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Portrait : Tintin au Mont Blanc

Daniel Roche a une obsession : récupérer les débris de deux avions, dont le Malabar Princess, qui se sont crashés sur le Mont Blanc. Portrait de cet aventurier un peu déjanté, mais attachant.

“Avec tout ce que j’ai fait dans ma vie, je pourrais écrire une encyclopédie.” Épaisse moustache, cheveux blonds et yeux clairs, Daniel Roche est un sacré personnage qui ne passe par inaperçu avec son nez de boxeur et sa carrure imposante. Et quand il commence à parler de sa nouvelle passion, il s’enflamme et on ne l’arrête plus. Son objectif : retrouver les débris du Malabar Princess et du Kanchenjunga. Deux avions de la compagnie Air India qui se sont crashés pratiquement au même endroit en 1950 et en 1966 dans le massif du Mont Blanc. Bilan : 168 morts. Mais petit à petit, les débris sont rejetés par le glacier des Bossons. Ce qui permet à Daniel Roche de récupérer des morceaux de carlingue, des vêtements, des bijoux... Voire un moteur entier et même des restes humains ! Drôle de trésor pour cet aventurier qui fait le siège de Lyon Mag depuis deux ans pour qu’on parle de lui. Au début, forcément, on l’a pris pour un fou. Mais sa persévérance a fini par le rendre attachant.

Né à Lyon en 1952, Daniel Roche est issu d’une famille aisée. Puisque son père, un autodidacte, était directeur des relations extérieures chez Boiron. Alors que sa mère remportera le rallye automobile des Monts du Lyonnais et décrochera le titre de vice-championne du monde de la pétanque ! Sportif et bagarreur, le petit Daniel s’ennuie ferme à l’école. Il préfère le foot où il est gardien de but. “Je suis passé par l’OL mais aussi par Cannes, Limoges, Beauvais et j’ai fini à Nice où j’étais 4ème gardien.” Daniel Roche sera également moniteur de plongée et de planche à voile, mais aussi de ski nautique... Du coup, il passe près de 25 ans à faire “les saisons” : l’hiver à la montagne et l’été au Club Med comme “GO”. Une vie de voyages, mais pas de fêtes. Et “sans une goutte d’alcool ou une cigarette”.

Cloclo
C’est à cette époque qu’il rencontre le chanteur Claude François. “On a sympathisé et il m’a proposé de travailler bénévolement pour lui en me chargeant d’assurer sa logistique” raconte Daniel Roche, en ajoutant : “Pendant ses galas d’été à Cannes, je devais m’assurer que les chambres d’hôtels étaient réservées, que son bateau était prêt... Une fois, j’ai même dû réaliser l’aller-retour à Paris pour que son couturier reprenne un ourlet. Car Monsieur chantait à 23 heures et il voulait ce pantalon, et pas un autre... C’était son côté excessif. En plus, il avait toujours besoin d’une cour autour de lui...” De cette expérience, Roche tirera deux livres, dont “L’impossible vérité” où il déballe un certain nombre de petits secrets sur la vie du chanteur. Son éditrice avoue aujourd’hui : “Avec ce livre, j’ai commis une erreur de jeunesse. D’ailleurs, la famille de Claude l’a très mal pris et ils ont tout fait pour éviter qu’il marche.”

En 1987, il finit par se ranger en devenant professeur de sport à Nice. Avant de revenir à Lyon en 1994 où il se passionne pour l’immobilier. Au milieu des années 1980, les prix sont encore bas. Ce qui lui permet aujourd’hui d’être à la tête d’un joli patrimoine : une trentaine d’appartements et de maisons. “Mais l’argent n’est pas mon moteur. Ce qui me fait avancer, c’est le goût de l’aventure” affirme ce rentier qui vit dans un appartement du 6e arrondissement où il entasse ses modèles réduits de bateaux et d’avions. Alors que sa petite fortune immobilière lui permet de se consacrer à sa passion : les deux crashs du Malabar Princess et Kanchenjunga.

“Un jour, je suis tombé sur un article de Paris Match qui racontait l’histoire du Malabar et de René Payot, un guide mort pendant l’expédition de secours. J’ai pris contact avec son fils qui m’a emmené sur le glacier des Bossons. Et comme par hasard, j’ai découvert entre deux rochers un morceau du Malabar”. Le début d’une obsession. Car en quatre ans, il a accumulé 3 tonnes de débris du Malabar et du Kanchenjunga. “Si je n’avais trouvé que des morceaux de taule, j’aurais vite arrêté. Le déclic, c’est que j’ai trouvé le sac à main de Josette Bonnargent, une hôtesse de l’air qui était la seule Française à bord du Boeing. Ça a créé un lien entre cette catastrophe et moi. Et au fond, je vis une histoire d’amour virtuelle avec cette fille” lâche très sérieusement Daniel Roche. D’ailleurs, sa compagne en a pris son parti. “Je vis ma passion et elle s’en fout” avoue Roche. En revanche, cette passion passe moins bien à Chamonix.

“C’est un Ovni dans la vallée” explique Antoine Chandelier, le responsable de l’agence locale du Dauphiné libéré. Il faut dire que Roche est tout fier d’exhiber un fémur, un morceau de mâchoire... “Ils sont spéciaux les montagnards. D’ailleurs, ils sont nombreux à avoir des restes du Malabar. Mais ils ne disent rien” réplique Roche, qui a connu ses trois minutes de gloire au 20 heures de TF1 avec son histoire. Un peu mégalo ? “Je ne cherche pas le vedettariat, mais l’aventure. Je suis une sorte de Tintin au Mont Blanc”. “Il a un côté sympa, une gueule, du culot et le baratin pour vendre son truc. Et c’est vrai que l’histoire est belle avec ces deux avions qui se sont crashés au même endroit... « Ça fascine » reconnaît Antoine Chandelier.

Complot
Mais aujourd’hui, Daniel Roche va plus loin : “Le crash du Kanchenjunga, ce n’est pas un accident...” Et il évoque une collision en plein vol avec un avion militaire italien, voire un missile ou une bombe. Pour appuyer sa thèse, Tintin a un morceau de métal tordu. “Sans doute un morceau de réservoir d’un missile ou d’un avion de chasse” assure-t-il, en rappelant que parmi les passagers du Kanchenjunga, il y avait Homi Bhabha, “le père de la bombe nucléaire indienne.” D’ailleurs, un attentat avait été évoqué dès le lendemain du crash. Sans preuve. En tout cas, Roche est sûr d’avoir mis la main sur un véritable secret d’Etat. Il assure avoir reçu deux fois la visite des RG et dit qu’on a essayé de l’éliminer en dévissant une roue de sa voiture... ”Mais aujourd’hui, on ne peut plus rien me faire car tout le monde sait” assure ce Lyonnais, qui se dit prêt à aller au bout pour démontrer sa théorie du complot. “Je suis un fonceur, quand je me heurte à une



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