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Portrait : Maurice Ricci, le fonceur

Maurice Ricci, le patron d’Akka Technologies, a ouvert une école de formation interne pour ses cadres.

Deux ordinateurs, une grande table de style contemporain où s’empilent des dossiers, une fenêtre avec vue sur la place Bellecour... Au premier abord, le bureau de Maurice Ricci est très classique, tout à fait dans le style des patrons lyonnais. Mais il suffit de lever les yeux pour découvrir que le pdg d’Akka Technologies n’est pas tout à fait comme les autres. Accrochées au mur, plusieurs photos de course automobile, où il pose en combinaison, casque à la main. Pas besoin d’être très perspicace pour réaliser que sa passion, c’est la vitesse et les sensations fortes. Raid au Maroc en quad, tour de Corse en jet, course enduro dans le désert, ski extrême avec le champion Luc Alphand... Maurice Ricci est un vrai fonceur. Mais un fonceur discret, qui n’aime pas se livrer. Un patron un peu “ours’”, qui accepte difficilement de se plier au jeu des questions-réponses. En plus, son métier n’est pas forcément très sexy : l’ingénierie et le conseil en hautes technologies. Mais l’entreprise se développe à la vitesse de son patron : à toute vitesse. Créée il y a moins de 10 ans, Akka Technologies réalise aujourd’hui 236 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 9 millions de résultat net, avec plus de 5 000 salariés dans le monde.

“Révolutionnaire”
Pourtant, rien ne prédestinait ce fils d’émigré italien à devenir patron. Né le 14 février 1961 à Lyon, Maurice Ricci grandit dans une famille modeste de deux enfants. Son père est ouvrier dans une entreprise qui fabriquait des cuves pour l’industrie nucléaire, alors que sa mère est assistante dans des écoles maternelles. Il passe sa jeunesse entre le quartier de Charpennes à Villeurbanne et Rome, où vit encore une partie de sa famille. Mais très vite, le petit Maurice se distingue par son énergie. Le genre à ne pas tenir en place plus de 5 minutes. Du coup, cet élève turbulent n’aime pas l’école.
“Je n’ai jamais été le premier de la classe, mais je n’étais pas un cancre non plus”, explique Maurice Ricci, avant d’ajouter : “Quand on est trop scolaire, on devient un mouton de Panurge. Alors que moi, j’ai toujours été un révolutionnaire.” Ado, il s’amuse à booster les moteurs de mobylette, à développer des jeux de lumière pour les boums... “Ce qui m’intéresse, c’est les mathématiques appliquées. Car je suis un pragmatique.”
Après un diplôme d’ingénieur à l’université Vittorio Emannele à Rome, il signe son premier contrat chez Renault Automation, une filiale du constructeur automobile, où il développe des logiciels. Puis il fait du conseil pour aider ses clients à utiliser leurs produits. Ce qui lui permet alors de comprendre qu’il y a un marché à prendre : celui du conseil informatique pour les entreprises industrielles. Et comme son boss refuse de lui donner les moyens de développer cette activité, il décide de créer sa propre entreprise, Hysis, en 1985.
“A l’époque, je n’avais que 24 ans et je n’ai fait ni business plan ni étude de marché. Mais je connaissais mon métier et j’ai foncé”, raconte Maurice Ricci, qui se payera quand même une formation pour acquérir quelques notions de comptabilité. Au culot, ce fils d’ouvrier fait la tournée des banques pour trouver de l’argent. Et seule la Lyonnaise de banque acceptera de le suivre. “A l’époque, on avait affaire à des banquiers intuitifs. Alors qu’aujourd’hui, on se retrouve face à des moulinettes financières qui se contentent de sortir un drapeau rouge ou un drapeau vert”, regrette le pdg d’Akka.

“On est des paysans”
Pendant une quinzaine d’années, il va développer son entreprise tout en créant d’autres sociétés spécialisées dans le conseil industriel. Mais ce n’est qu’en 1999 qu’il regroupe quatre entreprises pour fonder Akka Technologies. Il faut dire que le marché de la recherche & développement externalisé commence à se professionnaliser. D’où la nécessité de créer un groupe plus important, pour faire face aux trois leaders du secteur : Assystem, Altran et Alten.
Depuis, Akka continue de se développer, notamment en rachetant de concurrents. Très présent dans le secteur automobile, le groupe s’est diversifié dans le ferroviaire, la pharmaceutique, l’aéronautique, mais aussi l’énergie et les télécommunications. Ainsi, il travaille avec Airbus pour concevoir le nouveau A350, avec Renault pour la Logan ou encore avec Thalès sur les systèmes de guidage d’avion.
Pour financer ce développement accéléré, en avril 2005, Maurice Ricci a introduit son entreprise en Bourse. Ce qui lui permet de lever 15 millions d’euros. “Cela nous a donné une notoriété et une crédibilité pour le recrutement. Mais c’était aussi un moyen de découvrir les marchés financiers, ce qui nous permettra, le moment venu, de lever des fonds pour passer un palier sur ce marché colossal en pleine croissance”, explique le pdg d’Akka Technologies, qui s’est imposé en 10 ans comme une référence dans son domaine.
Pourtant, ce fonceur reste modeste. “On aime bien se moquer de nous en disant qu’on est des paysans. On laboure, on prend notre temps pour retourner la terre mais quand les plantes poussent, elles sont solides”, rigole Maurice Ricci, qui a implanté son groupe en Europe occidentale. Avant de partir prudemment à l’assaut du marché indien, grâce à une joint-venture conclue avec un partenaire local. Mais pour le moment, pas question de s’attaquer aux Etats-Unis ou à la Chine.
“Je m’en fous royalement d’être le premier. On est le plus petit des gros, c’est une bonne place. Moi, ce qui m’intéresse, c’est que l’entreprise soit dynamique et performante, mais aussi qu’il y fasse bon vivre. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier pour devenir leader. Car la rentabilité optimum passe par des concessions sur le management, la qualité du service, le social...”

