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Illustration : l'hémicycle de l'Assemblée nationale - DR Richard Ying et Tangui Morlier

Réforme institutionnelle : quelles conséquences pour les parlementaires du Rhône ?

Illustration : l'hémicycle de l'Assemblée nationale - DR Richard Ying et Tangui Morlier

Ça y est. On connaît les grandes lignes du projet de réforme que concocte le gouvernement pour nos institutions.

Tout n’est pas figé. Des modifications sont susceptibles d’intervenir au cours de la discussion parlementaire. On sait par exemple qu’au nom du Modem, François Bayrou réclame que 25% des députés soient élus à la proportionnelle. Si l’on retient les 15% actuellement proposés, cela nous donne autour de 8 circonscriptions (contre 14 actuellement) pour la Métropole et le Nouveau Rhône. Cela promet bien des cris et des grincements de dents chez les députés qui seront sacrifiés sur l’autel de cette réforme.

 

La logique voudrait que les nouvelles circonscriptions ne soient pas à cheval sur le Rhône et la Métropole. Dans ce cas, on aboutirait à deux circonscriptions bien identifiées pour le Rhône. Elles regrouperaient pour l’essentiel l’une les 8e et 9e actuelles ; l’autre les 10e et 11e. Le premier cas ne devrait guère poser de problème dans la mesure où l’actuel député de la 9e, Bernard Perrut, a annoncé que ce serait son dernier mandat. Il laisserait donc le terrain libre à son ami politique LR Patrice Verchère.

 

Le cas des 10e et 11e sera probablement un peu plus compliqué. Les deux députés actuels, Thomas Gassilloud et Jean-Luc Fugit, sont issus de La République En Marche et effectuent leur premier mandat à l’Assemblée. Il faudra que l’un accepte de s’effacer ce qui, en politique, n’est jamais évident.

 

Gérard Collomb comme maestro pour les circos lyonnaises ?

 

En ce qui concerne la Métropole, on devrait se diriger vers six circonscriptions. Il faudra manier les ciseaux et redécouper en profondeur les dix circonscriptions actuelles. On peut faire confiance au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb qui connaît parfaitement le territoire pour qu’il ne désavantage pas ses amis politique.

 

Lyon compte actuellement quatre circonscriptions. Si l’on conserve l’unité municipale, il en restera deux qui regrouperont l’une la 1ère et la 2e où ont été élus Thomas Rudigoz et Hubert Julien-Laferrière ; l’autre les 3e et 4e qui ont pour députés Anne Brugnera et Jean-Louis Touraine. En 2022, ce dernier aura 77 ans. Après trois mandats à l’Assemblée nationale, on le voit mal repartir. Il faudra en revanche départager Thomas Rudigoz et Hubert Julien-Laferrière dont on imagine qu’ils espèrent autant l’un que l’autre doubler la mise comme députés.

 

Enfin, il faudra répartir en quatre nouvelles circonscriptions les six restantes dont les députés sont tous des soutiens du président de la République : Blandine Brocard (5e) ; Bruno Bonnell (6e) ; Anissa Khedher (7e) ; Cyrille Isaac-Sibille (12e) ; Danièle Cazarian (13e) et Yves Blein (14e). Ce dernier vient d’entamer son deuxième mandat de parlementaire et pourrait se lancer aux municipales à Vénissieux ce qui réglerait le problème. En revanche, tous les autres viennent d’être élus pour la première fois. Rien ne dit qu’ils s’effaceront facilement, même s’ils prétendent que les vieilles pratiques n’ont plus cours dans le nouveau monde...

Les sénateurs rhodaniens également concernés

 

Les députés ne seront pas les seuls à se retrouver touchés par la réforme institutionnelle voulue par Emmanuel Macron. Le Sénat va également avoir droit à son méchant coup de rabot. Localement, les sept sièges actuels risquent fort de n’être plus que cinq dans l’avenir. Reste à décider si on conservera un vote sur l’ensemble du territoire ou si la Métropole et le Nouveau Rhône voteront chacun de leur côté comme pour les régionales.

 

Si le choix est fait de voter chacun chez soi, un doute subsiste sur la répartition des sièges. La Métropole peut récupérer entre trois et quatre sénateurs contre deux ou un pour le Nouveau Rhône. Dans les deux hypothèses, le scrutin sera proportionnel dans la Métropole et majoritaire dans le Nouveau Rhône.

 

Sur les quatre sénateurs que compte actuellement LR dans le département, deux ne repartiront pas. Ce sont Michel Forissier et Élisabeth Lamure. Élue à la surprise générale lors des dernières sénatoriales, Catherine Di Folco est loin d’être assurée de conserver son siège. Dans la Métropole, François-Noël Buffet peut en revanche nourrir des espoirs. À moins bien sûr qu’il ne se lance, vieux serpent de mer, à la conquête de la ville de Lyon ou de la présidence de la Métropole. Reste que dans les deux cas, c’est loin d’être gagné d’avance.

 

La situation n’est guère plus réjouissante du côté des socialistes. Pour l’instant, le PS dispose de deux sénateurs, Annie Guillemot et Gilbert-Luc Devinaz. On peut facilement imaginer que La République En Marche voudra sa part de gâteau. Laquelle dépendra largement du résultat des élections municipales de 2020 qui se seront déroulées quelques mois avant les sénatoriales. Pour le Villeurbannais Gilbert-Luc Devinaz, le Sénat ressemble un peu à une Française des jeux à l’envers. Il a une chance (de perdre) au grattage, une chance au tirage. En 2020, il aura bien du mal à conserver son siège. Mais il peut également le perdre avant si d’aventure Gérard Collomb quitte le gouvernement. Dans ce cas, ce dernier récupérerait aussitôt son siège au Sénat.



Tags : Réforme institutionnelle | rhône | assemblee nationale | senat | Lyon |

Commentaires 3

Déposé le 17/04/2018 à 11h53  
Par Alan Citer

Les magouilles continuent.

Déposé le 16/04/2018 à 16h11  
Par netball Citer

Lesquels seront élus à la proportionnelle

Déposé le 16/04/2018 à 14h28  
Par telle est la devise du baronnet local Citer

SE SERVIR AVANT DE SERVIR

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