Affaire Barbarin : l'enquête partie pour durer

Affaire Barbarin : l'enquête partie pour durer
Cardinal Barbarin - LyonMag

Le parquet a décidé d’ouvrir une phase contradictoire dans l’enquête préliminaire qui vise le cardinal Barbarin pour non-dénonciation de crimes. Le procureur de la République accorde aux avocats du cardinal ainsi qu’à ses accusateurs la possibilité de faire toutes les demandes d’actes qu’ils jugeront utiles. Cette phase contradictoire court jusqu’au 18 juillet prochain.

La copie intégrale du dossier d’enquête a été transmise à chacune des parties. "Enfin !", s’est réjoui Me André Soulier, l’avocat du cardinal Barbarin qui va s’atteler à la lecture de l’ensemble de la procédure.

L’association La Parole Libérée se dit également satisfaite par la voix Bertrand Durieux "de ce temps supplémentaire qui va permettre aux avocats de faire des demandes de complément d’enquête ou des demandes d’auditions complémentaires".

Selon nos informations, le parquet a expressément demandé aux parties de formuler des observations sur les éléments de prescription concernant les délits intervenus avant 2014. Dans le même sens, le ministère public demande également aux parties de s’exprimer sur l’intentionnalité des délits survenus à partir de 2014. Deux points de droit qui seront âprement débattus puisqu'ils cristallisent tout l'enjeu de cette affaire.

Déloyauté ?

Le cardinal Barbarin a été entendu une dizaine d’heures le 8 juin dernier. Son avocat s’agace du fait que les enquêteurs ont caché à l’archevêque que le père Preynat avait lui aussi été entendu par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte pour non-dénonciation de crimes à l’égard de Barbarin. Les conseils de l’archevêque soupçonnent une forme de déloyauté de la part des enquêteurs au moment où ils ont entendu le cardinal.

Le père Preynat a été mis en examen en janvier dans le cadre d’une information judiciaire indépendante de l’enquête sur le cardinal pour des agressions sexuelles commises sur des scouts lyonnais entre 1986 et 1991.

Certaines des victimes du père Preynat ont porté plainte contre l’archevêque de Lyon pour ne l’avoir pas dénoncé à la justice et pour l’avoir laissé en poste jusqu’en août 2015 dans une paroisse dans laquelle il continuait d’être en contact avec des enfants.

Une enquête qui va durer

La phase contradictoire voulue par le parquet de Lyon est permise par les dispositions de l’article 77-2 du Code de procédure pénale qui dispose que « le procureur de la République peut communiquer tout ou partie de la procédure à la personne mise en cause ou à la victime pour recueillir leurs éventuelles observations ou celles de leur avocat ».

Ce délai accordé aux parties ne préjuge en rien de la suite de la procédure. Mais il est vraisemblable que l’enquête soit appelée à durer au-delà du 18 juillet puisque le parquet fera certainement droit aux différentes demandes d’actes complémentaires réclamées par chaque partie.

Slim Mazni

5 commentaires
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Le Canut de Lyon le 23/06/2016 à 14:20

J'aime particulièrement le "soupçon de déloyauté" parce que les enquêteurs n'ont pas prévenu Barbarin qu'ils avaient aussi auditionné le père Preynat...
C'est vrai qu’enquêter normalement, sur une affaire grave, c'est assez déloyal....
Lui a été loyal envers son curé... et envers les enfants ?

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c'est pas moi c'est l'autre le 22/06/2016 à 09:47
Roncho a écrit le 21/06/2016 à 15h23

Ce serait bien qu'on puisse écouter tous les enfants victimes de viols sur mineurs par des prêtres mais aussi au sein des familles .......où il peuvent aussi être un grand nombre ...et en grand danger mais omerta oblige!......

Comparer l'omerta individuelle au sein des familles à celle collective d'une institution séculaire, c'est plutôt gonflé.

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Roncho le 21/06/2016 à 15:23

Ce serait bien qu'on puisse écouter tous les enfants victimes de viols sur mineurs par des prêtres mais aussi au sein des familles .......où il peuvent aussi être un grand nombre ...et en grand danger mais omerta oblige!......

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pourvu le 21/06/2016 à 10:28

qu'elle dure qu’elle soit bien faite et qu'elle établisse les responsabilités clairement !

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Les faits sont là le 21/06/2016 à 09:31

La prescription n’exonère en rien de la culpabilité de non dénonciation de viols sur mineurs

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