qui est très fermée."



Tags : michel gros | tour de france | lc management | cyclisme |

Commentaires 1

Déposé le 12/07/2013 à 18h15  
Par Cumulus Plancus Citer

Autant de rapport entre le tour de France et le vélo qu'entre les socialistes et le social.

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