Le retour en force des commerces de proximité dans les habitudes de consommation des Lyonnais ?

Le retour en force des commerces de proximité dans les habitudes de consommation des Lyonnais ?
La rue de la République, principal axe commerçant de Lyon - LyonMag

Ce jeudi, la CCI de Lyon Métropole-Saint-Etienne-Roanne dévoilait sa 10e enquête consommateurs. Une étude qui en dit long sur les habitudes de consommations des quelques 2,5 millions d'habitants résidant dans le périmètre concerné.

Autant le dire d'entrée de jeu, il y a des gagnants et des perdants. Si la consommation globale est "en légère progression liée à l'évolution démographique", prévient Marc Degrange, vice-président en charge du commerce à la CCI, les Lyonnais ne consomment globalement pas plus qu'en 2012, date de la dernière étude. En 2017, chaque ménage de la région lyonnaise a dépensé en moyenne 12 704 euros pour ses achats alimentaires et non-alimentaires, un chiffre qui ne progresse pas. Mais cela ne veut pas pour autant dire que les habitudes, elles, n'évoluent pas.

On constate que certaines dépenses ont été largement privilégiées depuis 2012, aux dépens d'autres. L'alimentaire représente ainsi plus de 50 % du budget annuel, à 6 430 euros. Un chiffre en hausse de 6 %, quand les habitants de la région lyonnaise tendent en revanche à délaisser les dépenses de cultures et loisirs, qui ont chuté de 17 %.

Retour en force des commerces de proximités et développement d'internet

Les évolutions résident également dans les circuits de distributions privilégiés par les consommateurs. Si les habitudes sont aux achats "multi-canaux", concède Gaëlle Bonnefoy-Cudraz, chargé de l'urbanisme commercial à la CCI, certains secteurs tirent leur épingle du jeu. Comme internet. La toile est de plus en plus présente dans la vie des Lyonnais quand il s'agit d'acheter. Aussi bien en amont pour se renseigner qu'au moment de l'achat réel. "Près d'un habitant sur deux effectue des achats sur internet au moins une fois par semaine", a détaillé Gaëlle Bonnefoy-Cudraz. Une habitude qui représente 707 millions d'euros dépensés sur la région lyonnaise et qui pèse plus que n'importe quel pôle de la région pour le non-alimentaire.

Mais internet ne marque pas pour autant la fin du commerce traditionnel. Il s'agit là d'un secteur qui se maintient bel et bien. Sur 100 euros dépensés, les Lyonnais en consacrent en moyenne 17,7 dans des petits commerces en 2017 contre 17,3 en 2012 pour leurs achats alimentaires. Pour le non-alimentaire, l'emprise passe de 29,5 % à 30 %. "Le commerce de proximité est stable, explique Didier Latapie, vice-président de la Chambre des métiers et de l'artisanat. C'est pas si mal, on avait pas vu ça depuis un moment. Pendant longtemps, les grandes surfaces ont été un facteur de baisse de fréquentation dans les commerces de proximité. Mais aujourd'hui, on s'aperçoit que ces grandes marques réinvestissent les centres et réhabituent les gens à se rendre dans ce type de commerces".

Mais si les petites surfaces des grandes enseignes en ville se portent bien, c'est en revanche loin d'être le cas pour les grandes surfaces (GS). "Le hard-discount se gentrifie et perd un peu de son emprise", a notamment détaillé Gaëlle Bonnefoy-Cudraz. Une tendance qui se confirme pour l'ensemble des GS, puisque leur emprise est passée de 72,2 % à 72,1 % entre 2012 et 2017 pour l'alimentaire et de 58,5 % à 56,7 % pour le non-alimentaire.

De là à penser que les hypermarchés sont boudés, il n'y a qu'un pas. L'heure et aux petites surfaces et aux marchés, ou encore aux courses sur internet qui répondent à une vraie problématique, celle du manque de temps.

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6 commentaires
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MonCommerceALyon le 16/11/2017 à 17:28

La 10è enquete consommateur disponible librement sur le site du Grand Lyon: http://www.economie.grandlyon.com/fileadmin/user_upload/fichiers/site_eco/20170925_enquete_comportement_achat_menages_lyon_rhone_10_resultats.pdf

Très bonne étude qui nous éclaircit un peu plus, très complète.

Peut-être un échantillon plus élevé pour la 11è ?

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vive la ville le 29/09/2017 à 09:04

L'avantage d'habiter en ville c'est de ne plus prendre sa voiture pour se ravitailler, et ça, c'est un luxe inestimable.
Coté finances c'est pareil car on achète moins de superflu et des quantités moindres donc moins d'aliments à la poubelle.
Pour les produits frais il y a les marchés.

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Il est où le bonheur ? le 29/09/2017 à 08:21

Moins consommer et devenue aujourd'hui une habitude et c'est tant mieux. Que de gaspillage et de surendettement,pour posseder des choses qui ne nous rendent pas plus heureux. D'ailleurs , je dirais qu'un homme heureux et un homme qui se contente de ce qu'il a ,sans convoiter les biens des voisins qui sont sûrement plus malheureux que lui ,mais n'en disent Rien.

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Nostromo le 29/09/2017 à 07:20

Pour ma part cela fait bien longtemps que je ne fréquente plus les hypers
Le seul fait de prendre la voiture et de commencer l'épreuve par la recherche d'une place de parking m'est devenu un stress inacceptable
Quel plaisir en comparaison de prendre sa chariote à roulettes et d'aller au marché ou à la supérette du coin
Bien sur c'est un peu plus cher mais sans les frais de la voiture, je ne suis pas certain d'y perdre grand chose
Et pour le lourd, la livraison à domicile est une bonne solution
Bref, si les gens s'y mettent, hé bien tant mieux

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Changer ses habitudes est possible. le 28/09/2017 à 19:08

Je me souviens,d'une économiste qui avait annoncé la fin de la société de consommation en 2025 . Alors,que début 2000 ,tous aller bien pour la surconsommation. avec ,la précarité, chacun regarde à l'euro près. Supermarchés, restaurants, habillement, ect... personnellement je ne consomme pratiquement plus rien ,alors qu'il y'a vingt ans ,je dépenser sans compter. D'épicurien je suis devenu un bon gestionnaire,et maintenant,c'est les autres qui font la grimace,mdr.

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Bellac le 28/09/2017 à 18:07

Indiquez dans le titre que c'est le point de vue (optimiste, à la limite de la béatitude), de la CCI, laquelle ne semble pas s'apercevoir de la quasi-disparition des magasins alimentaires, entre Saône et Rhône, dans Lyon Intramuros, quartiers populaires, comme quartiers résidentiels.
La CCI ne semble pas s'apercevoir de la dégradation de l'équipement commercial : la restauration rapide sous toutes ses formes n'est pas particulièrement respectueuse des règles applicables, sans parler des nuisances en tous genres.

Et que dire de ces magasins "en franchise", surtout vestimentaire, qui sont devenus très invasifs et font fuir les magasins de proximité.

La CCI doit changer de lunettes.

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