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Le grand stade de l’OL en 3 questions

Le stade de 60 000 places que veut construire l’Olympique lyonnais à Décines provoque une belle bagarre, notamment entre Jean-Michel Aulas et Michel Forissier, le nouveau patron de l'UMP lyonnaise.

1- Qui va payer ?
Implanté à Décines sur un terrain de 50 hectares en bordure de la rocade est, le futur grand stade est en fait un double projet. Car il y a d’abord le stade de 60 000 places, qui devrait coûter environ 250 millions d’euros à l’Olympique lyonnais. Et une zone commerciale avec un centre de loisirs, deux hôtels et des bureaux, qui devrait également coûter autour de 250 millions d’euros, financés cette fois par les partenaires de l’OL, notamment le groupe hôtelier Accor.
A ces 500 millions d’investissement privés s’ajoutent au minimum 150 millions d’argent public, pour financer les infrastructures nécessaires : aménagement de l’échangeur de Pusignan sur la rocade est, voies d’accès au stade, agrandissement de la gare de tramway Lea à Décines... Un investissement public dont 60 millions devraient être financés par le Grand Lyon, 20 millions par l’Etat, 30 millions par le conseil général et enfin 30 autres millions par le Sytral, l’organisme qui gère les transports en commun dans l’agglomération lyonnaise.
Mais selon plusieurs experts consultés par Lyon Mag, ces estimations sont largement sous-évaluées. Notamment parce qu’elles ne prennent pas en compte les investissements en transport collectif, comme le prolongement de la ligne de tram T2 jusqu’à Eurexpo, qui devrait coûter au minimum 100 millions d’euros. Du coup, le financement public pourrait s’élever à 400, voire 500 millions d’euros.
Bref, au final, le projet OL Land va coûter entre 650 millions et 1 milliard d’euros. D’où la question que tout le monde se pose : qui va payer ?

L’Olympique lyonnais d’abord, qui a prévu d’investir les 96,2 millions d’euros levés lors de l’introduction en Bourse il y a un an. Mais le club, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 214 millions d’euros l’année dernière pour un résultat net de 18,5 millions d’euros avec 230 salariés, devrait également recourir à un emprunt, qui devrait être en partie remboursé par le naming, c’est-à-dire le sponsor qui donnera son nom au stade en échange d’un gros chèque. L’OL pourrait ainsi toucher de 70 à 150 millions d’euros sur 10 ans.
Enfin, le rapport annuel d’OL Group souligne que le projet va “générer un autofinancement”, sans donner plus de détails. Mais d’après les opposants au stade, cet autofinancement serait en fait la plus-value que va réaliser le club sur les terrains. D’ailleurs toujours dans ce rapport annuel, on apprend que l’OL prévoit de racheter les 50 hectares au Grand Lyon pour 15 à 20 millions d’euros. Soit de 30 à 40 euros le m2. Alors que les opposants soulignent que les terrains se vendent autour de 300 euros le m2 à Décines. “Même en ajoutant les travaux nécessaires pour viabiliser ces terrains, l’OL pourrait réaliser une jolie plus-value de 80 à 100 millions d’euros en revendant 40 hectares à ses partenaires. Ce qui leur permettrait de boucler le financement de leur projet”, explique Francisco Martinez, de l’association Carton rouge. Mais Gilbert Giorgi, chargé par l’OL de l’acquisition des terrains, dément.
Au total, l’OL devrait donc investir au maximum 250 millions d’euros dans ce projet. Et pour trouver l’argent qui manque, tout le monde va devoir mettre la main à la poche.
D’abord les spectateurs. Alors que les prix des places varient de 10 à 100 euros à Gerland pour un match de championnat, elles devraient coûter beaucoup plus cher dans le futur stade. Sans compter les loges, dont les prix devraient flamber. Aujourd’hui, les dirigeants lyonnais assurent que le prix des places ne devrait pas trop augmenter. Mais c’est peu probable quand on regarde ce qui se passe dans les grands championnats européens. Au minimum 70 euros la place à l’Emirates Stadium d’Arsenal en Angleterre, où l’abonnement le moins cher est à 1 700 euros ! Alors qu’il faut compter 127 000 euros pour une loge de 10 places pendant une saison !
Ensuite, les investisseurs privés qui sont partenaires de l’OL dans ce projet vont également être mis à contribution. Car ils vont devoir racheter au club les terrains sur lesquels ils vont construire leur centre de loisirs ou les hôtels. Et ils risquent de payer cher le droit d’entrée.
Enfin, les contribuables de l’agglomération lyonnaise vont aussi payer pour le projet de Jean-Michel Aulas. Car pour financer les 150 à 400 millions d’euros d’argent public nécessaire aux aménagements autour du stade, les collectivités locales devront forcément augmenter les impôts ou bien emprunter, ce qui revient au même puisque l’emprunt, c’est l’impôt de demain. Mais le Grand Lyon comme l’OL répliquent qu’une partie de ces aménagements était déjà prévue. Donc que leur coût ne doit pas être imputé à ce projet. “Le stade ne coûtera pas plus de 70 millions d’euros aux contribuables”, affirme Gilbert Giorgi.

2- Le public suivra ?
“Ce grand stade doit être le symbole d’une infrastructure au service de toute une agglomération”, explique Jean-Michel Aulas dans le dossier de présentation d’OL Land. En rappelant que le stade Gerland, d’une capacité de 40 500 places, affiche un taux de remplissage de 97% pour les matchs de championnat. D’où la nécessité de construire un stade ultramoderne de 60 000 places. Mais l’OL promet également de sacrées retombées économiques pour tout l’Est lyonnais, avec 35 événements majeurs organisés par an dans ce stade, 1,5 million de spectateurs, la création de 1 000 emplois... Bref, selon Aulas, ce projet sera forcément un succès, qui participera au rayonnement de Lyon à l’international tout en augmentant les recettes de l’OL, afin de pouvoir rivaliser avec les plus grands clubs européens.
Restent quelques questions en suspens. D’abord l’éloignement du stade, à 20 km du centre-ville de Lyon. Soit 25 minutes en voiture si le trafic est fluide. Mais près d’une heure s’il y a des embouteillages. Un choix qui peut surprendre quand on compare aux autres pays européens, où les grands équipements sportifs sont généralement implantés au cœur de la ville. Et les rares stades qui sont à la périphérie, comme le stade de France à Saint-Denis ou l’Allianz Arena à Munich, sont desservis par des transports collectifs rapides et performants, comme le RER ou le métro. Ce qui n’est pas le cas du stade de l’OL à D&e



Tags : grand stade |

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