Trois valeurs essentielles
Il faut dire que le succès de cette SSII lyonnaise passe par le savoir-faire de ses 5 200 salariés, dont 80 % sont ingénieurs. Des cadres chouchoutés par la direction, car ce sont eux qui doivent apporter une véritable plus-value à leurs clients. Voilà pourquoi Maurice Ricci a longtemps tenu à les recruter lui-même. En cherchant des têtes bien faites, mais aussi des personnalités qui partagent des valeurs communes : convivialité, simplicité, esprit d’équipe, dépassement de soi... Tout ce que retrouve ce patron



Tags : portrait | Maurice Ricci |

Commentaires 2

Déposé le 26/10/2009 à 18h09  
Par AkkamanLyon Citer

Chouchouter ses ingénieurs... bien sûr, et la marmotte te mets le chocolat... Société dont le but ultime est de placer des gens "en force" chez des clients. En dehors de ce portrait idéal : - missions en déplacement longue durée, longue distance sont légion - mensonges aux clients et gros foutage de gueule tant est bien que certains gros acteurs ne veulent plus traiter avec cette société - licenciements abusifs dès qu'un profil est moins demandé sur le marché ou dès qu'un certain âge est atteint - aucune valorisation de profil - aucune compensation financière (zéro augmentations pour la quasi totalité des salariés) - escroqueries aux frais de déplacements (60 € forfaitaires par jour pour les déplacements loin de chez soi)

Déposé le 04/05/2009 à 20h09  
Par Akkarien Citer

"Chez nous, on traite tout le monde de la même manière, de la standardiste à l'ingénieur. Mais le respect, c'est aussi le respect de son travail, de ses clients... Le courage, c'est oser dire non, en interne comme en externe. Alors que c'est beaucoup plus facile d'accepter un projet, d'acheter la paix sociale..." pas mal, mais la réalité est autre... Autre citation de Maurice RICCI dans un article du net paru ce jour (4/05/09) : "Nous avons fait le choix de garder tous nos collaborateurs, de les former à de nouveaux métiers. C'est de l'investissement car notre matière première, nos ateliers, ce sont nos hommes et nos femmes. Ma responsabilité est de faire vivre 5.300 collaborateurs, et donc 23.000 personnes" Si effectivement cette campagne médiatique positive est en parfaite accord avec ce qui est fait auprès des salariés : bravo ! Mais la réalité est tout autre, les exemples de témoignages reçus de salariés d'AKKA ci-dessous sont criants de vérité : "Bonjour, Je suis actuellement en inter contrats et on m'a proposé une rupture de contrat. Je voudrais savoir mes droits et la reponse à donner. Merci par avance" "......4 intercontrats ont fait l'objet de "négociations" (propositions sinon faute grave). 2 ont accepté une RC [Rupture Conventionnelle], les 2 autres ont un sursis pour leur réponse.Le responsable de l'agence va aussi se faire "dégager" ainsi que la RH et notre commerciale a démissionné hier........" "Mon responsable d'agence m'a convoqué aujourd'hui afin de me proposer un licenciement à l'amiable.Il m'a proposé une indemnité de départ, équivalente à 6 mois de salaire NET, en plus de mon solde de tout compte. A ce jour, je n'ai aucune proposition d'embauche dans une autre société ! ....." Les témoignages de salariés mis à la porte d'AKKA "à l'amiable" sont déjà trop nombreux et des actions médiatiques ne devraient pas tarder à voir le jour car nous réprimons la désinformation. Je pense qu'il serait bon que certain directeur général écoute et agisse en total hosmose avec la politique salariale engagée par Maurice RICCI cité dans l'extrait ci-dessus, à moins que cela ne soit que du marketing. M. RICCI, vos salariés attendent que vos propos soient effectifs ! ps : à ajouter dans l'historique: 2006 : acquisition de Silogic (SSII 100% toulousaine dont la trésorerie a permis 1 an après à AKKA d'acquérir Coframi).

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